Rétrospective SAVATAGE par forlorn
publication le : 19/07/2015
Vous le savez, le Wacken Open Air approche à grands pas (du 29/07 au 01/08). A l'affiche de cette 26ème édition, il est un groupe dont la participation revet un caractère particulier: SAVATAGE.
Inactive depuis 2002, la formation américaine va se réunir le temps d'un show exclusif.
L'occasion est idéale pour consacrer une rétrospective à ce monument du heavy metal.
Au programme une biographie détaillée, suivie d'un passage en revue de la discographie.


BIOGRAPHIE:

1/ Avant 1983: la préhistoire

Les frères Oliva, Jon (né John Nicholas en 1960) et Criss (né Christopher Michael en 1963) grandissent au milieu d'instruments de musique. Bien que son premier amour soit le piano, Jon est un touche à tout, s'essayant également à la guitare et à la batterie. Conscient du talent de Criss à la 6-cordes, il choisit de privilégier le chant. En 1976, leur famille se fixe en Californie. Jon ne tarde pas à rejoindre un groupe, Metropolis, qui lui permet de faire ses premières armes sur scène. Après une très éphémère expérience au sein de Tower, Criss bosse avec Jon sur leur propre groupe: Alien. A cette époque, la réputation des frères Oliva n'est déjà plus à faire. En 1979, Alien devient AVATAR. Si le batteur Steve 'Doc' Wacholz (ex-Paradox) tire très vite son épingle du jeu, le line-up ne se stabilise qu'en 1981, à l'arrivée du bassiste Keith 'Thumper' Collins. L'année suivante, Avatar place 2 morceaux sur une compilation financée par une radio locale: WYNF 95. Dan Johnson de Par records les contacte.
La collaboration débute avec la sortie d'un single 3 titres qui devient vite collector: City Beneath the Surface. Cette réussite attire l'attention de groupes de tout le pays revendiquant le patronyme Avatar. A l'issue d'une séance de brainstorming, les Floridiens d'adoption choisissent de combiner Savage et Avatar pour créer un mot imaginaire: SAVATAGE.


2/ 1983-1986: des débuts difficiles

En avril 1983, le quartet s'enferme dans un tout jeune studio, le Morrisound, pour une véritable session marathon, enregistrant une 15aine de titres en moins de 24 heures. 9 sont sélectionnés pour figurer sur leur premier album: Sirens. Une bombe de heavy metal puissant et racé qui reçoit un excellent accueil, en dépit d'une distribution modeste (en import en Europe). En désaccord sur les chiffres de ventes (et donc le montant des royalties), groupe et producteur mettent un terme à leur collaboration. Sans budget et confronté à des problèmes de matériel, Savatage se retrouve dans l'impossibilité de promouvoir son album sur scène. Cette traversée du désert prend fin à l'été 1984 avec leur signature chez Atlantic records. Croulant sous les compositions, le groupe passe entre les mains expertes du producteur Max Norman (Ozzy Osbourne). Leur 2ème album Power of the Night sort en mai 1985. Un clip était prévu pour le morceau Hard for Love à condition de changer son intitulé. Refus des frères Oliva et abandon du projet. Entre temps, Dan Johnson a vendu les droits des premiers enregistrements du groupe à Combat records. En découle le cultissime EP The Dungeons Are Calling comprenant 2 titres du single d'Avatar et 4 inédits issus de la session d'enregistrement de Sirens. A l'issue de leur première tournée US, le groupe se sépare du bassiste Keith Collins au profit de Johnny Lee Middleton (ex-Lefty). Après leur découverte de l'Europe, Savatage met en chantier son 3ème album qui s'avère être son gros (très gros) point noir: Fight for the Rock. Cédant aux pressions d'Atlantic et confronté à un producteur habitué au Hard FM, Savatage se retrouve totalement dénaturé, privé de son énergie et de sa créativité (2 reprises et 1 réinterprétation sur 10 morceaux). Une véritable catastrophe surnommée Fight for the Nightmare qui se fait à juste titre défoncer par la critique. Certains ne s'en seraient pas relevés, mais les frères Oliva sont plus costauds que ça...


