WEDERGANGER - Halfvergaan Ontwaakt (Ván) - 20/01/2016 @ 07h31
GabinEastwood :
En attendant le retour de CIRITH GORGOR, et après l’excellent opus de CARACH ANGREN, la scène black des Pays-Bas continue d’afficher une santé de fer tout en offrant régulièrement des nouvelles formations de qualité et sortant des sentiers battus. C’est le cas de ce quatuor débarquant de nulle-part (ou plus précisément de la région d’Arnhem) qui peu de temps après ses débuts (en 2013) arrive déjà avec un premier opus, qui plus est de grande qualité. S’articulant autour d’Alfschijn (ancien chanteur d’HEIDEVOLK) qui s’occupe des voix claires et parlées, il s’est entouré d’une bande vieux briscards de l’underground local pour un résultat qui va du black des origines, en passant par un peu de Doom, de l’horrifique, et avec une petit pointe d’avant-gardisme. Assumant totalement ses origines flamandes et germaniques, l’intégralité des paroles se retrouve prononcée dans la langue officielle du royaume, tout comme le nom du combo que l’on pourrait traduire par « Revenant », et qui donne l’idée des influences des gars tant les ambiances mortifères et de recueillement sont présentes.

Du coup pour mieux recréer tout cela priorité est donnée à la lenteur au détriment de la vitesse, attention celle-ci n’est pas oubliée mais les amateurs de rafales à la MARDUK seront surpris, néanmoins dès que débute « Dwaallichtbezwering » on se retrouve happé par ce tempo volontairement bloqué en première voire en seconde, puis les gars finissent par se lâcher un peu plus en accélérant et en superposant les deux voix des frontmen, car c’est l’autre point qui va étonner l’une (celle de Alfschijn) étant plutôt parlée, incantatoire et psalmodique, quand l’autre (signée Botmuyl, de BOTULISTUM) se fait criarde, possédée et écorchée. Cependant on s’aperçoit de suite que cette opposition de styles se fait naturellement et sans heurts car celles-ci s’accordent très bien ensemble ou séparément, du coup quand les blasts retentissent ou quand la fin de ce premier morceau se fait toute calme, le tout est réussi et donne envie d’écouter la suite.

La variété des tempos est primordiale, on l’entend sur le très bon et court « Gelderse Drek » où le chant hurlé et déchirant des parties blastées se fond à merveille avec le mid-tempo plaintif et à l’ambiance religieuse, ou encore sur « Wera-Wulfa » là encore tout en variations et en inspiration où les deux chanteurs jouent l’alternance jusqu’à la fin de celui-ci. En ajoutant un petit interlude instrumental au piano le groupe permet à l’auditeur de souffler tout en se retrouvant bercé par ces notes mélancoliques à cheval entre Frédéric Chopin et Erik Satie, avant ensuite d’enchaîner sur « Walmend Graf » assez classique et dans l’esprit du disque et sur « Zwarte Gedachten » légèrement épique et binaire au début, et qui finit par exploser de violence à la toute fin. Moins varié mais tout aussi excellent, le long et pépère « Dodendans » nous montre une facette calme et glaciale (renforcée par la voix profonde et parlée) qui ne se déchaîne que durant la dernière minute, tout comme avec « Vlammenvonnis » où les différentes facettes des gars s’assemblent pour obtenir un melting-pot de haute tenue.

Même si l’ensemble peut se révéler difficile à écouter d’une seule traite il n’en reste qu’il est bien mis en avant par une production qui sonne très live et légèrement crade et qui se révèle parfaitement adaptée au contenu, tout comme l’artwork magnifique avec sa pochette carton et en relief. De plus même si c’est techniquement très simple ça reste d’une efficacité à toute épreuve (même si on peut regretter une certaine redondance sur certains passages) tout cela donne un disque très intéressant qui mérite vraiment que l’on s’y attarde un peu.

Raziel :
Il y a parfois des surprises qui, sorties de nulle part, vous enchantent. Wederganger est de celles-là. Halfvergaan Ontwaakt, son premier album longue durée, est comme le cadeau de Noël que tu n’attendais pas, livré qui plus est dans un emballage en papier mâché/carton pâte de toute beauté, limité à 1000 copies.

Wederganger ne réinvente pas la roue. Son BM ne transcende pas les genres mais il est frais, agréable comme une brise d’hiver traversant une maison surchauffée. Il n’est guère moderne non plus. Le son comme les titres – aux structures finalement classiques – puisent plutôt dans les vieilles marmites ("Dwaallichtbezwering"). Là encore, il faut s’en féliciter. Les relents death metal ne sont jamais très loin de la recette de base, l’ambiance de caveau non plus.

Cette mixture se combine avec un groove plutôt intéressant, limite punk par instants ("Gelderse drek", "Zwarte gedachten"). Urfaust peut être appelé en la cause, notamment sur les passages les plus déjantés ou lorsque les mélodies transpercent le titre ("Dodendans"). Le chant – presque plus typé death que véritablement black – prend sa source dans un vieux bourbon. Du genre d’un mec qui sirote tranquillement son verre en écoutant du vieux death scandinave et qui se dit « tiens, si j’imitais ce bordel ! ». L’emphase est également convoquée ("Dodendans") lorsque le morceau s’étire en longues plaintes mélancoliques ("Vlammenvonnis").

Sous des aspects relativement traditionnels, le BM de Wederganger est plus malin qu’il n’y parait. Les arrangements et les trouvailles sont légion (les petits lead dissonants sur "Dodendans", le riff tordu sur "Dwaallichtbezwering", le piano sur "Schimmenspel" qui pose une ambiance étrange, le riff thrash et la batterie grondante au début et en pont central de "Walmend Graf" ou encore sur "Wera Wulfa" où les accélérations meurtrières tranchent avec l’intro dissonante et rampante et les riffs vicieux vers les 4’). Le son est relativement lourd, quasi martial par instants (sur "Wera Wulfa" par exemple, titre surpuissant avec ses chœurs grondants ; sur "Vlammenvonnis" encore avec le travail sur la batterie).

Chaque titre apporte son lot de petite surprises, d’arrangements étonnants de sorte que l’auditeur ne s’ennuie jamais. Les cassures, les variations sont nombreuses ("Walmend Graf" par exemple) et parfaitement intégrées aux morceaux. Sans que les structures soient surchargées en informations, le groupe offre une variété intéressante, qui révèle au-delà la pertinence de sa musique.

Classique sur le fond mais efficace et relativement original sur la forme, Wederganger m’a séduit par sa prise de position. A écouter et à savourer, entre la dinde et le fromage.




Rédigé par : GabinEastwood & Raziel | 15/20 | Nb de lectures : 6877




Auteur
Commentaire
Du-brin
IP:192.54.145.146
Invité
Posté le: 21/01/2016 à 16h32 - (119204)
Ouhla ça fait mal, chiant à écouter et ces vocaux boudiou qui font pitié ... (ha ? En plus ils sont 2 ? lol...

Et niveau intérêt c'est zéro, je ne vois pas pourquoi les labels continue de sortir des trucs pareils...

Connard
IP:88.191.224.126
Invité
Posté le: 21/01/2016 à 22h29 - (119205)
Fragile va!

gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 22/01/2016 à 11h46 - (119214)
Le cousin d'Urfaust qui marche droit, bien sapé et propre... et tout aussi chiffon que l'autre.



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