WISHBONE ASH - Elegant Stealth (ZYX) - 28/03/2013 @ 07h59
Peu de gens le savent ou l’ont oublié mais ce groupe britannique formé en 1969 fut la source d’inspiration de nombreuses formations de hard et de métal dont Iron Maiden et Thin Lizzy. C’est pourquoi un brin d’histoire ne peut nuire à sa présentation.

A l’époque, les 2 membres fondateurs Martin Turner (chant et guitares) et Steve Upton (batterie) en quête d’un nouveau guitariste soliste ne parviennent pas à départager les 2 impétrants convoqués pour une audition. (Andy Powell et David « Ted » Turner). Qu’à cela ne tienne, ils les engagent tous les deux faisant de W.Ash un précurseur en la matière. D’autres groupes imiteront plus tard cette façon de faire scéniquement très spectaculaire.

D’après la légende, le lancement de sa carrière, le Ash le doit à un duel gagné lancé par le guitariste Andy Powell à Ritchie Blackmore alors qu’il était embarqué dans une tournée en ouverture pour Deep Purple. Bluffé par la technique et par l’audace du jeune guitariste, ce dernier les aurait mis en contact avec le producteur du Profond Pourpre, un certain Dick Lawrence qui dans la foulée leur fait signer un contrat chez M.C.A. L’aventure W.Ash s’ouvrait donc sous les meilleurs auspices.

C’est d’abord et avant tout sur scène que se forge sa réputation. Après avoir ouvert pour les Rois du hard seventies, Wishbone Ash côtoie les plus grands de l’époque : Slade – T.Rex – Taste qui compta dans ses rangs Rory Gallagher – le Ten Years After du génial Alvin Lee à qui on ne la raconte pas question guitare ; Caravan, figure de proue du mouvement Canterbury naissant ou plus tard les Who qu’il est inutile de vous présenter.

Leur discographie tout confondu (albums studio – lives – compilations) compte pas moins d’une quarantaine d’albums et démarre en 1970 par le très remarqué "Wishbone Ash" où se distinguent 2 titres phare "Phenix" et "Blind Eye". Le second album sorti à peine un an plus tard ("Pilgrimage" 1971) montre un groupe dont le style s’est affirmé autour d’un jazz blues rock bien dans son époque où les duettistes Powell et Turner affichent toute l’étendue de leur talent et démontrent la pertinence de cette nouvelle configuration.

Mais c’est avec le 3ème opus, "Argus" (1972) que la carrière du groupe va littéralement décoller.
C’est l’album de la consécration, des superlatifs et des récompenses tous azimuts : élu meilleur espoir de l’année 1973 par Melody Maker (le faiseur de roi d’alors), meilleur album de l’année, etc. Des titres comme "The King Will Come" – "Sometime World" – "Blowin’ Free" ou "Throw Down The Sword" sont des classiques toujours réclamés lors des concerts.

Malheureusement et comme c’est le cas pour d’autres formations, la suite immédiate va s’avérer moins glorieuse. Le groupe entrera dans une période agitée alternant succès relatifs et échecs cuisants et connaitra des changements de line-up qui ne lui seront pas toujours bénéfiques.

Feignant d’ignorer l’orage qui s’annonce, il continue de flotter sur son petit nuage et d’éblouir par des prestations scéniques de haute volée lors de festivals mémorables où il fréquente du beau monde. (Santana – Tina Turner). L’apogée de cette époque bénie pourrait être le Startrukin' Tour qui le conduit à l’été 1975 dans le théâtre antique d’Orange aux côtés de Soft Machine, Bad Company et le Mahavishnu Orchestra de John Mc Laughlin.

Les décennies suivantes (80-90-2000) ne verront pas le groupe retrouver l’allant de ses débuts. A l’instar d’autres vétérans de la scène rock hard, il s’égare dans des productions faciles et mièvres, sans doute satisfaisantes sur le plan alimentaire mais très éloigné du potentiel réel de la formation britannique.

En 2011*, après plus de 40 années de carrière, le style du Ash n’a guère changé ; mélange de rock classique ("Reason To Believe" – "Can’t Go It alone" - "Give It Up"), de blues rock mâtiné de hard-boogie ("Warm Tears" – "Mud Slick" - "Migrant Worker"), de ballades aériennes ("Searching For Satellites"), de hard progressif groovy ("Invisible Thread"), il n’offre rien de révolutionnaire mais il s’écoute facilement. C’est le travail sur les voix qui concourt à renforcer cette bonne impression. Il faut dire que 3 des musiciens dont les deux guitaristes (Andy Powell et Muddy Manninen) et le bassiste (Bob Skeat) assurent le chant de fort belle manière. Ce qui offre des possibilités chorales intéressantes.

6 années après un "Clan Destiny" efficace sans être transcendant et assez cousin finalement d’"Elegant Stealth", il est évident que ce retour ne fera pas se lever les foules. Le train est déjà passé pour le Ash. Mais il peut être celui d’une certaine reconquête et d’un rachat même modeste. Attention, pas d’enthousiasme démesuré ; après tant d’années de flottement et d’hésitation, on ne peut pas espérer davantage qu’un succès d’estime. Néanmoins, le pari est pris que les sexagénaires débonnaires mais lucides de Wishbone Ash s’en contenteront certainement. Personnellement, c’est mon cas !

* Les plus malins d’entre vous auront remarqué que l’album est sorti en 2011 ; n’insultez ni le boss ni le kronikeur car cet album a été envoyé à V.S au début de cette année. On appelle ça « les aléas de la distribution »…


Rédigé par : Karadok | 14/20 | Nb de lectures : 12031




Auteur
Commentaire
forlorn
Membre enregistré
Posté le: 28/03/2013 à 09h32 - (106729)
L'important c'est que l'album soit chroniqué, en tout cas belle surprise que de croiser cette référence échappée des 70s sur VS.

Ma connaissance de Wishbone Ash se résume au classique Argus (que je ressortirais prochainement du coup) et à un concert mâté par hasard (sur M6 il me semble). De la bonne musique...

walkingbedd
IP:194.254.117.28
Invité
Posté le: 28/03/2013 à 10h26 - (106734)
vô l'ecouter en tout cas. vu un concert une fois par hasard et me suis dit...hé mais c bien!...puis oublié


Piranha
Membre enregistré
Posté le: 28/03/2013 à 20h12 - (106746)
Bonn album.
dans les récents je conseille "The Power of Eternity"

Kirkhammett
Membre enregistré
Posté le: 04/04/2013 à 20h05 - (106805)
Argus reste un de mes albums préférés !



ramonos
IP:109.14.3.16
Invité
Posté le: 03/05/2015 à 14h52 - (116626)
Je suis étonnée l'on fasse peu de cas d'album comme "No Smoke without fire" qui est un émerveillement de magnifique solos, "Just Testing" ou "Number the Brave" Ensuite c'est nettement moins glorieux mais le "Live in Chicago" est néanmoins un régal et récemment "Illuminations" mérite l'écoute.

ramonos
IP:109.14.3.16
Invité
Posté le: 03/05/2015 à 14h53 - (116627)
Oops désolé pour les fautes d'orthographe

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