3/ 1987-1992: Paul O'Neill et l'âge d'or

Occultant l'album qu'ils sont censés promouvoir, les Américains donnent tout ce qu'ils ont sur scène. Et ça marche. En 1986 Savatage est dans tous les bons coups, ouvrant pour Motörhead, KISS et Metallica. Arrive alors LA rencontre qui va changer leur destin. A l'écoute des membres de Savatage, le producteur Paul O'Neill révèle leur potentiel sur leur 4ème album, le brillant Hall of the Mountain King. Très impliqué, il participe au processus de composition, poussant le groupe dans ses retranchements. Travaillant sur les contrastes, Savatage renoue avec l'énergie de ses débuts tout en développant ses aspirations mélodiques. Créativité, puissance, feeling, production et visuel d'excellente qualité, featuring du regretté Ray Gillen (Badlands, Black Sabbath, Blue Murder, Sun Red Sun)... cette fois c'est le carton plein. Hall of the Mountain King se vend à plus de 300 000 exemplaires et le groupe tourne un clip héroic-fantasy pour le titre de l'album. Savatage enfonce le clou en participant au World Devastation Tour, soit 7 mois sur les routes en compagnie de Megadeth et Dio. Un guitariste additionnel est recruté pour croiser le fer avec Criss Oliva, un certain Chris Caffery...


Avec Chris Caffery (à droite)

Après la tournée, Jon Oliva paye ses excès et entre en cure de désintoxication. En février 1989, Savatage retourne au Record Plant avec Paul O'Neill pour mettre en boite un 5ème album particulièrement attendu. Mais les sessions de Temptation Revelation se prolongent bien au delà des prévisions, à tel point que Savatage doit annuler une tournée européenne (n'assurant que 2 dates dont le Dynamo Open Air). En panne de soliste dans Megadeth, Dave Mustaine propose le poste à Criss Oliva. Ce dernier considère l'offre mais refuse de quitter Savatage, faisant le bonheur de Marty Friedman. C'est en décembre que sort le 5ème album, sous le titre de Gutter Ballet. Savatage atteint la maturité en explorant de nouveaux horizons progressif et symphonique. La palette vocale de Jon est plus variée que jamais. Au four et au moulin, Criss ajoute l'acoustique à son arc de compétences. Les thèmes abordés sont plus réalistes et contemporains. Une éclatante réussite mise en valeur par le clip consacré au morceau-titre. Crédité en temps que membre à part entière, Chris Caffery n'a toutefois participé ni à l'écriture ni à l'enregistrement de Gutter Ballet. Il accompagne néanmoins Savatage en Europe (tournée avec King Diamond).


Après une tournée US en compagnie de Testament, Chris Caffery quitte le groupe pour voler de ses propres ailes. Le noyau dur de Savatage retrouve Paul O'Neill pour l'élaboration d'un 6ème album conceptuel, Streets, dont le personnage principal ressemble étrangement à Jon Oliva. Adaptation d'une nouvelle écrite par Paul O'Neill en 1979, ce rock opéra dévoile un groupe de plus en plus subtil et raffiné, avec un piano omniprésent. Streets est parfois présenté comme le chainon manquant entre Queen et Queensrÿche. Atlantic supprime les phases de narration entre les morceaux pour ne pas avoir à publier un double album. Il faudra attendre 2013 pour découvrir Streets: A Rock Opera - Narrated Version. Confronté à la déferlante grunge, cet album ne rencontre pas le succès espéré, mais s'imposera sur la durée. Savatage enchaine une tournée en ouverture de KISS puis une autre avec Fates Warning et Vicious Rumors. Au grand désespoir de ses fans, Jon Oliva annonce en 1992 son retrait de Savatage. Souhaitant consacrer du temps à sa famille et à de nouveaux projets (Doctor Butcher, Trans-Siberian Orchestra, comédie musicale...), il cède le micro mais reste investi dans le groupe (composition/production).


