Le blog de NICOLAS - RANKO - MULLER - 19428 affichages

L'auteur du livre "Abécédaire pour les musiciens en galère et ceux qui les voient ramer" et batteur du groupe SVART CROWN (ex-OTARGOS, ARTEFACT et plein d'autres) vous invite à le suivre sur son blog au sein de VS-webzine !



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Day 7 & 8
publication le : 19/02/2014

Day 7 & 8 - fin des tribulations, un parking aux émirats, une grosse poutre, du sang local, un pogo expérimental, une deuxième grosse poutre (ça va faire une toiture), une perte de poids et du Rimbaud dans le texte (ou genre...)

Je vais commencer par ça comme ça je suis débarrassé et vous aussi : fly Emirates avait bien fait les choses à l aller, mais la, y a quoi...une heure, trois gonzesses nous ont pulvérisé les couilles à grands renforts de textes de lois tous frais, qui stipulent que «non, rentrer avec un peu moins d affaires qu' à l aller, en l occurrence le merchandising, ça va pas être possible parce que c est trop lourd». Absurde, hein ? On est passés tous les quatre par toutes les strates de l'incompréhension, de la candeur légitime à l effroi, en passant par la haine la plus totale. On nous a demandé 434 € pour mettre 4 kilos de bagages en plus dans la soute, Clément Flandrois à fait virevolter la virulence avec poésie, («espèce de connasse») , Jb Sonsofunderground à usé de psychologie, en ponctuant chaque étape de la négociation par une locution fleurie du style «putain mais c est vraiment des cons», on a fini par mixer des affaires dans plein de sacs pour arriver à tout caser, j ai deux ou trois slips de ludo qui doivent traîner entre une chaussette de jb et une polaire à clément. Ah et on a enfilé deux sweets du merch chacun, aussi. Bref on a gueulé, c était long, pénible, et si on trouve le siège de la compagnie dans les deux jours qui viennent, y aura un nouveau parking estampillé développement durable iso9001 à Dubaï. Bande de gros maîtres....

C est con parce que depuis deux jours on vit de supers moments en tournée. Le Japon commence à bien comprendre notre musique... c est complètement con ce que je dis parce que chaque jour on change de gens dans le public, je sais. Mais sérieusement les derniers concerts étaient de loin les meilleurs ! À Shizuoka c'était super racaille, hyper brutal. Klem et ludo ont exploité à fond les petites avancées de scène pour aller violenter les gens, c était très arraché, comme ambiance. Une belle poutre.

Tokyo pareil. Grosse barbarie en plein shibuya. C était surtout le meilleur concert niveau affluence, Benneth Verlay nous assure qu' on peut mettre encore beaucoup plus de gens dans ce truc, mais on a du mal à y croire, vraiment ! Dans l après-midi on a fait un pèlerinage geek dans akihabara, le fameux quartier avec lequel tous mes potes de France me bassinent, avec raison, depuis le début du tour. Je suis allé dépenser plein de blé avec deux autres gourmands, clément et Giuseppe Di Giorgio, grand geek devant l éternel qui a essayé de me faire claquer tout mon salaire de ministre versé par Mosaique Fréjus, cacededi les collègues.

Ludo et benneth sont aussi venus avec nous, et eux aussi y ont trouvé leur compte. Y en a qui vont découvrir des objets un poil étranges dans quelques heures. Une fois la balade terminée on est rentrés en quatrième vitesse au club situé à l autre bout de Tokyo intra muros, si tant est que cette notion ait un sens, on va y venir. La bonne nouvelle c est que Tokyo ne dort jamais, et qu' après le concert on a pu improviser une rapide chouille, guidés par une locale venue rien que pour nous voir, la très sympathique Aurélie, qui a rencontré les pires tarés de toute son existence mais qui a résisté jusqu'au bout. On te passe le bonjour, ma grande, surtout que c est une cagnoise, le monde est petit.

Le reste n a ensuite été que gitanerie extrême. Benneth nous a ramené chez lui en van, on a dormi quatre heures, déchargé le backline dans son appartement au troisième sans ascenseur, puis fait cinq heures de route, dont trois dans le coffre, pour rallier Tokyo à...Tokyo, avec les septic flesh choppés au passage. Cette ville est absurde, faut le voir pour le croire, tout y est démesuré. Et donc oui, en cinq heures de bagnole, en roulant tout le long à 14 à l heure, ben tu la traverses pas. T essayes.

La on est dans l'avion, un peu morts. Alors c'est pas le pogo de ludo avec une horde de japonais hier soir qui l a épuise, il a dit que ca lui avait rappelé l école primaire. Je confirme, j en ai balancé un pour éviter la blessure à la fameuse Aurélie, il manquait que la cible et le costume à scratch.

Je vous ferai un petit bilan du tour à tête reposée demain, pour l'instant je vais bouffer le catering de ces débiles de fly Emirates. Je vous posterai ce report de Dubaï, et je vous retrouve demain pour un petit final que j espère déjà bien senti. Mais d'abord, mon estomac. Ceux qui me connaissent le savent.
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Day 6
publication le : 16/02/2014
Day 6 - un autre jour off, un temple en travaux, un pub glauque, un match retour, une promesse et une soirée transe avec dj lead.

Ce putain de dj lead, bros ! Y nous a sauvé le derche, celui-là. Parce que franchement on était mal partis pour la soirée. Mais je vais vous raconter ça vite fait...

