MASTER MASSIVE - The Pendulum (ViciSolum) - 26/08/2015 @ 07h30
Aussi incroyable que cela puisse paraître, la gestation de « The Pendulum » s'est étendue sur plus de 20 ans ; le projet de réaliser un opéra heavy metal a en effet démarré aux alentours de 1993, sous l'impulsion du chanteur et guitariste suédois Janne Strandh. Si ce n'est une cassette 6 titres enregistrée au milieu des années 90, la carrière de Master Massive est restée vierge jusqu'en 2015, Janne s'occupant entre temps avec quelques autres formations dont Sobre Nocturne (doom orchestral et lyrique) et Twilight (que l'on connaît désormais sous le nom Beyond Twilight).

Qui dit 'opéra metal', dit 2 facteurs indissociables à ce genre d’œuvre ; « The Pendulum » est d'une part un joli pavé de 70 minutes et voit d'autre part la présence de multiples invités. Gourmand mais pas trop, Janne n'a pas sollicité de noms célèbres de la scène (comme le fait Tobias Sammet avec Avantasia par exemple) à l'exception -et encore c'est pas le cogneur le plus connu qu'il soit- de Petter Karlsson, notamment ancien Therion et Diablo Swing Orchestra, qui tient les fûts sur l'intégralité de cet album. Sur la pelleté de chanteurs guests, notons la présence d'un ancien Lion's Share et d'une ex-session studio et live de Therion, Katarina Lilja (que l'on peut entendre sur l'album "Gothic Kabbalah" et le "Live Gothic" paru quelques mois plus tard).

Conceptuellement avec « The Pendulum », le groupe a souhaité évoquer le sentiment d'anxiété qui découlerait de tous les changements négatifs que subit notre monde. D'après la trame de cet opéra, un seul individu a le pouvoir de changer le destin de la Terre ; il est ainsi question de la survie de notre planète, si je devais synthétiser (très) grossièrement.

Pas moins de 8 chanteurs différents intervenant sur la bagatelle de 17 titres (dont 4 interludes), offrent un album diversifié, riche en ambiances, les plans mélodiques voire acoustiques que sont « Dear Aaadham » et « Broken Hearts » (sur ce dernier la guitare est accompagnée par des luths dont un théorbe) côtoyant des passages plus mystiques et folkloriques, « The Monastery » (et ses 2 premières minutes gonflantes) qui voit la présence d'un Tournebout, instrument de musique à vent faisant partie de la famille des hautbois, et le captivant « Hymn to Yellowhawk », surtout sa première moitié orientée heavy/rock psychédélique. La multitude de vocalistes donne de la profondeur aux compos, travaillant en chœurs ou se donnant la réplique (« Wishing Well » et son tempo légèrement doom laisse une bonne impression), essayant de trouver l'harmonie avec le propos musical, à l'image du plus sombre « Dark Prophecy » aux intonations vocales peu réjouissantes, précédant un « Showdown » qui affiche au contraire un certain dynamisme à l'aide de sacrées envolées dans les aiguës, le tout sur la base d'un heavy/power plus tranchant. Malgré ses airs grandiloquents, la musique de Master Massive ne repose pas sur une quantité significative d'orchestrations et autres nappes de claviers qui viendraient la 'gonfler' et la rendre indigeste.

Le groupe ne cherche pas spécialement la simplicité pour autant, passant d'un premier véritable titre catchy (« Time Out of Mind » qui exploite des riffs solides) à de suite la pièce la plus longue, « Four Dreams », culminant à 8 minutes ; aventureuse, bien ficelée avec ces claviers et bruitages discrets, et une basse revigorante, cette composition est un peu gâchée par des intonations haut perchées linéaires, à l'opposé du travail abattu par les guitaristes et le batteur, pas là pour se contenter du minimum. Placé aussi tôt était un peu risqué, il ne manque pas grand chose à ce morceau pour être un petit bijou. Si la basse a un apport non négligeable sur « Four Dreams », elle transcende pour ainsi dire le mid-tempo correct « Eye of Silence » et lance parfaitement le remuant « The Media Palace » (inspiration Steve Harris clairement identifiée) qui vient faire suite à un long et ennuyeux « Sovereign Power » (près de 7 minutes d'un heavy pataud et peu inspiré).

Vous l'aurez compris, « The Pendulum » alterne le bon et le moyen, possédant 2-3 titres de trop pour faire de cette sombre prophétie un must dans le domaine de l'opéra metal. Mais les intentions sont à louer et le résultat globalement positif. En même temps après toutes ses années, il valait mieux que le projet soit à la hauteur.



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Rédigé par : gardian666 | 14,5/20 | Nb de lectures : 7385




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