YOUNG AND IN THE WAY - When Life Comes To Death (Deathwish) - Selection VS du 10/10/2014 @ 07h48
Le monde des bons disques se divise en deux catégories: ceux qui t’éclatent dès la première écoute mais ont un peu de mal à tenir la route sur la durée et ceux qui demandent des dizaines d’écoutes avant de révéler leur puissance. Puis, catégorie à part, il y’a les Grands disques, ceux-là combinent les deux précédents. Tu les a dans la peau après une première écoute et ils se révèlent après, dix, vingt, cinquante, cent écoutes. « When Life Comes To Death » est de ceux-là. Un grand disque, le genre qu’on va retrouver en fin d’année quand le temps de faire les traditionnelles listes sera venu. Celui qui va squatter la platine, grillant la politesse à tout un tas de trucs achetés beaucoup plus récemment mais qui ne parviendront pas à le déloger. C’est ça un grand disque.

J’ai découvert le groupe lors de son split avec Withdrawal, que je m’étais procuré exclusivement pour ces derniers, et déjà ils donnaient dans la raclée façon loubards teigneux. « When Life Comes To Death » vient confirmer tout ça. La première impression sur l’album vient de la pochette. Magnifique tout autant qu’agressive, elle va nous suivre tout au long de l’écoute car on a l’impression pendant quarante-six minutes durant que Kable nous braille dans les oreilles en nous mettant son couteau sous la gorge. Niveau tension et malaise on est bon, on a envie de tout sauf de déconner avec ces types là. Surtout que dès les cinq premières secondes tout est joué, on sait qu’on ne pourra pas lutter et qu’on va se prendre cette lame turgescente dans l’oreille. Qu’on n’aura pas le choix mais qu’on va aimer ça. Un cri qui n’a plus grand-chose d’humain hurle « When Life… Comes To Death ». Dès cet instant, t’es foutu mon gars. Les quatre guerriers de Charlotte ne sont pas venus la pour tailler des pipes ou pour beurrer des sandwiches. Ils sont plutôt venus pour niquer ta mère.

Basiquement, YAITW, donne dans le blackenend crust/core mais avec une identité hardcore plus prégnante que beaucoup de ses petits camarades. Les rythmiques et patterns de batteries sont résolument punk et hardcore, suffit de prendre ces belles petites partie two-step sur « Self Inflicted » par exemple. Et sur beaucoup d’autres morceaux aussi d’ailleurs. Bon calmons-nous tout de même, YAITW n’est pas subitement devenu Sick Of It All, ça reste très sale, très noir, très violent mais tout de même, le groupe à conservé cette immédiateté, cette ligne directrice claire que possèdent les groupes de hardcore ou de crust. Pas besoin d’en faire des tonnes, de créer un milliard d’atmosphères différentes, la rage et la haine qui suinte de chaque riff suffit largement à créer une ambiance sordide. « Love and Unwanted » sonne comme un titre punk déglingué, désespéré, nihiliste et joué avec des ponceuses à la place de guitares quand « We Are Nothing » rappelle par moment le « Monotheist » de Celtic Frost de par la noirceur, l’impression de vide, de souffle de mort qui souffle sur ce morceau. YATIW est une bande de loubards satanistes prêts à te crever au coin d’une ruelle à coup d’opinel, te suriner à coup de canif avant de te sacrifier au Malin. Ils aiment aussi flirter avec le grindcore ou le black le plus furieux sans jamais vraiment faire du black car YAITW reste foncièrement hardcore, metal façon Ringworm, Thrap Them, Pulling Teeth mais avec un vrai côté démoniaque en plus. Tu peux toujours sentir le souffle méphitique de Satan dans ta nuque.

La production est bonne, puissante tout en restant organique et vivante. La saleté, la sueur et le sang, voila le goût de cette production. Sur un titre comme « Shadow Of Murder », YATW fait planer l’ombre d’Integrity qui mieux que personne avait le chic pour composer des ballades acoustiques de fin du monde funeste et désenchantée. On pense que ce sera le point final d’un disque en tout point remarquable mais non, pas déjà, pas tout de suite, avant il faut encore prouver qu’on peut être black metal avec un titre de neuf minutes qui va venir finir le disque et ôter les dernières petites lueurs d’espoir. Cette fois, ça y est c’est fini, la nuit est tombée pour de bon.
«On est au cœur du Mal, Carpentier.»



YAITW bandcamp. - 167 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 18.5/20 | Nb de lectures : 12940




Auteur
Commentaire
gloom
IP:193.57.67.241
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 08h23 - (113933)
un album viscéral, profond, chiadé, puissant et grandiose !

Shadow of Murder est à chialer, magnifique !

un des best 2014 clairement !

Velvet Kevorkian
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 08h58 - (113934)
Faut que je jette mes oreilles là-dessus, ça donne envie.



veliki circus
IP:80.215.196.145
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 09h12 - (113936)
Enorme album ! Peut-être mĕme ce qui se fait de mieux en black hxc aujourdhui.