On a commencé par enfin aller visiter un temple. Même deux. Comme d'habitude je suis sacrément incapable de vous en donner les noms, tout ce que je peux vous assurer c est que c était super impressionnant. Le premier est situé en haut d une montée de Kyoto, et précédé d une bonne centaine de boutiques touristique ou j ai acheté des gourmandises typiques pour les copains du Sud (y me reste trois boîtes, on se fera une dégustation de dimanche après-midi) . Le temple en lui même à été le théâtre d une action mémorable, la purification spirituelle de Benneth Verlay qui est allé se mettre à genoux pour taper sur un gong. Je crois que ce type a vraiment cramé un neurone central, mais même s il est dingue, il est cool. Souviens t'en, mec..

Ensuite on est allé voir mille bouddhas avec des statues grandeur nature de divinités héritées des mythologies hindous, ça aussi c était assez fou, surtout l énorme bouddha central qui date de 1254. On a ensuite filé se poser à l hôtel avant de se relancer à corps perdu dans la ville de Kyoto. Jb Sonsofunderground et benneth ont enfin accepté de nous accompagner moi et Clément Flandrois dans la namco tower, où ils ont essayé de nous prendre à street fighter....en oubliant que la veille on avait débranlé des japonais. On a même pu se barrer en laissant la borne en jeu pour deux gonzes qui ont débarqué, on avait pas encore perdu.

La suite c est un gigantesque concours de circonstances. Les uns voulaient boire un coup dans un pub un peu branchouille, le zaza, sauf qu' au début y avait pas grand monde. Alors on a pris les choses en mains et on a tenté une boîte de nuit, soyons fous, le butterfly. Pas de carte d identité pour benneth, donc on a faut deux groupes: Fay, benneth, ludo et clément sont retournés bouffer de la viande à volonté, mais jb et moi même on a finalement décidé de se confronter à la jeunesse fashionisee de Kyoto. Et ben c était pas triste, y avait rodrigo le brésilien, aya la serveuse absenteiste, une sailor moon des hauts plateaux, un genre de folle avec une grande chaussette et une autre moins grande à carreaux verts et jaunes, des filles de 35 kilos, une anglaise horriblissime à qui je plaisait beaucoup quelle agonie, et du son gros comme un sumotori en fin de carrière. Grandiose.

On a fait la fermeture, on est retournés au zaza pub après une grande conversation dans les rues les moins dangereuses du monde connu (ça c est dingue, aussi...Mais où se cache la jeunesse japonaise délinquante, bordel ?), j oublie mon portable, on fonce à l hôtel, on revient au pub, personne ne me l a piqué donc je le récupère, c est tout juste si tout le bar ne s est pas excusé, je dis ciao à rodrigo, et on va se coucher, il est quatre heures passées. Je tape à la porte, ludo répond pas cette enflure (il devait bien dormir, le ventre tendu), je me fais ouvrir la porte par le réceptionniste. Eau sur la figure, caca, spray de cul, dodo, réveil, bus, Shizuoka, aire d autoroute, brioche, bus, macdo, tour report. A demain ? Y aura un gundam de 18 mètres, un métro compliqué et des achats inutiles, avec un guide de choix en la personne de Giuseppe Di Giorgio. On parie, si vous voulez !
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Day5
publication le : 18/02/2014

Day 5 - Kyoto, jour off, viande à volonté, casse mannequin, bar chelou, Namco Tower, Poséidon et kimono.

C est les vacances ! Le Japon vous savez c est un peu différent de la France. Ça fait grosso modo la même taille mais y a deux fois plus de gens, concentrés dans des villes tentaculaires. En fait Tokyo c est tellement grand que c est quasiment considéré comme un pays dans le pays. Tout ça pour dire qu' une tournée au Japon c est entré 4 et 6 dates, et que du coup, on a deux jours off. La bonne nouvelle, la très bonne nouvelle même pour les touristes venus du bout du monde que nous sommes, c est que ces deux jours off tombent vendredi samedi, et à Kyoto, plus belle ville du monde selon beaucoup de gens, avec plus de cent temples à visiter, des gens en kimono dans la rue, des trucs à voir absolument dans tous les coins, bref, un endroit sympa.

Riche idée devant l'éternel, on est dans un hôtel plutôt cool, situé pas trop loin du centre. Au moins dans celui-là on dort pas par terre, et on a même des kimono planqués dans un tiroir pour se mettre large après une bonne douche. J ai essayé, j ai pas fait de photos, imaginez un judoka allemand en catégorie plus de 100 kgs pendant une année post olympique. Pas hors de forme, mais plus en phase de sèche, et mal, très mal epilé.

Hier c était donc la première de deux grosses journées dédiées corps, âme, portefeuille et ischios jambiers au tourisme. Et ce sera aussi la journée type dont on rêvait avec Clément Flandrois, qui sera l acteur principal de cette aventure kyotoite . Vous savez pourquoi ? Parce qu' il aime les mechas, les jeux débiles, les statuettes et les concepts obscurs à base de magie zarbie et de dragons mécaniques. Bref,lui et moi on est au bon endroit.

On avale un curry avec Benneth Verlay, Jb Sonsofunderground, ludo et les autres, puis avec clément on se casse dans le centre ville pour tripper comme des cons, le plus possible. Et ça commence par la namco tower, un espace de cinq étages dédié exclusivement au jeux vidéos. On a joué à des trucs, les amis....des jeux de shoot en cabine qui t envoie du vent dans le coup quand les zombies font irruption sur l écran (en 3d), au nouveau dbz qui te donne vraiment l impression d'être dans l anime, on a tenté le gundam en immersion dans les grosses capsules mais on a pas réussi à commencer, ni lui, ni moi... ridicule, hein ? Par contre on s est battus en réseau avec des japs à street fighter 4, et ben on a sauvé l honneur de la France parce que c étaient deux mecs qui passaient manifestement leur vie là, et qu' on a bousillé leur ratio de victoires.

