WOLAND - Hyperion (Indie/Season of Mist) - 18/04/2014 @ 08h06
Voilà un newcomer très croustillant déniché par Indie Recordings. Pas de Norvège ce coup-ci, mais de Finlande. Mais WOLAND ne va pas se draper d’un apparat géographique et va avec Hyperion développer sa propre vision au sein d’un Metal plutôt personnel. Avec sa pochette faisant penser de loin à celle de Blackjazz de SHINING, WOLAND ne va pas pourtant se poser comme une formation barrée ou avant-gardiste, juste proposer un Metal particulièrement addictif. Ce quatuor existant depuis 2010 qui compte dans ses rangs le chanteur de CAVUS (groupe de BM qui avait sorti un album en 2010 sur Listenable Records) n’est pas franchement facile à cerner. Ce qui semble clair, c’est que nous sommes dans une optique BM, mais bien loin de la scène trve de Finlande genre SARGEIST et compagnie peinturlurée. Avec les splendides photos promos où les membres du groupe aux cheveux longs bien Metaaaaal et tout vêtus de noir, posent dans les tréfonds d’une boîte branchée avec des nénettes pas piquées des hannetons et courts vêtues, on semble œuvrer dans une sorte de satanisme moderne et 2.0. Mais les paroles très imagées ne nous permettent pas de tirer des conclusions sur le message caché du groupe. WOLAND semble opter pour une certaine décadence, mais à sa manière, jusque dans la musique.

Si je devais définir la musique de WOLAND, ça serait par le sobriquet de « Black’n’Roll progressif ». Car oui, les finlandais donnent dans du Black qui fait taper du pied tout en proposant des morceaux florissants et très travaillés. L’on peut y trouver du SATYRICON période Now, Diabolical mais aussi un peu de VREID, qui aurait trop écouté certains morceaux de CHTHONIAN, THE INIQUITY DESCENT ou MAGENTA HARVEST. Des compatriotes mais aussi les groupes de Matthias « Vreth » Lilmåns de FINNTROLL, qui se fend d’ailleurs d’un guest sur le morceau "Art of Ascension", d’ailleurs c’est surtout pour ça que j’ai pensé à ces groupes (même si la proximité musicale existe bien) parce que sinon, WOLAND ne m’évoque rien d’autre, si ce n’est parfois du WANING en moins froid et apocalyptique. Ce qu’on retient, c’est la dureté de certains riffs, ne partant jamais dans des frénésies Black, et le jeu de batterie archi-efficace qui ferait taper n’importe quelle paire de pieds en rythme au bout de quelques secondes. Un Black’n’Roll décadent qui est magnifié par les autres facettes des finlandais, mélodies, claviers, passages plus incongrus, breaks et moments de grâce plus progressifs. WOLAND pourrait être analysé et décortiqué pendant des heures, ce qui en ressort surtout c’est que Hyperion est un disque qui sait se montrer accrocheur dans ses grandes largeurs, grâce à un ensemble musical qui prend vie dans un BM moderne et groovy.

Hyperion se partage nettement entre morceaux qui savent te faire headbanguer et taper des claquettes en deux coups de caisse claire et trois assauts de médiator, et plages plus travaillées qui montrent que WOLAND n’est pas non plus là pour faire une ode à la simplicité, et surprend là où ne l’attendait pas. "Conquer All" est pourtant une présentation toute en douceur pour nous faire découvrir l’art des finlandais, rythmiques efficaces alternant avec des montées en puissance appuyées par les claviers, le tout avec quelques riffs incisifs et un chant rocailleux offrant quelques variations bienvenues dès que la musique l’exige. Mais par la suite WOLAND sait pondre du tube grâce notamment à l’excellent "Art of Ascension", qui sait embarquer l’auditeur grâce à des subtiles mélodies mais aussi des riffs et patterns de batterie Black’n’Roll de premier choix, en plus d’un refrain joliment mené et d’un solo génial. Le meilleur reste pourtant à venir grâce à ce hit qu’est "None", d’ores et déjà l’hymne de WOLAND, avec ses riffs vicieux tout du long et surtout son chant au top qui entonne un fédérateur « We are one ! We are none ! » sur fond de trémolos. Tout ceci nous présente l’aspect le plus direct de la musique de WOLAND qui pour le reste, est tout de même assez touffue. "Living Water" demeure groovy mais le tempo est plus posé, et le groupe se fait plaisir avec plus de mélodies mais aussi des breaks où grattes acoustique (légèrement typée flamenco comme annoncé dans nos news) et lead (pour un solo magnifique) se mettent en valeur. Ensuite, si le début de "Ecstasy and Rapture" est résolument Black’n’Roll, avec un chant assez étrange d’ailleurs (genre « désolé j’ai vidé toute la bouteille de Jack »), la rupture à 5’00, après un nouveau solo somptueux et un break ambiant, va faire prendre une toute autre tournure à Hyperion : WOLAND nous offre alors des énormissimes parties épiques, avec des montées de guitare très prenantes. Le morceau est d’ailleurs agrémenté d’une intervention en chant clair de Geir Bratland (claviériste de DIMMU BORGIR) mais ce n'est rien à côté de "Live Forever", l’autre piste forte de Hyperion. Le départ et le final épique du morceau sont sensationnels et ce qu’il y a entre démontre toutes les qualités de WOLAND, entre rythmes Black’n’Roll accrocheurs, breaks bien pensés (ici une démonstration de piano) et mélodies bien menées, ici sous forme de trémolos à couper le souffle.

"Elevated Existence" clôt Hyperion de manière plus classique (presque un résumé de l’album entre son début archi-Black’n’Roll et ses passages à nouveau épiques) mais avec classe, pour un groupe finalement assez classieux. WOLAND semble desfois se répéter, mais sa formule est déjà assez aboutie et fonctionne du tonnerre. Il reste une petite marge de progression et quelques points de forme à améliorer, la prod me semblant un peu abrasive pour un groupe si moderne et propre sur soi, avec des guitares crachant un peu parfois, et une batterie qui claque un peu trop même si cela appuie les terribles rythmiques Black’n’Roll qui font le sel de Hyperion. Hyperion qui quoi qu’il en soit est déjà très réussi, un premier album en forme de révélation pour un groupe qui a déjà son style bien à lui. Groovy et épique à la fois, WOLAND est particulièrement addictif et cet album est du genre à squatter une platine en minimisant l’effet de lassitude grâce à des compositions ultra-accrocheuses et un ensemble finalement assez original. Un Black Metal 2.0, mais différent de ce qui passe dans Tracks. Un excellent album de Black’n’Roll progressif pour un groupe qui a vite acquis toute ma sympathie, aussi grâce à son goût pour les jolies filles qui magnifient ces photos promo racoleuses et provoc mais géniales. Raaaah lovely.



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Rédigé par : ZeSnake | 16/20 | Nb de lectures : 12466




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Commentaire
Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 20/04/2014 à 22h08 - (111835)
Bon, ben, celui-ci, j'ai bien l'intention de mettre la main dessus, un de ces jours... (Par contre, certaines photos promo font tout de même "magazine de mode"... :))

Zomben
Membre enregistré
Posté le: 30/04/2014 à 21h00 - (111980)
Excellente découverte! Par contre l'imagerie fait un peu too much... pourtant c'est suffisamment intéressant musicalement pour pas avoir besoin de racoller.



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