Avec Zak Stevens (chemise blanche)

4/ 1993-1994: tragédie et renaissance

Déstabilisés, les fans de Savatage se scindent en 2 camps en découvrant son remplaçant: Zak Stevens (ex-Wicked Witch). La raison? Criss Oliva ne voulait pas d'un clone de Jon et souhaitait recruter un frontman charismatique capable de s'adapter à l'ancien répertoire tout en apportant du neuf. Toujours composé par les frères Oliva et Paul O'Neill, ce 7ème album est moins ambitieux que son prédécesseur, mais plus équilibré et homogène, avec un retour des riffs au premier plan. Si Zak Stevens s'intègre parfaitement à l'univers de Savatage, Steve Wacholz fait le choix décrié d'employer une batterie électronique. Quant à Jon, il assure l'intégralité des parties de piano/claviers (+ un peu de batterie). A noter que la pochette de Edge of Thorns représente la femme de Criss. Pour la tournée à suivre, 2 musiciens de session sont engagés pour palier aux absences de Jon Oliva, Chris Caffery et... Steve Wacholz, ce dernier se dirigeant lui aussi vers la sortie.
Survient alors l'impensable. Le 17 octobre 1993 un camion conduit par un chauffeur ivre percute la voiture de
Criss Oliva qui meurt sur le coup à l'âge de 30 ans (sa femme survit à ses blessures). Notre scène perd un compositeur inspiré, doublé d'un guitariste exceptionnel au style immédiatement reconnaissable.


Paul O'Neill, l'homme de l'ombre + R.I.P. Criss Oliva: 03/04/1963 - 17/10/1993

Aux obsèques de son frère, Jon Oliva prend la décision de revenir dans Savatage. En parallèle de l'album de Doctor Butcher (dans la lignée de Sirens, avec Chris Caffery), il compose en compagnie de Paul O'Neill un 8ème album aussi inattendu que miraculeux: Handful of Rain. Chris Caffery ne se sentant pas prêt à reprendre le flambeau, Jon Oliva sollicite Alex Skolnick. Rencontré 4 ans plus tôt lors d'une tournée commune, le guitariste a récemment quitté Testament et accepte de rejoindre Savatage. Si les crédits et la photo de l'album présentent le groupe, Jon Oliva s'est en réalité chargé de toute l'instrumentation (guitares, basse, batterie, piano/claviers), à l'exception des soli confiés à Skolnick et du chant assuré par Zak Stevens. A noter qu'il s'agit de la dernière collaboration avec Gary Smith, en charge de leurs visuels depuis Hall of the Mountain King. Beaucoup pensaient Savatage fini, Jon Oliva au comble de la douleur réagit en nous balançant l'un des meilleurs albums du groupe! Impressionnant, avec en point d'orgue l'usage du contrepoint sur le fantastique Chance et un hommage émouvant à Criss sur Alone you Breathe. Le clip du morceau-titre marque la fin de l'implication de Steve Wacholz dans Savatage. Son remplaçant se nomme Jeff Plate (ex-Wicked Witch). Réclamés par le Japon, les Américains s'envolent pour une mini-tournée historique immortalisée sur supports audio puis vidéo. Jon Oliva effectue bel et bien son retour sur scène. Dernier baroud d'honneur ou renaissance? L'avenir peut-il s'écrire sans Criss?


Avec Alex Skolnick (à droite)

5/ 1995-2000: une nouvelle ère symphonique

A peine rentré du Japon, Alex Skolnick privilégie une carrière solo partagée entre jazz et funk. Ce départ (en bons termes) laisse le champ libre à Chris Caffery, cette fois prêt à endosser le rôle d'axeman. Cependant la formule à 2 guitaristes étant une constate depuis des années, le groupe souhaite recruter un musicien expérimenté. Omniprésent à l'époque (Alice Cooper, Asia, Blue Öyster Cult, CPR, Widowmaker), Al Pitrelli devient le 6ème homme, complétant la team Savatage. Le 9ème album, Dead Winter Dead, est un concept sur la guerre en ex-Yougoslavie. Jon Oliva et Paul O'Neill ont concocté un hard symphonique classieux qui, comme Streets en son temps, ne laisse pas indifférent. Outre le retour de Jon Oliva au chant principal sur 2 morceaux, on note celui d'un homme de l'ombre, le claviériste Robert Kinkel (présent sur HOTMK, Gutter Ballet et Streets). Le succès inattendu de l'instrumental Christmas Eve (Sarajevo 12/24) sur les ondes accélère l'émergence du Trans-Siberian Orchestra. Fondé par le trio O'Neill/Kinkel/Oliva, cet alter-ego rock symphonique sort son 1er album l'année suivante. Une période faste pour Savatage, acclamé en Europe (1ère tournée française), qui en profite pour quitter Atlantic. 1995 est une année riche en sorties, car outre l'album et le live au Japon, un tribute live à Criss Oliva (Ghost in the Ruins) et la traditionnelle compil' de fin de contrat (From the Gutter to the Stage) voient aussi le jour.