Ensuite on a longtemps deambule dans les rues à la recherche de goodies, qu' on a fini par trouver dans une boutique hallucinante. On a bien failli appeler la banque pour faire crédit et tout acheter, j ai vu mon klem avec une réplique du joker dans la main, il avait le front qui perlait comme lors d un après midi en terrasse sur la côte. Chaud, mais raisonnable...il craquera sûrement dans deux jours.

La soirée s'est poursuivie dans un resto génial, ou tu peux manger et boire à volonté pour trente balles. Pas de meuf, donc pas de légumes (cqfd), viande grillée par kilos entiers. On était seize, y avait svart crown évidemment, septic flesh, benneth, Fei, et les italiens d eyeconoclast. On s est massacrés. Mais c'est pas fini.

On a ensuite pris les plus téméraires pour filer dans un bar très chelou, avec une serveuse ultra kawai. Les plus en forme ont foutu la merde bien comme y faut, bon esprit mais bien hardcore. Ils ont réussi à péter en deux un mannequin assez malsain. Moi je suis rentré très vite à l hôtel, satisfait de ne pas avoir dépensé 400 € que j ai pas dans une armure de Poséidon. Sans dec j ai failli. Je sais qu'en mon absence les autres ont croisé un yakuza, que le promoteur benneth à jeté sans le faire exprès un mec dans un panneau lumineux, et que la team au complet à vaguement subi le racisme local parce que oui, chers amis, ça existe. Ici les gaijin (les occidentaux) ne peuvent pas rentrer partout.

J ai quelques photos, dont une très bizarre d une croix gammée gravée dans la pierre au milieu de la ville. Quel pays étrange. Donc vous l avez lu, on a pas vu les temples, c'est prévu aujourd'hui , on ne partira pas sans passer par là que personne ne s inquiète.
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Ranko au Japon - Day 4
publication le : 14/02/2014
Day 4 - Osaka, des mangas partout, un T800, de la soupe, un bar qui voit double, des chiottes turcs et une nuit par terre.

Je me suis fait casser la gueule, c est pas compliqué... Depuis le début on est dans des villes que je qualifierais de normales, comprenez par là pas MONSTRUEUSES, il se trouve, chers amis, qu' avec Osaka,c est plus la même limonade.

La première bonne nouvelle c est qu' on a pas mis une éternité à l atteindre. Je vous en parlais hier, les longs trajets c'est fini. Et c est priceless. On arrive très vite au Namba rocket, un club super qui n a qu' un seul défaut, à tiroirs comme les blagues : des chiottes turcs, et situés en dehors du bâtiment pour que le plaisir soit complet. Dans un pays où faire caca relève parfois de la performance tactique, le chiotte turc, c est un peu comme une moule sur l échelle de l'évolution, c est très basique. Trop. Regrettable...j étais déçu.

Dans notre malheur, très relatif je vous l accorde, une éclaircie de bonheur s'est immiscee : il y a un resto ultra typique juste en face de la salle, le genre d endroit où on ne te propose qu' un seul plat sur la carte, et où tu sais que tu vas manger un machin dont t auras pas la moindre idée de ce qu' il y a dedans. Ceux qui connaissent le Japon vont se foutre de notre fine équipe de globe trotters, n empêche que des ramens, cette soupe avec des pâtes et des bouts de porc découpés au hachoir, moi j en avais vu que dans dragon Ball.

C est juste après ça que les choses vont se passer à fond, en tous cas en ce qui me concerne. J ai eu la lumineuse idée de vouloir trouver un dessert, un truc pas compliqué, juste de quoi finir le repas avec un peu de sucre. Et ben ça s est terminé sur l artère principale d Osaka, où la vie normale de l européen que je suis n a plus cours du tout. Ici c est le Japon des films, le Japon manga à 10 000%, celui ou tu comprends plus rien, ou y a des magasins de modélisme sur cinq étages, des centrales d'achat d informatique avec des démos live d'imprimantes 3d (210 000 ¥), des boutiques qui te vendent des tenues intégrales de méchants de ken le survivant ou des vestes de mel Gibson dans mad max, bref, là, t es plus en France.

Alors je me doute bien que ce sera pire a Tokyo, mais pour un premier contact avec le Japon folklorique, tomber nez à nez avec un t800 grandeur nature ou arpenter la taito game tower, une espèce de bordel de cinq étages avec des bornes d arcade de dingues (l étage musique n'a absolument aucun sens), qui se termine par un complexe dédié aux cosmétiques, en tous cas c est ce que j'ai cru comprendre mais je vous avoue que je ne suis pas certain du tout, ça surprend. Énigmatique au possible. Bon en gros j ai voulu tout faire et tout acheter mais j avais pas le temps.

Le concert en lui même était une bonne expérience. On était bien dedans, aucun souci technique (j en avais eu la veille en cassant le trig de Fotis de Septic Flesh qui me le prête tous les jours), et belle énergie qui a très bien fonctionné sur les nippons. Pour le plaisir j'ai un peu regardé les concerts des autres groupes avec Jb Sonsofunderground, on a d ailleurs constaté que même si seth ne jouait pas beaucoup de basse (c est un running gag, hein, ça....en même temps c est pas faux!), il a quand-même une putain de voix.

Et après, me direz-vous? Et ben après on a fini au rock rock, un bar bar ou quasiment tout le monde à déboulé en même temps et où on a foutu une merde vraiment sauvage. Mais on était dans une ambiance de fête païenne, si vous voulez, avec des bons vieux hits 90's toute la soirée, de la kawaierie dans tous les coins, des gens qui payent des coups a boire parce que t as des chouettes tatouages, et des cabinets à l européenne. Enfin ! Benneth Verlay ca faisait longtemps qu' on l'avait perdu, il s est effondré dans le camion avant les choses sérieuses. Moi j ai fait des danses avec Clément Flandrois, chanté quasiment toutes les.paroles de toutes les chansons devant un mauro mercurio de eyeconoclast qui comprenait pas comment c'était possible. En sortant, y avait de la neige. Il faisait froid. J'ai fini dehors avec des japonais, il était presque cinq heures, j ai perdu tout le monde et j ai bataillé comme un nase avec un téléphone et un taxi monolingue pour trouver l'hôtel, où on dormait quasiment par terre. Ça a l air de finir en eau de boudin, dit comme ça, mais c etait une bonne soirée. Une très bonne soirée.

