ZATOKREV - Silk Spiders Underwater (Candlelight) - 29/06/2015 @ 08h00
Le son de Silk Spiders Underwater est herculéen. Une fois le casque placé sur les oreilles, le monde environnant n’existe plus, même la qualité de composition est laissée au second rang. Une fois n’est pas coutume, la Suisse monte sur la plus haute marche du podium dans le milieu fermé des productions qui comptent, celles qui ont une résonance bien à elles. Le son y est massif, noir, mais élégant. Il est cristallin tout en écrasant son auditeur. Il sied à merveille cet univers à cheval entre le doom et le sludge, et ses incorporations post-hardcore sorties tout droit des albums de Neurosis n’en sont que plus mises en valeur. Et Dieu sait qu’une prod’ suisse, et donc locale pour Zatokrev, convient aux assauts de leur quatrième opus.

Dans le panorama de ces 8 longs morceaux où aucun ne descend sous la barre des 6 minutes, Zatokrev prend le temps de poser une ambiance propre à chacun d’entre eux et de s’autoriser différentes structures pour ne jamais être redondant. Aucun morceau n’empiète sur le précèdent ou le suivant, pourtant ils semblent tous retranscrire une histoire commune. Rythmique carrée, frappe précise du batteur, riffing saccadé, basse vrombissante forment un tout homogène à la qualité maintenue sur (presque) toute la longueur, où chaque note compte. Chacune d’entre elles impressionne et a un réel impact. Plus rugissante qu’agressive, la musique des bâlois est détaillée, le combo mise son travail sur les arrangements emmaillotant bien chaudement les climats obscurs et classes qu’ils développent. Silk Spiders Underwater n’offre cependant pas la rage à fleur de peau de Neurosis, clairement la première source d’inspiration pour Zatokrev (et de nombreux groupes suisses en règle générale). Et même si elle n’en reste pas moins de forte obédience neurosisienne, cette nouvelle récolte reste originale et singulière, et surtout est de très bonne facture. Ecoute les brûlots Swallow the teeth, Discoloration, They Stay in mirrors, The Phantom, ou encore Bleeding Island, pour t’en convaincre.

Très impressionnant aux premières écoutes, l’album rentre dans la norme par la suite. Certain titres sont moins percutants que d’autres, tels les 8:18 minutes de Loom et son faux-rythme fâcheux, suivi de Brick in the sky qui ne décolle lui non plus jamais vraiment. Quelques passages manquent parfois de mordant en n’administrant pas la claque espérée, que la prod et la composition devraient pourtant amener à un niveau supérieur. Tout est là pour exceller, mais dans le combat qu’il mène avec son auditeur, Zatokrev met des petites claques sur la joue là où le poing sur la pommette serait de rigueur. Le chant de Frederyk Rotter n’est pas omniprésent et sait se faire désirer, l’instrumental s’adjugeant une belle proportion de ces 65 minutes. Il pose sa voix au moment opportun en laissant vivre la musique, qui se suffit à elle-même.

Combo à la reconnaissance confidentielle, il n’en reste pas moins pourvoyeur de sonorités trippantes, et ce quatrième album à la production/composition/exécution béton comptera cette année. Silk Spiders Underwater est de grande qualité, aidé par une foultitude de petites attentions marquantes. Si tu ne connais pas Zatokrev, c’est le moment de se lancer.





Rédigé par : Bras Cassé | 16/20 | Nb de lectures : 8476




Auteur
Commentaire
Mogtesquieu
Membre enregistré
Posté le: 29/06/2015 à 19h48 - (117131)
Tombé dessus en survolant Candlelight records
La grosse mandale suisse !
Je recommande pour tout fan de sludge avec un petit arrière goût de Neurosis sur la voix !



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