Avec Jeff Plate et Al Pitrelli (2ème et 3ème en partant de la gauche)

1996 voit le noyau créatif de Savatage donner la priorité à TSO. Les guitaristes en profitent pour travailler sur divers projets, Chris Caffery envisageant une suite à Doctor Butcher (qui n'aboutit pas). Le 10ème album de Savatage se fait désirer et ne sort qu'à la rentrée 1997. Bénéficiant d'un superbe visuel signé Edgar Jerins, The Wake of Magellan (originellement nommé Poets and Madmen) est à nouveau un album concept, une histoire vraie servant de support à une nouvelle écrite par Paul O'Neill (les concepts étant développés sur le site officiel du groupe). Il marque un retour au style heavy progressif dominé par les riffs. Pour la première fois depuis la disparition de Criss, le duo Oliva/O'Neill ouvre le processus de composition au reste du groupe pour un résultat étonnemment conventionnel. Les gimmicks habituels sont de la partie (Jon au chant sur 2 titres, le contrepoint, les instrumentaux). Seule innovation, les parties vocodées sur Complaint in the System (Veronica Guerin), généralement décriées. Certains fans estiment que le dernier tiers de l'album relève le niveau. Après les tournées, le Trans-Siberian Orchestra reprend le dessus pour un 2ème album incluant tous les membres de Savatage. Il sort à la rentrée 1998. Face au succès croissant de TSO (dont le 3ème album sort en 2000), l'activité de Savatage ralentit. L'avenir de Jon Oliva & co ressemble à du rock symphonique illustrant des contes et chants de Noel...


Le line-up du dernier album studio: Caffery/Oliva/Middleton/Plate

6/ 2000-2002: le dernier chapitre

Cette situation favorise les envies d'ailleurs, la soif de riffs des uns et des autres nécessitant d'être étanchée. Chris Caffery participe ainsi au premier album des Allemands de Metallium. De son côté, Al Pitrelli ne peut refuser l'offre de Dave Mustaine de remplacer le démissionnaire Marty Friedman dans Megadeth. L'an 2000 voit également le départ de Zak Stevens, ce dernier fondant par la suite le groupe de power metal Circle II Circle. Réduit à 4 membres, Savatage n'a pourtant pas dit son dernier mot, Jon Oliva prenant à son compte l'intégralité du chant. Le 11ème et dernier album de Savatage se nomme donc Poets and Madmen et parait au printemps 2001. On ne change pas une équipe qui gagne [Oliva/O'Neill/Kinkel + un visuel très King Diamond d'Edgar Jerins] ni une formule qui marche, ce dernier album synthétisant le savoir-faire et les acquis du groupe. Particulièrement riche et hétérogène, il recèle son lot de pépites (comme le formidable Morphine Child). A noter la contribution d'Al Pitrelli et le featuring de John West (Artension, Royal Hunt). La signature chez Steamhammer offre au groupe une promotion honorable laissant augurer une tournée digne de ce nom. Pour lui donner la réplique sur scène, Jon Oliva recrute un inconnu, Damond Jiniya. Quant au guitariste chargé de palier à l'absence d'Al Pitrelli, le choix se porte sur Jack Frost (Seven Witches, The Bronx Casket Co.). Grand amateur du 'Tage, ce dernier prend un plaisir évident sur scène, espérant de tout coeur gagner ses galons de membre à part entière. Une cruelle désillusion l'attend, ce dernier étant viré à l'issue de la tournée sans en connaitre la raison. Son remplacement pour les festivals de l'été 2002 est assuré par Jeff Waters (Annihilator). Depuis SAVATAGE est entré en hibernation... jusqu'à cette annonce de reformation exclusive au Wacken.


Les musiciens live: Jack Frost, Damond Jiniya, Jeff Waters

7/ L'après Savatage

Voici les projets individuels les plus notables entrepris par les uns et des autres depuis 2002.