Mode ou non, derrière ça pousse avec de tres bons albums de Protestant, Oathbreaker et Bastard Feast.

Cursed peut etre fier de sa descendance!

Goats
IP:90.39.148.70
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 10h44 - (113940)
Un bon album ou le groupe appuie fortement son influence black metal ici...
Une sorte de Watain (vu que le groupe assume en gros cette influence) combiné à la sauce crust !!!

DeathCrumble
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 11h44 - (113941)
Putain d'album, il tourne très régulièrement depuis que je l'ai recu. Comme le dit veliki circus, c'est surement ce qui se fait de mieux en Blackened Hardcore aujourd'hui. Sinon une tournée Celeste/YAITW/This Gift Is A Curse ca aurait une sacrée geule non ?



daminoux
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 13h06 - (113949)
trés bon disque. avec un petit virage black athmo... je ne peux que conseiller le reste de la disco du groupe. écouté le reste du groupe de leur collectif AC//13 ayr(black athom) et Worsen



BigBen X
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 13h44 - (113951)
Wow merci pour la découverte, quelle baffe!



Phlogiston
IP:176.189.67.14
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 13h51 - (113952)
C'est louche, pour moi c'est du black. En tout cas très efficace !

Paul
IP:69.163.40.159
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 19h13 - (113956)
Ca casse pas des briques. HxC pollution ? En tous cas rien de bien violent...

Hans
IP:144.76.99.163
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 22h05 - (113957)
Ridicules.

CROM
IP:90.42.234.246
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 22h33 - (113959)
tuerie

Ritchie
IP:213.251.182.10
Invité
Posté le: 10/10/2014 à 22h42 - (113960)
Mou et bien boutonneux

Jus de cadavre
IP:109.218.251.234
Invité
Posté le: 11/10/2014 à 13h51 - (113965)
La vache bonne découverte là ! Bien viscéral en effet !

Poney
IP:174.93.198.127
Invité
Posté le: 11/10/2014 à 18h37 - (113968)
J'ai mis un peu de temps à rentrer dedans mais maintenant il tourne très régulièrement. Ma plus grosse critique va à l'encontre du morceau acoustique qui est peut être un poil trop long et brise la dynamique avant la dernière piste. Mais sinon c'est du tout bon.

gothenburg
Membre enregistré
Posté le: 12/10/2014 à 00h49 - (113969)
les promesses de l'ombre

AegoroN
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2014 à 07h29 - (113977)
Je ne suis pas forcément mordu du style, mais peut-être cet album m'a-t-il davantage touché parce qu'il lorgne davantage du côté Black que du côté Hardcore, contrairement à beaucoup de groupes affiliés au même courant (amusant que le chroniqueur ait le sentiment que ce soit exactement l'inverse).
Je retrouve ici beaucoup du URGEHAL de "Goatcraft Torment", et les quelques incursions "Orthodox" et Hardcore "new school" (celui des années 2000, quoi) sont plutôt bien intégrées.
Voilà donc un groupe qui semble avoir brillamment digéré ses influences pour recracher un magma bouillonnant mais suffisamment bien dirigé pour faire mouche.

C'est vrai qu'il y a un côté très "acnéique" là-dedans (ce nom de groupe, ces titres de morceaux, cet ersatz d'AGALLOCH vers la fin de l'album...) ; il manque probablement la part de cynisme qui apporterait la profondeur nécessaire à un album de musique extrême susceptible de marquer son époque ; mais c'est précisément ce qui sert le propos : une explosion de colère si puérile et délectable que je n'envisage que le suicide ou le jazz pour ses géniteurs d'ici dix ans.

Maxgrind
IP:83.195.81.85
Invité
Posté le: 13/10/2014 à 10h42 - (113979)
Ce que je retiens :

Il y a Rick de The Walking Dead au chant et le sosie de Nick Barker à la batterie...

Et plus sérieusement, ça défonce sec. Je trouve également le chant très proche de Baptists.

Merci pour la découverte.

CROM
IP:90.42.177.113
Invité
Posté le: 15/10/2014 à 19h32 - (114023)
Baptists est plus crust à la mode du moment.

DarkCed
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2014 à 21h29 - (114026)
sympa le dernier Watain.

Sans déconner, crier au génie pour un rip off de base...jusqu'au site web, les mêmes poses sur les photos de groupes, le logo..

Bon ça s'écoute quand même bien, mais ce serait bien d'écrire des riffs maintenant.



noohmsul
Membre enregistré
Posté le: 26/01/2015 à 12h56 - (115519)
Même avis que DarkCed. Ca s'écoute très bien, mais le groupe mise tout sur son hyper efficacité. Au delà de ça pas grand chose à retenir; le côté black est un rip off de Watain et il n'y a aucune recherche de composition.
"ce serait bien d'écrire des riffs maintenant" +1



Mariolle
Membre enregistré
Posté le: 29/01/2015 à 17h09 - (115542)
On verra sur le long terme quand même. Mais tout aussi appréciable par salves que NAILS.



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