Là on a deux jours off à Kyoto, on va geeker, bouffer, visiter et glander comme des grosses feignasses, malgré la neige qui a fait son retour cette garce...
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Ranko au Japon - Day 3
publication le : 13/02/2014

Day 3 : Nagoya, des escaliers, une carte postale, un resto gratos, un record d'invincibilité, du jack Daniel's et une grenouille morte.

Menu alléchant, non ? On s est pas ennuyés, à nagoya. La dernière fois qu'on s est parlés le groupe entier caressait les frontières de la déliquescence. Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que j avais si peu dormi remonte à 2005 et à un enchaînement improbable d une session studio pour Artefact le vendredi puis un concert à 130 km de là avec trois groupes différents dans le cadre d'un festival gratuit perdu dans la montagne, tout ça sans voir l'ombre d un lit pendant à peu près 50 heures. Sauf qu'en 2005 j avais 22 ans, que c était l été, et que je suis rentré chez moi le lendemain. Là j ai eu le malheur de croiser mon regard dans un miroir en me soulageant dans une pissoire trop basse, pauvre ami...le désolation de smaug à côté c était le carnaval de Rio. Mort, y manquait que les chrysanthèmes et la veuve éplorée.

Seulement la vie est ainsi faite et ce tour au Japon est à ce moment là au bord de prendre une autre tournure, décisive : finies, déjà, les grandes distances, maintenant on va pouvoir commencer à se détendre un peu. D' ailleurs on va avoir le temps de visiter un truc pas courant, le château de nagoya. Alors le problème avec le tourisme au Japon, c est que quand on aime bien lire les descriptifs sous les tableaux ou les monuments c est mort. Anglais zéro, demerde-toi avec les kanjis ! Donc le château de nagoya c'est super, c'est très beau, c'est entouré d un grand parc, un peu comme au pays de Galles à cardiff...mais vous dire de quand ça date et qui a dessiné les plans, ma foi j'en sais rien. Pourtant je suis allé partout, même dans le truc tout en bois ou il faut enlever ses pompes et qui ressemble aux décors de films genre les vieux Kurosawa. Ultra dépaysant, mais pas très instructif. Je devais acheter une carte postale pour une copine, j ai trouvé, ma pauvre Francesca Garozzo tu vas rien capter. Mais comme j'arriverai sûrement avant la carte je te ferai un topo.

Donc on se détend un peu, les australiens s'étalent comme des merdes devant le palais pour dormir par terre, surtout ceux de fenrir qui se sont vraiment éclaté la tête, et pas encore lavés depuis le début. Surtout un, rebaptisé DEad Frog par Benneth Verlay et Ludo lors d'un éclair de génie conjoint. Ça m est déjà arrivé de poquer du derche, mais là on est dans la violence extrême. Bref tout est plutôt cool, à ceci près que le premier contact avec le club possédé des relents de république tchèque. Des putains d escaliers... heureusement que septic flesh au Japon c'est pas nile en Europe, les gars. Pour le coup on n'a pas trop de bordel à transporter et ça va très vite, le général du tetris Clément Flandrois prend d'ailleurs les choses en mains et trouve les mots pour pousser au cul une sélection cosmopolite de mecs tous pourraves, un défilé de tronches arrachées par un voyage débile mais hélas nécessaire.

Nous on est accueillis par une fan polynésienne qui vit au Japon, dans le genre absurde et inattendu ça se pose là. Elle est super cool, et nous fait plein de cadeaux qui vont revêtir une certaine importance plus tard dans la soirée. Avec Jb Sonsofunderground elle nous offre le resto chinois (et nous permet de commander parce que sans elle c'était langage des signes et prière pour que ce soit comestible), puis déboule avec du Jacko en masse...faute grave.

Moi je commence un peu à déconnecter, faut vraiment que je dorme. Donc là j 'ai un trou noir de quatre heures, la prochaine étape c est short, concert, rangement, et retourner dormir. Et malgré quelques difficultés d organisation, je vais m'y tenir. Mais voyez vous, le plus vieux dans ce package, c est bibi. Et le fait que je tombe le premier n'a de fait inquiété personne, en tous cas pas les autres svart qui ont pris en pleine tronche la nuit de nagoya, entraînés dans une spirale d hostilité festive par un benneth en forme olympique...c est de saison.

Je les ai retrouvés ce matin dans le hall de l hôtel, très fatigués, très organisés (pour preuve un aller retour en taxi, hôtel-salle-hôtel pour retrouver le reste du crew), mais de très bonne humeur. Je sais pas où ils ont trouvé l'énergie, moi j'avais rejoint l'hôtel a pieds la veille et je me suis endormi sur les chiottes, après m' être aspergé la rondelle avec leur étonnant système de nettoyage. J en veux désormais un chez moi, avec les mêmes pictogrammes, et le même tableau de bord. Ça c'est mighty, la tu comprends que t'es loin de chez toi.

Ce soir Osaka, moi je suis prêt au combat, les autres vont se refaire la cerise parce qu'on n'a plus beaucoup de trajet, maintenant. Et puis vous nous connaissez, même en croix avec les yeux au niveau des poils pubiens, on sait encore faire notre job. Y aura pas de problème, et si y en a, ben vous le saurez demain !