- Jon Oliva a successivement fondé Jon Oliva's Pain en 2003 (4 albums) et Oliva en 2013 (1 album).
Il est régulièrement invité à poser des lignes de chant ou de piano sur des albums.

- Steve "Doc" Wacholz. Le batteur originel de Savatage est réapparu en 1999 en participant à une éphémère reformation de Crimson Glory (l'album Astronomica) avant de disparaitre à nouveau. Depuis 2010 il a rejoint Reverence (1 album). Ce groupe comprend le chanteur Todd Michael Hall (actuel Riot et Jack Starr's Burning Starr) ainsi qu'un ancien guitariste de Tokyo Blade (figure de la NWOBHM).

- Johnny Lee Middleton. Le fidèle bassiste s'est longtemps contenté de sa participation à TSO, mais depuis quelques années les idées se bousculent. Il a ainsi sorti 2 singles en solo fin 2008 et rejoint John Corabi (ex-Mötley Crüe, ex-Ratt, ex-Union) dans le groupe Big Shooter en 2011.

- Chris Caffery. Le guitariste s'est lancé en solo dès 2003. Son 4ème album sort fin août. Parmi ses collaborations les plus marquantes on retiendra Doro (2002-2005), John West (2002, 2006) et Tim "Ripper" Owens (studio et live en 2009).

- Zak Stevens. Fondateur de Circle II Circle en 2002 (6 albums), le chanteur a participé à l'éphémère reformation de Wicked Witch sous le patronyme Machines of Grace (1 album). Il est régulièrement sollicité à titre de guest.

- Jeff Plate. S'il apparait sur des enregistrements de Chris Caffery, John West ou encore l'unique album de Machines of Grace, le batteur a surtout rejoint Metal Church en 2006 (3 albums).

- Al Pitrelli. Outre son implication dans Megadeth (1 album et des lives), le guitariste a fondé en 2001 le groupe O'2L (3 albums) et assisté en 2004 son compère Dee Snider (Twisted Sister, Widowmaker) dans l'organisation de l'opéra metal façon Halloween: Van Helsing's Curse (1 album et 1 live).

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DISCOGRAPHIE:

Voici les enregistrements studio, liste purgée des lives et autres compilations:

1983 - Sirens
1984 - The Dungeons Are Calling (EP)
1985 - Power of the Night
1986 - Fight for the Rock
1987 - Hall of the Mountain King
1989 - Gutter Ballet
1991 - Streets: A Rock Opera
1993 - Edge of Thorns
1994 - Handful of Rain -> voir la kro VS
1995 - Dead Winter Dead -> voir la kro VS
1997 - The Wake of Magellan
2001 - Poets and Madmen -> voir la kro VS

Maintenant un mot sur chacun:


visuel d'origine / réédition
1/ Sirens (1983)

Forts de l'expérience acquise sous le patronyme d'Avatar, les Floridiens délivrent un premier album redoutable, capable de tenir la dragée haute à la concurrence de l'époque et à une partie bonne partie de leur discographie à venir. Un heavy metal puissant et racé à la sensibilité européenne (Judas Priest, Mercyful Fate) révélant un potentiel important. Les frères Oliva possèdent leur propre patte, immédiatement reconnaissable.
Difficilement trouvable à l'époque, Sirens a connu de multiples rééditions depuis. Un classique.

Morceaux conseillés: Holocaust et Scream Murder



2/ The Dungeons Are Calling (EP 1984)

Enregistré en même temps que Sirens, cet EP en est le parfait complément. Plus ambitieux et varié, The Dungeons Are Calling a les faveurs des die-hard fans. Les rééditions ont depuis réuni ces 2 enregistrements.

Morceau conseillé: City Beneath the Surface



3/ Power of the Night (1985)

Signature chez Atlantic, production de Max Norman (Ozzy, futur Megadeth)... Savatage rejoint la cours des grands. Plus porté sur les mid-tempo, ce 2ème album présente un groupe en cours de maturation. La section rythmique est solide, le talent de Criss saute aux oreilles et le facétieux Jon glisse quelques synthés discrètement.
Dernier enregistrement avec le bassiste Keith 'Thumper' Collins.

