- SAMAEL + WHEELFALL + SLATSHER + DUST IN MIND - HAUNTING THE CHAPEL FESTIVAL 2016 par ZESNAKE - 1278 lectures
Le quatrième 'Haunting The Chapel Festival', toujours organisé aux Trinitaires de Metz par Damage Done Productions, accueillait le vendredi 29 janvier 2016 SAMAEL, accompagnés de WHEELFALL, SLATSHER et DUST IN MIND.





Et voici déjà la quatrième édition du Haunting The Chapel Festival ! Une grand-messe du début d'année qui en devient déjà traditionnelle. Avec, comme à l'accoutumée désormais, deux jours de concerts précédés de diverses conférences, de bonnes têtes d'affiches assez extrêmes, des groupes prometteurs et des groupes locaux. Le tout encore une fois dans la Chapelle des Trinitaires, d'où le nom du festival. Outre DESTRUCTION et SCARRED conviés le samedi 30, la soirée du vendredi 29 janvier aura convié des formations intéressantes dans un style un peu plus particulier que d'habitude : le Metal Indus. Et ce dans différents sous-genres mêmes du Metal Indus. Entre WHEELFALL qui puise ses origines dans le Sludge/Doom (et continue à s'en servir), DUST IN MIND qui pratique aussi un crossover entre Metal à chanteuse et HYPOCRISY derrière ses oripeaux Indus, et SAMAEL avec son passé Black connu de tous, il y a tout un monde. Au milieu de tout ça dénote un peu SLATSHER avec son Death progressif bien cossu, mais à l'image de Damage Done Productions, il y en a toujours pour tous les goûts. SAMAEL était attendu pour proposer un set consistant et en mettre plein la vue, et les trois frenchies peuvent se servir de la renommée des suisses pour un beau tremplin. Une belle soirée qui s'annonce, encore une fois a-t-on envie de dire, cette fois-ci pas perturbée par les intempéries (si la programmation s'était faite une semaine avant, ça aurait craint un max par contre…), histoire d'amener du monde dans cette belle Chapelle qui, encore une fois, était particulièrement hantée par les décibels metalliques.


WHEELFALL, qui vient comme on dit par chez les messins de « 60 kilomètres plus au Sud », vient donc dans la capitale de la Lorraine de l'ALCA pour nous montrer de quel bois il se chauffe. De bois, parlons-en vu que le groupe est parti dans des contrées nocturnales pour son dernier album en date Glasrew Point. Ce qui va nous changer de ce que le groupe pratiquait encore il y a 3 ans et demi lorsqu'il avait foulé les planches du Metal Ride Festival. La guitare à corps transparent est restée, le reste a bien évolué, passant d'un Stoner/Doom lourd et râpeux à un Sludge/Indus plus atmosphérique et réfléchi. Tout en ambiances enfumées, le groupe pose donc son nouvel univers un brin mystérieux. La lourdeur est restée, le groupe ne lésinant pas sur les murs de larsens et saturation qui font vibrer le plancher des Trinitaires. Les riffs plus industriels sont efficaces, les atmosphères envoûtantes, le chant de Fabien est écrasant comme il le faut dans un style Joe Duplantier en plus possédé, et l'accompagnement tout en cris déchirants du claviériste/troisième guitariste fait mouche. Ça ne blaste jamais, ça s'emballe rarement, mais dans son « nouveau » style, WHEELFALL fait de l'excellent boulot. 35 minutes (avec des morceaux forcément longs), c'est peut-être trop peu pour se faire une véritable idée, mais il y a du lourd là-dedans dans un style plus original et surtout travaillé. Dommage que la communication ait été un peu timide, peut-être pour ne pas perturber l'ambiance noire du projet ou parce que le public, contrairement à il y a 3 ans et demi, était bien trop clairsemé en début de soirée pour faire des pogos sur du Doom ?