Au fait on embrasse tous notre ingénieur sonorisation Tryf Lve Crw, tu serais à ta place ici avec nous, en tous cas mieux qu' à ce carnaval de Nice à la con.
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Ranko au Japon - Day 2
publication le : 13/02/2014

La vengeance du wifi gratos, mais aussi le reste, c est à dire du vomi, de la flûte, une nuit dans un bus, un cimetière et des montagnes partout.

La putain de sa mère, ce live report je l ai déjà fait y a plus de cinq heures...mais comme j'ai loose comme un gros naze, faut refaire. Tablette à la con ! Ici il est sept heures du matin et Jb Sonsofunderground vient de m'apprendre que Vs Greg à pris la délicate initiative de faire vivre ce tour report de l'extrême sur vs webzine, quelle merveilleuse idée je l en remercie chaleureusement, alors que croyez moi, la chaleur, la tout de suite, c est un vague concept lointain. Il fait assez froid pour congeler les vitres du bus, est ce que je vous envoie du rêve ?

Pour vous résumer la journée d hier, elle a commencé par un réveil hyper matinal chez Benneth Verlay, promoteur de son état, qui nous a gentiment hébergés dans la banlieue proche de Tokyo. Trois trains et cinq heures de bus plus tard on déboule à sendai, pour notre premier concert en Asie. Dit comme ca ca n a l air de rien, mais ca nous a quand même fait bizarre.

Comme on connaissait déjà bien les us et coutumes de septic flesh, on savait que leur installation plus leur balance allaient durer la vie des rats, donc on n était absolument pas stressés. On a fait du tourisme, au sens le plus simple du terme. Et le tourisme, souvent, ca commence par une histoire de bouffe. On est rentrés dans un genre de centre commercial comme il y en a tous les trente mètres au Japon, pour essayer de trouver un truc un peu typique. Mais le vrai depaysement à commencé quand avec ludo, pris d'une intense envie d acheter des sonneries, on a tenté l escalator....

La on est tombés nez à nez avec une horde de geeks tarés en train de taper frénétiquement sur des et répliques de tambours traditionnels japonais, connectés à des bornes d arcade qui diffusent de la j-pop en envoyant des milliards de couleurs et des strobs. Violence infinie. Et derrière eux, une immense salle d arcade pleine à ras bord de nerds possédés par le démon, qui jouent à des jeux incompréhensibles, genre une sorte de fifa ou il faut aussi poser des cartes devant soi, ou des jeux de shoot avec des vieux qui volent. Et même des rpg super compliqués avec du texte partout. Avec Clément Flandrois on a claqué 600 yens dans un jeu de shoot hyper hostile, kalach futuriste avec retour de force en mains. Génial.

Dans la foulée j ai pris ludo avec moi pour passer le temps en ville, ca s est fini dans deux endroits stratégiques : un centre commercial démesuré qui vend 200 modèles de casques différents (même des trucs de la marque NEC, souvenez vous, les deux consoles des années 90, la coregrafx et la supergrafx, vintage style), et qui a aménagé un rayon de 80 mètres carrés consacré entièrement au manga GUndam, avec des robots partout, des cartes en pagaille, et des dizaines de trucs incompréhensibles, on commence à avoir l habitude. Tiens d ailleurs on a aussi passé deux minutes dans un genre de casino de jeux, ou l activité principale consiste à taper sur des trucs comme un cinglé en espérant collecter des milliers de billes en acier, le tout dans un bordel sonore équivalent à une fonderie de bronze qui tourne a donf, un truc insupportable ou des mecs hypnotisé s pactisent probablement avec des divinités obscures...sinon je vois pas.

En partant on s est plantés de chemin, et on a atterri dans l autre endroit stratégique, un cimetière. Étrange endroit la aussi, puisque bien qu' il soit à cent mètres de la grouillante ville enneigée, la bas on entend les mouches péter. Et c est très beau, aussi.

Un petit mot sur les groupes, tiens, parce que hier soir on les a découverts. Alors le groupe japonais si je pouvais ne jamais l avoir vu...Un emballage de sweepings tous pourris, on a rien compris et beaucoup ri, un désastre assez funky. Les deux groupes australiens sont assez folkloriques, pour tout vous dire y en a un, fenrir, qui allie peau de loup, flûte traversière, heavy métal et faux sang. Je vous propose d'aller voir ca par vous mêmes. Leur bassiste à vomi dans le bus, mais il a bien bossé, proprement, dans un sac plastique. Et eyeconoclast on connaissait déjà, ca poutre.

Benneth nous a prouvé par a+b qu' on pouvait très bien manger au Japon pour trois balles, grâce a des supérettes qui te micro ondisent des pâtes ou du poulet en barquettes 24/24, ils ont tout compris au commerce de proximité.

La ca fait bien 7 heures qu' on roule, on traverse les montagnes, y a de la neige partout, à côté de moi y a un japonais qui fait plus de bruit en mangeant qu' un sèche mains dyson. J ai mal au dos, sommeil, mais quand je pense à l'endroit d ou je vous écris ca, le pays de ken le survivant, de kitano et du porno pluridisciplinaire, je... je sais pas mais c'est cool. Ce soir nagoya, on se retrouve après, sur vs et ici, à la maison !
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Ranko au Japon - Day 1
publication le : 13/02/2014

Day 1, enfin à peu près, un peu plus: des avions, des repas en masse, et des kanjis partout.

Salut la compagnie. Je suis actuellement dans un bus minuscule, adapté à la morphologie du public japonais, soit en moyenne 70% d un européen. Étant moi même un peu plus grand que la moyenne, c est pas évident, voire très délicat. Mais quand on a vu Prague en février, peut plus rien nous arriver.