Morceaux conseillés: Unusual et Warriors



4/ Fight for the Rock (1986)

Fumble critique et chute de nécropole pour cette bouse abominable. Titre, visuel et production ridicules... reprises stériles et relecture honteuse... Il n'y a pas grand chose à sauver de ce Fight for the Nightmare... Le groupe fera l'impasse dessus en concert et ne se laissera plus jamais influencer par un label. Premier enregistrement avec le bassiste Johnny Lee Middleton.

Morceaux conseillés: rien



5/ Hall of the Mountain King (1987)

L'album qui a tout déclenché. Savatage trouve son identité grâce à l'implication du producteur Paul O'Neill. Puissance et créativité retrouvées, grain de folie, excellente prod, super visuel... tout est là. Criss Oliva éclabousse les morceaux de sa classe, s'affirmant comme un guitariste de premier ordre. Quant à son frère sa polyvalence surprend au point qu'on en vient à se demander combien de chanteurs sont dans le coup.
Premier gros carton de Savatage qui leur permet de partir en tournée avec Megadeth et Dio.
Une référence qui accroche la 5ème place de mon Top 5.

Morceaux conseillés: Strange Wings (feat. Ray Gillen) et Prelude to Madness (pour la référence à Grieg)



6/ Gutter Ballet (1989)

Si l'on devait limiter Savatage à un album, ce serait probablement celui là. L'équilibre entre puissance et mélodie est trouvé, ça déborde de feeling et de personnalité, les instrumentaux sont sublimes (piano, guitare acoustique).
Entre heavy progressif et hard symphonique, Savatage tutoie la perfection.
Loupe la 1ère place de mon Top 5 de très très peu.

Morceaux conseillés: When the Crowds Are Gone et Hounds



7/ Streets: A Rock Opera (1991)

Sans conteste, l'album le plus ambitieux et personnel de Savatage. Celui qui a le plus divisé également. Un concept réalisé d'après une nouvelle de Paul O'Neill écrite en 1979 et dont le personnage principal a bien des points communs avec Jon Oliva. Possède son lot de morceaux inoubliables (Streets, New York City Don't Mean Nothing, If I Go Away) mais également un terrible ventre mou (plages 5 à 8). Se contente de la 4ème place de mon Top alors qu'il aurait pu prétendre à mieux. Mention spéciale pour Believe dont les paroles hanteront Jon Oliva pour le reste de sa vie (et nous avec).

Morceaux conseillés: Ghost in the Ruins et Believe



8/ Edge of Thorns (1993)

Dernier album avec le regretté Criss Oliva et première apparition de l'apprécié Zak Stevens en remplacement de Jon Oliva. Le groupe revient à plus de simplicité et réalise un album homogène, dont le seul défaut reste le choix de Steve Wacholz d'opter pour une batterie électronique. Extrêmement bien fait, l'album regorge de hits, dont All That I Bleed qui rejoint le panthéon des ballades de Savatage. Obtient sans forcer la 3ème place de mon Top 5.

Morceaux conseillés: Degrees of Sanity et All That I Bleed



9/ Handful of Rain (1994)

La perte de son frère inspire à Jon Oliva l'album le plus sombre et mélancolique de Savatage. Enregistrant toute l'instrumentation lui-même alors qu'il n'est plus censé faire parti du groupe (!), il nous gratifie de quelques unes de ses meilleures compositions, avec l'assistance de l'excellent Zak Stevens et du guitariste Alex Skolnick échappé de Testament. Apparition du contrepoint (futur gimmick du groupe) sur le fantastique Chance. Alone you Breathe se paye même le luxe de supplanter Believe de son trône de meilleure ballade du groupe. Essentiel.
L'album avec lequel j'ai découvert Savatage et bien évidemment mon préféré.

Morceaux conseillés: Chance et Alone You Breathe



10/ Dead Winter Dead (1995)

1er album de ce qu'on pourrait appeler le Savatage mark II avec la paire de guitaristes Caffery/Pitrelli, le batteur Jeff Plate, ainsi que Zak Stevens et Jon Oliva se partageant le micro. Nouvel album-concept sur la guerre en ex-Yougoslavie pour un hard symphonique préfigurant le Trans-Siberian Orchestra. C'est beau, parfois très beau, mais cet album manque de rythme et d'énergie. Trop sage.