Entre deux formations typées Metal Indus au sens large, faisons une « pause » avec les locaux (enfin, de Jarny) de SLATSHER, qui reviennent sur les planches des Trinitaires après leur passage en première partie de GOROD il y a quelques temps. A l'époque, le groupe n'arrivait pas forcément à retranscrire sur scène les pleins talents du Death technico-progressif qu'il pratique sur son premier album Human Light Leakage. Alors que leur deuxième méfait va bientôt pointer le bout de son nez, qu'en est-il de la forme du groupe ? Il y a du mieux, que ce soit en termes de présence scénique (le chanteur Rémi fait preuve d'un charisme grandissant avec son physique imposant) ou de son (même s'il y a toujours un peu trop de basses pour un style aussi riche), ainsi que de retranscription des morceaux avec force sweepings et plans alambiqués. On arrive donc bien plus à apprécier leur Death progressif souvent agrémenté de passages plus posés qui évitent le mal de crâne à ceux qui n'arrivent pas à suivre les notes. Rien d'exceptionnel sur scène finalement, mais le groupe fait très bien son job et reste un espoir du Death progressif qui ne demande qu'à confirmer, avec plus de dates et un nouveau disque qui va confirmer les promesses de Human Light Leakage. Cerise sur le gâteau, la formation nous proposera justement deux nouveaux morceaux de ce second album à venir. Avec des messieurs qui changeront de guitares, ces nouvelles compos ont des accents plus syncopés/djent, ce qui est une surprise et rend déjà ces nouveaux efforts très accrocheurs. Il nous tarde de voir ce que cela va donner en studio, en attendant, sans être une bête de scène, SLATSHER sait désormais bien retranscrire son Death progressif sur scène.










Interlude lol #1 :
- Non, vous ne pouvez plus shooter, désolé.
- Comment ça ???
- Ben, on vous avait dit que vous pouviez shooter les 3 premiers morceaux seulement.
- Enfin oui, d'accord, mais les 3 premiers morceaux de chaque groupe, quoi, c'est logique…
- Bah je sais pas, moi on m'a dit les 3 premiers morceaux… mais bon.
Fin de l'interlude lol #1.


Après Nancy, Jarny/Metz, on continue à faire le tour de l'ALCA avec DUST IN MIND de Strasbourg, formé autour de membres d'ABSURDITY et de la chanteuse Jennifer. Fort d'un bon premier album, Never Look Back, sorti l'an dernier, le quintette vient défendre cet opus avec un set assez généreux qui démarre par l'efficace "How Can You". Ce qui nous permet de constater qu'encore une fois, Damien est toujours très fort quand il s'agit de se donner sur scène et de livrer des gros vocaux Tägtreniens. Logiquement, sur scène, c'est le côté Death de DUST IN MIND qui ressort le plus, riffs bien gras mais modernes à l'appui. Les vocaux doux de Jennifer sont là pour assurer les contrastes et rendre la musique du groupe catchy et accrocheuse. Avec un set élargi, le groupe en profitera pour placer quelques morceaux de son premier EP éponyme, morceaux un peu plus sombres. Ce qui amènera de la variété au set qui, à l'image de l'album, était parfois un peu linéaire avec quelques refrains un peu moins marquants. Mais en étant un petit peu plus brutasse que sur album, DUST IN MIND convainc sans mal sur scène, à condition de bien sûr ne pas être hermétique au style « à chanteuse », toutefois bien contrebalancé par les growls maîtrisés. On prend donc plaisir à apprécier sur scène les morceaux appréciables sur album comme "Frozen Smiles" ou "Never Look Back", en attendant de voir comment le groupe progressera à l'avenir, que ça soit sur disque ou sur scène. A noter que la formation a récemment été amputée de son bassiste hongrois sautillant Matt, remplacé par Xavier et sa très seyante casquette, et qu'un autre membre a ici donné son dernier concert mais je n'ai pas vraiment compris de qui il s'agissait (peut-être de Xavier justement ?).














Interlude lol #2 :
J'ai une amie, son petit copain s'appelle Sam.
C'est son Sam à elle.
Fin de l'interlude lol #2.