Le Japon, donc, quel pays bizarre, ou les gens conduisent avec le volant a droite, ou les filles qui sont jolies sont magnifiques alors que les autres ressemblent à des petits poissons égarés dans l immensité de métropoles tentaculaire, et où les kanjis multipliés à l infini achèvent de faire pénétrer dans ton cerveau que non, les frontières ne sont pas qu' un concept enterré par l ultra mondialisation. Ici, on comprend rien. Absolument rien.

C est parce qu' il faut deux avions pour y aller, déjà. Un premier qui s arrête à Dubaï, sorte d ignominie immorale dédiée à la démesure, l opulence et la vulgarité friquée. Un aéroport immense, et c est que le prénom, ou tu peux t acheter un 4x4 audi entre deux mac arabia, le sandwich local. N importe quoi, cet endroit. Dans l avion c était cool, fly Emirates fait super bien les choses : ludo s est éclaté avec les caméras embarquées qui te montrent ce que voit le pilote en live, Jb Sonsofunderground Clément Flandrois et moi même on a regardé plein de films avec leur base de données assez dingue remplie de bons trucs. Du coup le premier vol est passé assez vite.

Le deuxième c était déjà un poil plus physique. Pour ma part un excellent choix cinématographique à permis de faire passer le temps plus vite. Jb a tenté un live de Justin bieber, mais il s est rapidement endormi en écoutant le même album de pearl jam pendant cinq heures. A l atterrissage, on a très vite compris que le douanier japonais est à son homologue américain ce que diam's est à Michelle Rodriguez : les mêmes fringues mais pas la même mission sur la planète.

On a facilement identifié le promoteur, un mec sympa qui parle beaucoup, français, qui nous a trimballés partout, notamment dans un resto minuscule ou on a bouffé un super curry pour même pas dix balles, et dans un bar mi cave mi glauque ou il a payé son coup. C est dans ce bar que j ai compris un détail important sur le Japon: l encadrement des portes est à 1m85, je vais donc passer dix jours à essayer de pas m ouvrir le front.

Avec ludo on a fait le compte, depuis qu' on est partis on a mangé sept fois chacun. C est a ce moment-là que la charmante épouse japonaise du promoteur, mika, déboule avec du poulet frit et douze kilos de riz. On s est pas démontés. Hyper bon, parfaitement superflu et exagéré, donc forcément indispensable. Après on a pris des douches dans une salle de bains deux pièces, concept inédit pour le petit européen devenu trop grand que je suis.

La concrètement on est répartis dans deux véhicules, un van avec quatre places et un bus de vingt places et quelques, celui d où je vous écris. Mes trois acolytes sont dans l autres, moi je lis so foot tranquillement. J ai déjà acheté le shonen jump de Flo Gimli, que Céleri Dwen ne s inquiète pas je pense à elle et à son porte monnaie ferocement kawai. Flo ca m a coûté deux euros, ne me les rends surtout pas.

Ce soir premier concert à sendai, je vous retrouve après !
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METALLICA ....
publication le : 25/07/2012

Metallica...
Un nom qui résonne comme un symbole. D'ailleurs si on regarde bien autour, c'est l'un des rares groupes à faire figurer le mot "metal" dans son nom. Allez, y a aussi Metal Church, d'accord. Y a des fans de Metal Church ? J'entends rien, y a des fans de Metal Church ?
Bref, Metallica. Le plus gros vendeur de l'histoire du Metal, quinze longueurs devant tous les autres depuis plus de vingt ans et la sortie de ce putain de disque incroyable qu'était le Black Album. L'album de la trahison pour les ayatollahs du riff à 210Bpm en aller-retour, qui n'ont pas supporté que les Mets sortent un 12 titres jouable avec une seule grosse caisse et sans titre instrumental de 8 minutes. N'empêche que ce disque ne vieillit pas, alors que les autres éveillent chez le fan de Metal trentenaire (ou plus) un petit arrière-goût de nostalgie. On a beau dire ce qu'on veut, mais sur Master of Puppets, y a une grosse étiquette de 12m² avec écrit 1986 dessus. Mais c'est pas grave ! C'est la tuerie quand même !

La tuerie, justement....Elle est passée où, la tuerie ? Je sais bien, comme d'habitude, que mon avis ne vaut pas grand-chose, mais comme VS Greg me laisse le donner, je profite de la tribune et je bave sur ce que j'aime pas. Et s'il y a bien un truc que j'aime pas, c'est qu'on se foute de ma gueule, et Metallica se fout de ma gueule. Si encore ça ne durait que depuis quelques années, un album raté, une tournée pas terrible, un concert en demi-teinte avec une place un peu chère...mais ça fait presque 20 ans, sachant que j'en ai 30, je me suis fait une réflexion assez binaire en regardant une vidéo sur youtube la semaine dernière : "j'adore ce groupe, mais depuis que j'aime leur musique, ils ne savent plus la jouer". C'est quand même un comble.

J'ai constaté un truc assez rigolo, à propos de la perception que nous avons, nous tous fans de Metal, de la qualité de ce que proposent les 4 horsemen. Ceux qui ne vont pas voir leurs concerts sont tous d'accord pour dire que c'est parce que ça sent un peu la merde et qu'ils préfèrent rester chez eux plutôt que d'aller voir l'ombre d'un groupe à l'agonie se ruiner la santé sur Battery, et ceux qui payent 80 balles pour se manger 150 000 watts de son dans les dents s'accordent plus ou moins pour souligner qu'en concert, Metallica, c'est génial. Est-ce que c'est du déni ?