Morceaux conseillés: Dead Winter Dead et Not What You See



11/ The Wake of Magellan (1997)

Nouvel album concept et retour au heavy, pour un album plus touffu et moins accessible qu'à l'accoutumé.
Les fans s'accordent à dire que le dernier tiers de l'album remporte la mise après une entame sans panache.
Palme de l'incongruité pour le brouillon Complaint in the System (Veronica Guerin) avec ses passages vocodés.

Morceaux conseillés: The Storm et The Hourglass



12/ Poets and Madmen (2001)

Dernier album enregistré à 4 (et demi) sans Zak Stevens et Al Pitrelli (occupé avec Megadeth). Une bonne synthèse du savoir-faire du groupe avec Jon Oliva seul au chant pour la première fois depuis 1991. Du power/prog efficace et varié contenant son lot de bons morceaux dont un classique instantané: Morphine Child.

Morceaux conseillés: Commissar et The Rumor


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Ainsi s'achève cette rétrospective. N'hésitez pas à commenter et partager vos anecdotes.
A quel moment avez-vous découvert Savatage? Par quel album? Quelles sont vos préférences?
Nb affichages: 8330
Auteur
Commentaire
hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2015 à 18h35 - (3335)
Super boulot!!! J'ai découvert ce Groupe à la sortie de Wake Of Magellan, qui ne m'a pas trop marqué. Puis, il y a deux trois ans, je suis tombé sur le clip de When The Crowds Are Gone, une révélation! Depuis, j'essaie de me faire la complète depuis Gutter Ballet, pas trop fan de ce qu'ils ont fait avant.

J'ai longtemps cru que Queensrÿche était le seul groupe valable en heavy us, grosse erreur!



Mickey
IP:90.33.201.196
Invité
Posté le: 19/07/2015 à 18h37 - (3336)
Sympa de relire tout ça et de constater que je ne suis pas le seul pour qui Savatage a compté. Certainement le groupe de mon adolescence, avec un Gutter Ballet usé en K7 puis en cd !!

On ne peut s'empêcher d'imaginer ce que serait devenu le groupe sans la disparition tragique de Criss.

Enorme respect pour ce groupe, et pour Jon Oliva qui me fend le coeur à chacune de ses apparitions tant il transpire la tristesse.

gardian666
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2015 à 19h03 - (3337)
Très beau dossier.

Je ne ferais pas dans l'originalité en citant "Hall of the Mountain King", "Gutter Ballet" et "Edge of Thorns" comme étant les œuvres que je préfère du groupe. Suivies de près par "Sirens" et "Handful of Rain".

Il n'y a pas grand chose à jeter dans cette discographie mais comme tu le soulignes "Fight for the Rock" est un gros accident de parcours et "Streets" un album inégal.

En espérant juste qu'autour de cette reformation on aura pas trop de marketing puant, déjà que la compilation "Return to Wacken" est sévèrement moisie.

Sinon Jon Oliva's Pain est un excellent complément à la discographie de Savatage, un nouvel album et des concerts seraient prévus dans un futur plus ou moins proche.



vincesnake
Membre enregistré
Posté le: 20/07/2015 à 10h08 - (3340)
J'ai découvert Savatage vers la fin des 90's avec un dossier de ce genre dans un mag (hard'n heavy sur les fans /collectionneurs je crois mais à vérifier). Sans oublier quelques chroniques + interviews (périodes Dead Winter Dead et The Wake of magelland) qui m'ont données envie de tester le groupe un peu au feeling. C'est Gutter Ballet qui est arrivé en premier et ce fut le choc après plusieurs écoutes tant cet album regorge de subtilités. Ca reste mon préféré dans leur disco encore aujourd'hui. Depuis le groupe ne cesse de me suivre malgré le silence radio.
J'espère que le concert au wacken augure une reformation digne de ce nom !

Je suis à peu près d'accord avec ta vision des choses par contre pas touche à Fight for the Rock que je trouve très bon, dans la lignée des 1ers finalement.

Bravo pour ce dossier très complet et instructif. Beau boulot, on aura l'occasion d'en reparler !



vincesnake
Membre enregistré
Posté le: 20/07/2015 à 10h14 - (3341)
Ah oui, je n'ai pas encore testé les Doctor Butcher, TSO (Ca vaut le coup ça ?) et Jon Oliva's Pain mais la disco du 'Tage est tellement riche qu'il y a de quoi tenir longtemps. Ca viendra plus tard !

