WOLFHEART - Shadow World (Spinefarm) - 28/08/2015 @ 07h16
Au début de l’année, je déclarais à la fin de ma chronique de la réédition de Winterborn que le fait que WOLFHEART devient un groupe à part entière après avoir été le one-man band de Tuomas Saukkonen (qui pour rappel avait à ce titre arrêté tous ses autres projets et groupes dont BEFORE THE DAWN et BLACK SUN AEON) allait donner un coup de peps bienvenu à la musique Saukkonenesque de ce projet. Quelques mois plus tard, force est de constater que je ne me suis pas trompé (ouais, je me jette des fleurs tiens, et puis des fleurs, ça fait mélodoom), Shadow World surpassant son prédécesseur assez dispensable, et revenant presque aux meilleures heures de BLACK SUN AEON, tout en montrant que Saukkonen a encore des choses à dire finalement. Je commence par la conclusion mais attardons-nous un instant sur le line-up de WOLFHEART v.2015, Tuomas Saukkonen reste au centre de tout mais a abandonné la batterie au profit de Joonas Kauppinen (DISEASE OF THE NATION, ex-BEFORE THE DAWN), partage la basse avec Lauri Silvonen (des confidentiels CASKET et DEATH CONFRONTING), et laisse la guitare lead à Mika Lammassaari (ETERNAL TEARS OF SORROW, MORS SUBITA). Tout ça pour un résultat donc mieux troussé que Winterborn, même s’il n’y a rien de surprenant pour ce mélodeathdoom typiquement finlandais.

L’art de WOLFHEART est donc toujours partagé entre rythmiques modernes et leads mélodiques bien cristallins, hérités de la scène finlandaise mais aussi de SLUMBER. Saukkonen growle comme à son habitude, explorant parfois des registres plus aigus, et des blasts se font entendre tout autant que des grattes acoustiques. Shadow World montre une fois de plus que WOLFHEART se situe dans la continuité de BLACK SUN AEON, en plus direct et sans chant clair, sans grandes influences BEFORE THE DAWN. Et donc, si Shadow World surpasse son prédécesseur, c’est parce qu’il est plus inspiré et moins poussif, mieux produit aussi, même si le mix de rythmiques demeure parfois chaotique. La production met d’ailleurs, en plus du chant toujours prenant de Saukkonen, en avant les leads et mélodies, et le moins qu’on puisse dire c’est que Mika Lammassaari apporte un gros plus à WOLFHEART tant ses leads sont inspirés, certes peu originaux, mais particulièrement beaux et gracieux, ajoutant un petit côté épique à la musique des finlandais par moments. Si les 8 morceaux proposés sont sans surprises, hormis le final libérateur "Veri" chanté en finnois, il n’y a pas vraiment de moments faibles ou de grosses longueurs comparé à Winterborn qui souffrait clairement de son côté poussif et attendu. D’ailleurs je mets en lumière l’excellent "Abyss", parfait de bout en bout, doté de rythmiques cossues et de mélodies très accrocheuses pour un ensemble hyper fluide, voilà le premier véritable tube de WOLFHEART qui rivalise sans mal avec les meilleures compositions de BLACK SUN AEON.

Du reste, il n’y a donc rien de foncièrement remarquable surtout quand on connaît le Saukkonen-Metal, mais Shadow World n’en est pas moins appréciable. WOLFHEART sait bien débuter ses albums et le single "Aeon of Cold" succède de bien belle manière à "The Hunt" sur l’album précédent, tout WOLFHEART est là-dedans (et même le côté blastant voire Black ressort bien). Ensuite le groupe trouve rapidement son équilibre entre son léger côté « extrême » et l’apport des mélodies, Shadow World est à nouveau un peu linéaire certes mais contrairement à Winterborn, on ne s’ennuie pas, et encore une fois Mika Lammassaari est là pour relever le tout grâce à quelques solos bien sentis, en témoigne "Zero Gravity". "Storm Centre" est assez monumental par moments, "Resistance" est très efficace, "Last of All Winters" est peut-être un peu moins marquant et "Nemesis" légèrement convenu, mais le bilan général est plus que satisfaisant sur le fond et sur la forme. En l’état, les 3 albums de BLACK SUN AEON (et en particulier Blacklight Deliverance et le meilleur de Routa) sont inatteignables, mais Saukkonen avec ses nouveaux camarades de jeu a fait de beaux efforts pour se hisser à nouveau à son meilleur niveau. Encore une fois, Shadow World c’est du pur Saukkonen-Metal à chaque instant et il n’y a aucune nouveauté à signaler, si ce n’est une plus forte emphase sur les mélodies grâce à Mika Lammassaari, mais les fans seront conquis et ceux qui ont découvert l’univers de Tuomas Saukkonen grâce au premier album de WOLFHEART y trouveront largement leur compte, pour ceux qui étaient restés sur BLACK SUN AEON et en attendent toujours plus c’est à voir, mais avec des accompagnants de talent, Saukkonen et WOLFHEART retrouvent une bonne forme.




Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 8199




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