WINTERHORDE - Maestro (ViciSolum) - 27/06/2016 @ 10h53
Quand on parle de la scène israélienne on sait qu’on a très souvent droit à des groupes à la technicité et musicalité importante, on peut facilement citer les excellents MELECHESH et ORPHANED LAND pour confirmer ce point de vue, mais parmi ces têtes de gondole WINTERHORDE n’est jamais cité alors qu’il y aurait également toute sa place. En effet depuis ses débuts en 2001 le combo d’Haïfa ne démérite pas malgré un manque de reconnaissance lié notamment à une distribution incertaine et un rythme de sortie assez lent, il faut dire qu’il a fallu six longues années pour donner un successeur au réussi « Underwatermoon » la faute notamment à un gros bouleversement en interne qui a vu cinq des sept membres quitter le navire en route, du coup le temps de trouver les remplaçants et de composer les onze nouveaux titres le temps est vite passé. Nul doute que ce nouvel (et troisième) opus va leur permettre de franchir un cap, car désormais signés chez ViciSolum ils vont enfin bénéficier d’une exposition méritée surtout avec un contenu à la hauteur comme c’est le cas ici.

A l’instar de son prédécesseur on est encore en présence d’un concept-album, celui-ci racontant l’histoire d’un violoniste à Prague qui essaie de montrer à ses contemporains qu’il est un compositeur de génie mais qui tombe progressivement dans la folie à cause de visions et de voix qui perturbent son esprit déjà fragile. Sur ce thème très prometteur et intéressant le groupe distille son style inclassable oscillant entre black mélodique, passages symphoniques et ambiances progressives à l’ancienne, le tout avec une grande facilité. Si les gars revendiquent ouvertement leur amour pour les premiers disques d’OPETH, on retrouve également un peu d’EMPEROR par-ci et du ARCTURUS par-là tout en y intégrant des passages bourrins et speedés et d’autres plus techniques et aériens.

En tout cas ce disque va demander un bon paquet d’écoutes pour bien appréhender toutes les subtilités qu’il contient tant sa musicalité est grande, car après avoir débuté sur une petite introduction toute douce au piano « Antipath » nous dévoile une bonne partie des influences de chacun de ses membres car ça démarre sur du violon très triste avant d’enchaîner sur des blasts et parties rapides sur fond de passages symphoniques, mais ceux-ci ont la bonne idée de ralentir le tempo sur les couplets en lui donnant un côté épique et remuant, notamment via de grandes variations vocales (ce qui sera le cas sur les autres titres également) où se mêle voix claire et growl inspirés tout y ajoutant des breaks plus calmes permettant de maintenir l’attention de l’auditeur. A cela s’ajoute la qualité de la production qui met sur un pied d’égalité chacun des instruments qu’ils soient électriques, acoustiques ou à cordes, ce qui lui donne un côté naturel et lui évite de tomber dans le pompeux. Cela se ressent d’autant plus sur les morceaux les plus longs, qui sont également les plus réussis, à l’instar du magnifique « Chronic Death » qui allie à merveille puissance et mélodie en allant du blast le plus violent au piano le plus mélancolique (aux ambiances proches de Frédéric Chopin et Erik Satie) tout en y ajoutant des accélérations, du solo précis et des passages de grande quiétude. Cette compo sert de tremplin à la pièce-maîtresse « The Heart Of Coryphee » qui durant plus de onze minutes nous offre un long début planant et acoustique où l’on retrouve notamment ce violon toujours présent avec parcimonie et justesse, avant que l’ensemble n’explose de manière ultra-rapide avec là encore une grande variété de tempo et d’orchestrations puisque le tout finit par se calmer et se conclut par un chant féminin très émouvant, pour un résultat sans longueurs ni fautes de goût où l’on se rend encore mieux compte du bagage technique impressionnant de chacun des membres capables de jouer aussi bien des parties bien bourrines que d’autres plus lentes et atmosphériques, comme sur l’ultime plage « Dancing In Flames » plus calme que le reste mais qui là encore met l’accent sur la diversité et un léger côté religieux sur le chant féminin où le synthé se fait discret et amène sa petite touche sans en faire trop. A côté de ces pépites « Through The Broken Mirror » et « Cold » de facture plus classique et plus accessible sont paradoxalement moins accrocheurs mais restent néanmoins d’excellente qualité, simplement le niveau de leurs confrères étant tellement élevé qu’il leur est difficile de rivaliser. Le premier est en effet plus dépouillé et direct, quant au second il est bien homogène avec deux parties distinctes qui se font face et qui s’agglomèrent avec brio.

Durant plus d’une heure on est emporté dans un tourbillon et on se retrouve transporté dans un univers attrayant et angoissant, où le beau côtoie le sombre, grâce à un boulot monstrueux des gars qui tapent dans le mille sans jamais atteindre ni frôler le grandiloquent et le kitsch suite à l’équilibre parfait entre puissance et mélodie, le tout étant relevé par un niveau technique de chacun de ses membres assez impressionnant mais qui n’en font jamais des tonnes. Du coup même en n’étant pas forcément pas fans des genres pratiqués, on ne peut que s’incliner devant cette réussite indéniable qui valait le coup d’attendre (tout en portant très bien son nom), et devrait enfin propulser ses membres vers une notoriété attendue ce qui serait totalement logique.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 5897




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