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 20/07/2015 à 10h41 - (3342)
Pas écouté les deux autres, mais TSO c'est clairement formaté grand public US, avec des choeurs, des orchestrations, des rebondissements, à la Broadway quoi! Faut vraiment être fan de comédies musicales et c'est très très lisse, le gros show qui cartonne en période de réveillon. Même s'ils en reprennent, c'est très loin de Savatage, pas mon truc.

Strat
Membre enregistré
Posté le: 20/07/2015 à 12h46 - (3343)
Je ne connaissais Savatage que de nom, malgré leur notoriété. Pour ma défense il faut dire que je ne suis pas vraiment un admirateur de la scène heavy en général.

Heureusement cette rétrospective, très détaillée, décrite période par période, qui soulève un gros travail de recherche, mets en avant les hauts et les bas d'un groupe qui en as bavé au fil des années !

Même si certains titres sont sympa j'ai toutefois le même problème à chaque fois : la voix:

Mention spécial au titre "Gutter Ballet" qui me fais même, un peu, pensé sur un passage à un certain "Fear of the dark"..

Merci pour cette rétrospective et vivement une prochaine.

gardian666
Membre enregistré
Posté le: 21/07/2015 à 22h32 - (3344)
S'il y a un album de TSO à écouter et savourer c'est sans conteste "Beethoven's Last Night".

Dans la discographie de ce groupe, il y a de bonnes choses et beaucoup de remplissage également, les albums atteignant toujours des durées élevées (70 minutes en moyenne).

Si le show Savatage promet d'être un événement, celui de TSO ne devrait pas manquer d'être grandiose (cela va de soi) et surtout voir la présence de plusieurs excellents chanteurs :

Jeff Scott Sotto et Russel Allen sont notamment confirmés.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 23/07/2015 à 10h11 - (3345)
J'aurais du le mentionner dans l'article, mais la compilation From the Gutter to the Stage (1995) a un intérêt réel pour les fans de Savatage. Elle possède un 2ème CD bonus comprenant 4 inédits.

1. Shotgun Innocence (04:53)
2. Forever After (03:32)
3. This Is Where You Should Be (04:20)
4. D.T. Jesus (04:56)

Shotgun Innocence: Bonus de l'édition japonaise de Edge of Thorns (1993). Dernier titre composé par Criss Oliva.

Forever After: Autre bonus de l'édition japonaise de Edge of Thorns (1993). Morceau prévu pour être chanté par Jon Oliva avant sa décision de quitter le groupe.

This Is Where You Should Be: Inédit issu des sessions d'enregistrement de Hall of the Mountain King (1987).

D.T. Jesus: version originale du single Jesus Saves extrait de Streets (1991). C'est très différent.

Pour les curieux, ces morceaux sont trouvables sur youtube.

le botch
IP:89.156.44.158
Invité
Posté le: 28/07/2015 à 17h51 - (3347)
Mon top five :

1. Gutter Ballet
2. Streets: A Rock Opera
3. The Wake of Magellan
4. Handful of Rain
5. Edge of Thornes

Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 31/12/2015 à 12h53 - (3599)
Un peu le même commentaire que Strat concernant la voix et aussi avec certaines instrumentations, notamment le piano, cela a été le problème récurrent avec SAVATAGE comme souvent avec d'autres groupes heavy. Malgré tout, la période 87 - 94 arrive à me séduire un peu, surtout Gutter Ballet et Handful of Rain. Je vais écouter les autres disques, qui sait ?

D'accord aussi sur le format rétrospectif, très efficace pour donner envie de se (re)plonger dans une discographique. Du boulot de qualité comme d'habitude !



jjbv8YA8Eld
IP:5.188.211.45
Invité
Posté le: 10/03/2017 à 09h54 - (3808)
Hei Johanna!Katsoin juuri tuon “Johanna Tukiainen: Vuosi elämästäni ” ja ihastuin sinulla siinä päälläsi olleeseen beigen sävyiseen mekkoon jossa oli syvään uurrettu &#;220;V”8n mallinen kaula-aukko ja suurehko kultainen koriste edessä.Olisitko niin ystävällinen ja ihana ja vinkkaisit minulle mistä sen olet ostanut?Näytit siinä tyrmäävän hyvältä!

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