WHOURKR - 4247 Snare Drums (Ad Noiseam) - 19/07/2012 @ 07h14
La caisse claire, appelée snare ou snare drum en anglais, est un des éléments principaux de la batterie. Voilà, rien de bien compliqué en apparence. Sauf que WHOURKR ne fait rien comme les autres, et a ici décidé de nous donner une petite leçon. « Exercice de caisse claire n°1 » peut-on entendre au début de "Arithmetic Punishment". Un exercice complexe sur fond de problèmes et autres formules mathématiques, qui ont donc abouti à un album comportant 4247 coups de caisse claire. Ni plus ni moins. A la manière de certains projets de Psytrance qui comptent les BPM, les coups de « snare drums » sont donc consciencieusement décomptés pour chaque morceau sur la tracklist figurant sur la back-cover du digipack, pour un total qui donne son nom à l’album, 4247 Snare Drums. Etant un chroniqueur sérieux et appliqué je devrais donc refaire le compte pour m’assurer qu’il soit juste, mais bon WHOURKR est bon client chez VS depuis que Cobra a craqué sur le projet alors je leur fait confiance. Bon allez, j’ai tout de même compté la moitié et j’ai multiplié par 2 : tout est bon.

Revoilà donc WHOURKR 4 ans après le très acclamé Concrete. Et des petites choses ont changé. Gautier Serre aka IGORRR est toujours la tête pensante du projet, mais -I SNOR n’y participe plus et a été remplacé par MULK, qui œuvre dans les mêmes sphères que WHOURKR mais en plus barré encore. Le fond n’a pas tant changé que ça, à savoir un mélange entre du Breakcore et du Death/Grind sous couvert d’expérimentations sonores bizarres, mais WHOURKR a un peu évolué. Finis les cris pitchés divers et variés, place à un unique chant gruik gruik, qui se fait juste plus aigu de temps en temps. L’ensemble devient par ailleurs plus brutal death que grind, avec plus de grattes et des tempos plus variés, des morceaux plus construits, moins foufous et moins rentre-dedans que ceux de Concrete. Autre évolution, le groupe est désormais signé, mais chez Ad Noiseam qui est plus spécialisé Breakcore/IDM (c’est le label sur lequel est signé IGORRR également), pourtant cet album est un poil plus Metal. De Breakcore pour fans de Death/Grind, on passe donc à du Death/Grind pour fans de Breakcore ? 4247 Snare Drums semble être l’album de tous les paradoxes, étant musicalement plus « sérieux », toujours barré mais plus construit et moins délirant, alors que les noms de morceaux à consonance grind débile semblent tout droits sortis d’une partie de kamoulox ("Quadruple plis de peau", "Coiffer un ours", "Manger du beurre"…), ce qui jette un léger trouble…

WHOURKR deviendrait-il plus accessible ? Tout est relatif mais ceux qui avaient trouvé Concrete « Too Extreme » pourront retenter leur chance avec 4247 Snare Drums qui est un poil plus digeste. Un poil j’ai dit. Nous sommes toujours en présence d’assauts breakcore bien tranchants, ces « Bzzzzt Bzzzzt » pétant de partout et virevoltant dans tous les coins. Et bien sûr les snare drums rythment le tout, de même que les grattes saccadées, au sein de morceaux complexes qui changent de plan dès que l’occasion se présente, portés par les vocaux de MULK qui partent dans tous les sens (une demi-douzaine de micros ont été simultanément utilisés pour enregistrer les vocaux !). Sur tout ceci se greffent de nombreuses sonorités électro et drum’n’bass pour pimenter le tout, ainsi que quelques incursions de grattes acoustiques et de… saxophone joué par MULK lui-même. Bon dans l’ensemble, WHOURKR a un peu pensé à votre mal de crâne chronique causé par les écoutes répétées de Concrete, mais… ça reste bien taré, extrême et expérimental quand même.

Tout comme Concrete, il sera difficile de dégager un morceau plus fort qu’un autre, mais en 35 minutes (ni trop ni pas assez) 4247 Snare Drums a de quoi contenter les amateurs de bizarreries musicales et d’expérimentations en forme de crossover entre musiques extrêmes. Sans que l’album ne soit foncièrement linéaire, tous les morceaux sont bons et il n’y a rien à jeter. On est pas loin de l’équation parfaite et 4247 Snare Drums, bien que moins furieux que son prédécesseur, reste quand même particulièrement jouissif. L’assaut breakdeathgrindcore commence avec "Quadruple plis de peau" et les growls déglingués de MULK marquent tout de suite de leur empreinte 4247 Snare Drums, de même que les passages blastés qui dépotent. La suite de l’album n’est pas en reste, avec des morceaux bien brutaux comme le très death-metal "Petits poneaux" et le plus gruik-gruik boum-boum "Polygroin", mais les bizarreries vont vite se faire un peu de place. Comme le saxophone épique au début de "Gastro-Equestre" (que l’on retrouve à divers endroits dans l’album), le début rampant de "Manger du beurre" qui n’a rien de bizarre mais qui tranche carrément avec le reste, le fond d’ambiance apocalyptique de "Pachyderm Catapult", l’intervention du chanteur d’ÖXXÖ XÖÖX sur l’excellent "Ostina" et "Arithmetic Punishment", le guedin "Maximum Speed Limit Monoton Snare Audition" qui démarre par un interlude 100% saxophone avant de partir en joyeux bordel, ou encore le remix final aux accents dubstep de "Gastro-Equestre" par RUBY MY DEAR.

Plus digeste et un peu moins prise de tête que les précédents efforts du projet, WHOURKR pourrait bien avec 4247 Snare Drums attirer d’autres auditeurs potentiels dans son sillage, parmi les fans de « vrai » Death-Metal et même parmi ceux qui sont réfractaires au breakcore, le mariage des deux genres étant ici parfait et ne penche jamais plus vers l’un ou vers l’autre. Il faudra bien évidemment être bien averti, car même si ce genre de mélange bâtard se trouve facilement à condition de savoir où creuser (j’ai entendu parler de JAMES PLOTKIN’S PHANTOMSMASHER dans le même style, avis aux amateurs), il reste tout de même destiné aux fans d’expérimentations à base de musique extrême, ou au pire à ceux qui cherchent un défouloir délirant. Moins grind et un peu plus « musical » dans l’ensemble, 4247 Snare Drums devrait pourtant convaincre sans trop de mal les fans de ce que WHOURKR avait fait auparavant, mais le projet évolue à sa manière et il faut en tenir compte. Pas un chef-d’œuvre de musique expérimentale pour autant, mais un bien bon album de… WHOURKR.

http://whourkr.info - 189 visite(s)

Quadruple plis de peau - 173 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 12857




Auteur
Commentaire
cyril_glaume
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2012 à 11h12 - (103047)
Enorme panard !! Et c'est bcp plus digeste que Phantom/Atomsmasher



GzU
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2012 à 12h28 - (103052)
Je trouve la chanson en écoute chiante par rapport à se qu'il y avait dans Concret qui mettait une bonne baf et dont la durée était parfaite !!!





Ennemie
IP:81.252.135.249
Invité
Posté le: 19/07/2012 à 20h38 - (103058)
Hate d'écouter ça!

Skeksis
Membre enregistré
Posté le: 25/07/2012 à 11h27 - (103113)
Marrant, je le trouve au contraire beaucoup moins digeste que le précédent. Peut-être parce que je suis plus fan de breakcore que de death/grind. En tous cas, je n'arrive toujours pas vraiment à rentrer dedans... Mais je ne désespère pas.



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