WILL'O'WISP - Inusto (Nadir) - 03/11/2015 @ 07h16
Et ben, en voila un album peu aisé à assimiler… Et encore moins à décrire.
Si vous aimez les Ovnis musicaux, les groupes à la personnalité (trop ?) affirmée, ce ‘Inusto’ est pour vous.
Groupe italien formé en 1994, WILL O WISP déborde d’une créativité qui fait plaisir à entendre, même s’il est c’est parfois un peu ardu de suivre le groupe dans ses déambulations…

WILL O WISP affectionne l’univers du Metal Progressif, c’est évident ; même si aucun morceau ne dépasse les 5 minutes, cela n’empêche pas le groupe d’utiliser des structures de morceaux et une approche musicale inspirées et variées. Les riffs évoquent également l’univers progressif, usant de mélodies entraînantes, alambiquées et non avares en notes.
D’emblée, cela force l’auditeur à une certaine concentration, afin d’assimiler l’album.

Mais, WILL O WISP affectionne tout autant l’univers du Metal Extrême, et notamment celui du Death Metal. Que ça soit dans la violence palpable comme dans les hurlements, le groupe n’oublie jamais de replonger dans une forme de simplicité directe, notamment sur certains passages très Death/Thrash.
Les hurlements se superposent aux passages instrumentaux, les accélérations et les blasts font échos aux bruitages et aux soli, dans une cohésion imperméable pour le quidam moyen.
Car, bien évidemment, derrière une telle créativité se cache le revers de la médaille : pas facile de suivre le groupe dans ses pérégrinations musicales…

Non content d’en faire qu’à sa tête, WILL O WISP aime brouiller les pistes, en nappant la plupart de ses titres d’un clavier ambiant, qui apporte une touche tour à tour épique et kitsch. Un effet sans doute voulu, mais un poil déstabilisant au milieu de ce maelstrom musical.
L’apport de la clarinettiste Oleb Kanasevich offre une musicalité vraiment intéressante, jamais envahissante.

Quant à la basse, jouissive et parfaitement présente, elle semble à l’écart du groupe, jouant, slappant, virevoltant sans hésitations, pour un rendu tantôt funky, tantôt groovy, mais toujours bluffant.

Le groupe a souhaité mettre en musique l’univers et la vie du peintre Nicolas Roerich ; son style coloré et bariolé pose le concept de ‘Inusto’, et se retrouve transposé musicalement au travers de ce Death progressif aventureux et… coloré, c’est le cas de le dire.
La variété de la palette du peintre a été remplacée par l’utilisation de clavier, clarinette, basse, chant d’opéra et guitares, avec ce souhait de réaliser une fresque musicale fantastique.

Fantastique et progressif, ‘Inusto’ propose donc une fresque en 15 actes. Riche et impétueuse, cette fresque est tour à tour époustouflante, entraînante, stupéfiante, et irritante. Aucune redondance, oh non, aucun risque. Mais aucun repère, non plus, aucune accroche n’est proposée par le groupe, si ce ne sont les mélodies disséminées aux 4 coins de l’album. Vous devrez vous débrouiller pour trouver les clés d’accès à cet univers.

En dépit de cette richesse musicale, WILL O WISP a eu l’intelligence d’aérer cette fresque avec de nombreux mini interludes ou intros, instrumentaux, ambiants, ou simplement bruités. Une façon de se rapprocher des multiples variations de couleurs et de son que la Nature nous propose. Un bon moyen également de contraster avec les accélérations, cassures, breaks et accalmies dont raffole le groupe.

Difficile de rester insensible face à cette ogive atypique et inventive. A titre personnel, j’ai tout de même beaucoup de mal à m’enthousiasmer pour ‘Inusto’, dont je reconnais sans peine les qualités artistiques et la créativité frénétique, mais dont l’appréciation m’apparaît inaccessible. Peut être pas assez familiarisé avec ce style extrême progressif… Mais peut être également dubitatif face à ces morceaux qui partent dans tous les sens, mais ne vont nulle part. J’ai du mal à comprendre où le groupe veut en venir, mis à part nous éblouir.

Sans assommer l’auditeur sous des avalanches de notes, WILL O WISP le noie tout de même sous son inspiration débordante non canalisée (ou trop, à vous de voir). Sa maîtrise technique ne vire pas à la démonstration, mais la cohérence et l’harmonie globale demeurent parfois (souvent… ?) imperméables.

Il va sans dire que l’objectif initial du concept est atteint – Transposer musicalement l’univers riche et coloré de Nicolas Roerich. Mais à quel prix… ?




Rédigé par : ..::Ju::.. | 11,5/20 | Nb de lectures : 7278




Auteur
Commentaire
Bigorne
IP:82.233.188.224
Invité
Posté le: 03/11/2015 à 13h02 - (118519)
Les claviers du morceau en écoute me rappellent un peu Abstrusa Unde. Il y a un côté Sigh aussi. Et une petite pointe d'Unexpect.

Tartampion
IP:41.130.172.21
Invité
Posté le: 03/11/2015 à 13h18 - (118520)
Le morceau en écoute est super!

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