Au temps jadis, je vouais une admiration sans borne pour James Hetfield. C'était mon deuxième père, ce mec (en plus il lui ressemble). La meilleure voix du rock, le guitariste rythmique de la mort, les meilleurs riffs du monde, du charisme pour 50. Un totem, un génie, le maître absolu. Mais quand je le regarde aujourd'hui faire semblant de crier, je sais pas, j'ai envie de faire autre chose. J'ai la haine, en fait, je voudrais aller sur scène le menacer avec un gourdin pour qu'il s'énerve un peu. J'en profiterais pour débrancher la Wha-wha de Kirt Arrête, et pour glisser un "prends le pognon mais t'investis pas trop" à Trujillo. Lars ? Lars je lui dis rien, je crois que c'est plus la peine. Même lui il a compris qu'il était à la rue. Et pas la rue en bas de chez lui, il est à la rue dans les quartiers glauques de Bratislava, très loin de San Francisco. De là bas il ne s'entend même pas jouer.

Tout ça pour dire que Metallica m'énerve, me déçoit, me fait pitié, et pire que tout, m'angoisse. Que j'ai l'impression d'avoir un avis objectif là-dessus, mais qu'à côté on me dit à chaque fois "j'étais au concert ça tuait tout", "j'étais aux arênes de Nîmes j'ai pris la fessée de ma vie"...Mais putain il est sorti en dvd ce concert, je l'ai regardé, il est overdubbé de partout, et MEME avec les overdubs, il est moisi ! MOI-SI !!!! Rien que le début, Blackened avec le solo amputé des 3/4 et la partie de double rajoutée à la truelle numérique en post-prod, j'avais envie de balancer une brouette de merde sur mon écran plat.

On fait les comptes ?
Y a eu Kill 'em All, Ride the Lightning, Master of Puppets, ...And Justice for All, soit une unanimité qui a duré de 1983 à 1990 en comptant les tournées.
Puis y a eu le schisme Metallica, ou Black Album appelons-le comme on veut, 1991-1994. On est à 11 ans d'existence, et c'est déjà plus la même. Moi j'adore, mais je suis pas une référence, et y en a beaucoup qui commencent à grincer des molaires.
Et puis on a eu Load, Re-Load, l'album de reprises, St Anger, Death Magnetic, et "last but not least", Lulu...1995-2012, les copains. 17 ans de productions discographiques en demi-teinte, franchement pas terribles, ou carrément à vomir (St Anger, c'est à vomir, quand j'écoute "The Unnammed Feeling" j'ai envie de mourir de combustion spontanée).

Bref, tout ça pour dire que le plus grand groupe de metal du monde m'a fait rêver 30% du temps qu'a duré sa carrière, et que ces 30% là c'est que du "revival", parce qu'à l'époque où James brûlait des scènes rien qu'en posant le pied sur un retour, moi je chiais dans mon short taille 4 ans, et personne ne m'en voulait parce qu'à l'époque, je portais des couches. Et vous aussi, ptète même que vous étiez pas nés.

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Dagoba .... c'est bien !
publication le : 02/05/2012

Heureux de vous revoir, les amis, j'espère que c'est pareil pour vous.

J'ai pas eu de pot dans la vie ces derniers temps, j'ai du coup eu un peu de mal à trouver l'énergie d'alimenter ce blog qui pourtant me tient vraiment à coeur.

Mais le weekend dernier, j'ai assisté à un concert, de manière complètement fortuite, et ce concert a éveillé en moi une irrésistible envie de parler. Parce que c'était bien, et que même si je m'attendais à ce que ce soit bien, je ne pensais pas que ce serait aussi bien. Et je suis sûr que si vous aviez été à ma place, vous auriez pensé comme moi, qui plus est si vous avez le même âge que moi, le même background musical, et la même aversion pour les chants clairs inopportuns.

Pour vous la faire courte (ça va, je déconne), je suis allé voir Dagoba au Divan du monde, dans notre chère capitale de France, en plein Pigalle. Pour ne rien vous cacher, plusieurs facteurs se sont greffés les uns aux autres pour me pousser à franchir la porte de la salle, et à sacrifier le clasico Barça-Real : d'une , j'étais en charmante compagnie, charmante compagnie qui adore Dagoba, et qui déteste le foot (non, ce n'est pas une adolescente). De deux, j'aime bien, moi aussi, Dagoba, et même si je n'écoute pas leurs albums en boucle à la maison, ce groupe ne m'a jamais déçu en concert, depuis les temps antédiluviens où je les voyais arpenter les scènes locales de la Côte d'Azur. Et de trois, je n'avais aucun moyen d'accéder à CanalPlus, donc quand en plus j'ai su que Franky Costanza voulait bien m'inviter, non pas parce qu'il espérait que je parle du concert en bien sur VS, mais juste parce que c'est un type absolument fantastique qui fait partie de mes amis même si je ne le croise que trop rarement, la messe était dite.

Un sms, même pas de négo, y m'a juste dit "je t'invite ça me fait plaisir". Merci, mec. Mais va aussi falloir me divertir, mouahahaha!!!

Dagoba, donc...
Groupe de metal un peu bourrin mais pas trop, tendance néo cybernétique, avec chants clairs épars et rythmiques saccadées un peu plus exigeantes que chez Fear Factory mais à 12 000 km de Meshuggah. Pas le genre de truc qui fait rêver le puriste, que j'essaie vaguement d'être quand il s'agit de metal, parce qu'il n'y a rien de pire que le mauvais metal.

Ben je me suis fait casser la gueule, c'était hyper bien, et je tenais à le dire ici. Même si je savais que Dagoba ça envoyait bien sur scène, je ne me rappelais plus que dans un petit club, ça pouvait être aussi cool. Franchement.