La head of the affiche SAMAEL s'apprête donc à prendre place (avec une grosse sensation d'entrée, une intro sur "B-Mashina" de LAIBACH… c'est déjà la classe) sur la scène de la Chapelle malgré ses penchants anti-chrétiens évidents (Vorph qui nous demandera plus tard de chanter les paroles de "To Our Martyrs" si on les connaissait, à savoir « I spit at your god's face / I piss on the cross / I vomit on the holy bible / I shit on the blessed whore and her bastard son »…). Parti d'un Black-Metal mortifère, SAMAEL a donc fini par baigner dans un Dark-Metal Indus autant décrié qu'adulé, avec plein d'intermédiaires. Avec désormais un catalogue bien étoffé, les suisses peuvent s'adonner à un set varié. Première chose, la tournée anniversaire de Ceremony Of Opposites est terminée et le groupe va ainsi pouvoir piocher un peu partout, même si ledit Ceremony Of Opposites restera largement représenté avec pas moins de 6 morceaux. Mais pour le reste, il y a de quoi faire avec un début sur les deux premiers morceaux de Passage, 20 ans d'âge, à l'envers (d'abord "Shining Kingdom" puis "Rain"). Ce qui nous permet d'emblée de constater que le quatuor est en très, très grande forme et va nous abreuver d'un set plein d'énergie, avec un Makro et un nouveau bassiste -Drop de SYBREED !- qui ont la bougeotte. Du lourd dès le début avec les meilleures compos de Passage enchaînées par les excellents "Of War" et "Luxferre" de Lux Mundi. SAMAEL n'était pas là pour promouvoir son dernier album en date mais a su revisiter ses dernières 22 années de carrière avec brio - donc sans aucun morceau du raté Above. Mieux encore, le groupe réorchestre légèrement certains morceaux, notamment d'un point de vue électronique, et cela donne un second souffle aux morceaux issus d'albums mitigés comme "Reign of Light", "Slavocracy" et "Solar Soul". Les morceaux de Ceremony Of Opposites sont aussi passés à la moulinette sans en faire des tonnes et en gardant leur petit côté evil, ce qui leur donne une seconde jeunesse sans trahir leur Black-Metal originel. Ajoutez à cela un "Infra Galaxia" inattendu et envoûtant (issu de l'album le plus sous-estimé du groupe, Eternal) et un final qui poutre sur "The Truth Is Marching On", et même si le son était aussi un peu fort en basses (il fallait avoir de bons bouchons pour profiter tout le background électronique) et que le tout à chacun aurait préféré voir certains morceaux que d'autres (un "Born Under Saturn" avec ses lignes en français par exemple), nous n'étions pas loin du concert parfait. Je n'avais jamais vu SAMAEL en concert et j'ai toujours été attiré par sa bonne réputation sur les planches, et je n'ai pas été déçu du tout. Un grand groupe finalement, qui a repris du poil de la bête dernièrement, et ses oripeaux scéniques actuels en plus de la présence de Drop dans le line-up me font fantasmer sur un futur plus électronique pour SAMAEL…
Setlist : Shining Kingdom - Rain - Of War - Luxferre - Slavocracy - Reign of Light - Infra Galaxia - Jupiterian Vibe - Solar Soul - My Saviour - Black Trip - Baphomet's Throne - Flagellation - Crown - To Our Martyrs - Ceremony of Opposites - The Truth Is Marching On













On peut donc repartir avec le sourire aux lèvres et la satisfaction d'avoir assisté à de bons, de très bons, d'excellents concerts, dans des styles plus originaux que d'habitude. C'est un peu la même chose chaque fin janvier finalement du côté de Metz, Damage Done a toujours le chic pour nous souhaiter la bonne année tout juste avant la dernière limite du commencement de février. Une année qui sera probablement encore bien bonne pour le pays messin, avec d'ailleurs MOONSORROW et KORPIKLAANI très bientôt, et on a caressé le cochon chinois porte-bonheur pour s'en assurer. Un grand SAMAEL, des futurs grands, on l'espère, WHEELFALL, SLATSHER et DUST IN MIND, voilà qui a su contenter les amateurs de riffs indus-prog-dark-sludge-goth-death pendant une belle soirée, toujours dans le cadre particulier de la Chapelle. Le pays messin est vivant et le montre bien chaque dernier week-end de janvier !

Toutes les photos via ce chôli diaporama :

HAUNTING THE CHAPEL #4


PS : céki qui m'a reconnu à la sortie du vestiaire ? PM me, anon.


Auteur
Commentaire
ManOfShadows
Membre enregistré
Posté le: 04/02/2016 à 12h57 - (1155)
Très bon report Zesnake !

Je conserve les mêmes impressions sur tous les groupes sauf Dust in Mind qui est une vraie purge (chant féminin et mélodies horripilantes et musique inintéressante). Samael était royal, et Slatsher et Wheelfall sont bien sympas en live.



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