Alors, sur quoi je me base ? Parce que je sais qu'ici, il doit y avoir beaucoup de sceptiques à l'évocation d'un groupe français un peu trendy qui plaît surtout aux 15-20 ans. Si je veux convaincre, y me faut des arguments. Ben, déjà, sans vouloir en faire trop sur le sujet, ils ont un batteur extraordinaire. C'est en général ce qui m'intéresse le plus dans un groupe, c'est pas très surprenant. Ben pour le coup, Franky Costanza, qu'on aime ou pas ses gimmicks, les stick tricks en pagaille, les plans de double qui se ressemblent un peu et l'absence de blasts à 250, ben c'est du très, très lourd. Ce mec joue hyper bien, et mérite largement d'être l'un des batteurs de metal français les plus en vue.

Sorti de sa performance à lui, le reste, c'est vraiment bien fait. Je sais que beaucoup de gens s'en foutent complètement des trucs comme le décor de scène, le headbanging, la propreté du son, etc...

Enfin, s'en foutent...disons que si le groupe est mythique mais le concert moisi, ça reste un bon moment (genre les concerts d'Immortal, ou pire, Venom - je vous vois venir, je ne parle pas sans savoir, j'ai vu les deux au moins une fois, et c'était...pathétique mais bien, ça vous va ?). Bon ben là, Dagoba, c'est peut-être pas un groupe mythique au sens noble, au sens "culte", mais c'est un groupe qui fait fantastiquement bien son travail, qui se fout pas de la gueule de son public. Qui lui joue du gros metal avec un gros son, qui lui fait faire des bravehearts et des circlepits et qui lui gueule dessus.

En fait, ce qui m'a le plus fait plaisir, c'est de voir que pendant 1h20, ça sautait partout dans la fosse et ça chiait sur les quatre coins de la scène. Alors oui, y a des chants clairs...mais si on enlève les scènes d'exposition dans les films de cul, on ressent moins la puissance du message, vous voyez ce que je veux dire ? Même dans "Reign In Blood", la chanson, y a un passage un peu moins bourrin.

Je demande pas à tous ceux qui détestent Dagoba de retourner leur veste à patches, il en faut pour tous les goûts, et les miens sont extrêmement discutables (Michel Delpech, pour ceux qui étaient là la dernière fois...). Mais si vous tombez sur ce groupe en train de jouer "White Guy" dans une salle ou un festoche, vous aurez peut-être un élément de réponse à la question "mais pourquoi ce truc marche aussi bien?" Parce qu'ils sont bons, tenaces, et qu'ils honorent leur part du contrat : j'ai été diverti, moi comme les autres.
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Des Communards à Morbid Angel...
publication le : 06/03/2012

Je ne sais pas pour vous, mais moi, (je parle de moi, c'est mon blog, je fais ce que je veux!), j'assume mes goûts. À 10 000 %. Tellement qu'il m'arrive de devoir me défendre, parce qu'on se fout de ma gueule au motif que dans mon lecteur Mp3, ça manque de Cannibal Corpse et de Sopor Aeturnus, de Necrophagist et de grindcore US, et je crois que je n'y ai même pas mis le moindre album de Behemoth. Sacrilège !

Il faut dire que la plupart du temps, quand je me trimballe avec ce lecteur Mp3 et que les gens s'intéressent à son contenu, c'est que je suis dans un camion ou un tour-bus, avec Svart Crown. Avec des jeunes, donc, qui sont très au courant de ce que propose la scène metal extrême, et qui découvrent sans arrêt des tas de trucs nouveaux qui déchirent. Alors entre deux aires d'autoroute, ça blaste à mort, ça beugle, ça gruike, ça torpille du riff à 260, sauf quand un truc ultra lent, genre The Secret, vient troubler le déferlement continu. Et en général, quand ils ne savent plus quoi écouter dans le camion, ils mettent un album de Kickback, et on n'en parle plus. Violence, destruction, décadence. Efficace, et vachement bien, me faites pas dire ce que j'ai pas dit.

Seulement, moi, des heures et des heures de Naglfar entrecoupées par un peu de Marduk ou d'Arkhon Infaustus pour l'originalité, ça pourrait, peut-être, à terme, me tuer. Si, si, je vous jure que j'exagère à peine. Alors je me mure dans un coin, un gros casque sur les oreilles, et j'écoute ce qu'on appelle communément dans les milieux autorisés comme le notre....de la merde. Busta Rhymes, Eminem, Christina Aguilera quand il fait beau, de la variété française dans laquelle je fais à peine le tri (même Sardou, voire Gérard Lenorman quand je pousse le curseur de la tolérance à fond), et dans le pire des cas, Tangerine Dream, groupe que je conseille à toute personne désirant achever en moins de quinze secondes de faire partir un nombre exponentiel de personnes de son logement en fin de soirée. Tangerine Dream, c'est un peu le mariage parfait entre une machine à laver, un orgue Bontempi, une station d'épuration en fin de vie, avec un cerveau malade en guise de maître à penser. Bref, c'est merveilleux. Zeit et Rubycon, les deux meilleurs albums, pour ceux que ça intéresse.

Si je vous parle de ça maintenant, c'est un peu pour évacuer un trop plein de stress. Parce que je rentre d'une tournée de 25 dates en Europe, et que des concerts de death metal, en plus des miens, j'ai dû en voir une soixantaine. Il va me falloir deux semaines de break avant de pouvoir entendre une partie de double triggée. Hostile. Vous aussi, vous en auriez marre !

Voilà, les amis, c'était juste un petit état d'âme, pour vous dire que même si j'adore les Aborted et autres Benighted, par moments j'ai besoin de reposer mon cortex cérébral et de m'envoyer un petit Communards bien moisi dans les oreilles. Et selon les circonstances, c'est plus sympa que Morbid Angel. Et comme Greg aime bien les débats, je vous invite, vous aussi, à faire votre coming-out musical, histoire qu'on se détruise vite fait bien fait entre nous une fois pour toutes. Non parce qu'autant Michel Delpech ou ABBA c'est cool, autant Daniel Guichard et Imagination, c'est vraiment tout pourri.

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