VIRVEL AV MORKERHATET - Metamorphopsia (Avantgarde) - 08/04/2016 @ 00h40
Bien qu’ayant un nom suédois (pour à peu près « tourbillon d’obscurité et de haine »), VIRVEL AV MORKERHATET vient d’Ukraine. Et son premier album sorti en 2010, Forsaken Hate Sickness, donnait dans un Black-Metal d’obédience norvégienne… autant dire qu’il faut s’y retrouver et ce Metamorphopsia ne va pas nous aider. Existant depuis 13 ans et d’abord sous le nom DEN OF WINTER, VIRVEL AV MORKERHATET va maintenant triturer son art noir pour le faire pencher vers un Metal autrement plus chaotique et avant-gardiste. Parti de labels obscurs et de productions CD-R, le trio de Kiev va tenter de se révéler via le renouveau d’Avantgarde Music, via un digipack et cette pochette hallucinée, à la forme presque vulvaire vu de loin. Le tout pour orner un Black-Metal évolué qui va s’aventurer dans des contrées bien ténébreuses et psychédéliques.

Parti donc d’un Black-Metal assez classique mais non moins efficace, VIRVEL AV MORKERHATET va plonger du côté plus brumeux et taré de la Force, sans atteindre la folie d’un ÆVANGELIST mais le cœur y serait presque. L’intro "Into Salvation…" donne déjà le ton de l’ambiance de Metamorphopsia mais c’est bien "Weapon to Be Found Only in the Mind of Man" qui ouvre les hostilités. Le riffing est complexe, chaotique et dissonant, mais ne part jamais dans un bordel apocalyptique et c’est là que VIRVEL AV MORKERHATET va délivrer sa nouvelle essence et de manière plus que convaincante. A coups de patterns de batterie inspirés et à l’avenant des riffs, de différents vocaux qui s’articulent tout de même autour du chant principal hurlé, et même de samples, le groupe ukrainien balance un Black chaotique particulièrement bien senti et maîtrisé. DEATHSPELL OMEGA, BLUT AUS NORD, THE AXIS OF PERDITION (toutes périodes) et même certaines formations de Black orthodoxe ne sont jamais loin, mais VIRVEL AV MORKERHATET a tout de même sa propre patte. De toute façon on peut trouver trouzemille influences là-dedans (le début de "Reflexive Transfer of Aether Through City Lights" peut faire penser à DØDHEIMSGARD), mais le résultat est le même : V.A.M. excelle dans son Black complexe et halluciné, efficace et contrôlé.

Il faut, bien sûr, s’adapter bien vite à ce maelstrom pas loin de la folie furieuse à la ANAAL NATHRAKH par moments (le passage central de "Reflexive Transfer of Aether Through City Lights", le départ cinglé de "Metamorphopsia Diagnosis", les chants dingues de "Dissociative Disorder", la fin à fond de "Personification of Adventurer, Overdose"), mais Metamorphopsia reste un album relativement accessible, avec quelques compos très accrocheuses aux riffs mordants ("Reflexive Transfer of Aether Through City Lights", les accélérations de "Theory of Distress View" et "Metamorphopsia Diagnosis", les fulgurances de "Sore Hate of Human Scum"), et un ensemble globalement entraînant malgré les changements de plans incessants et l’architecture particulière des patterns de batterie. L’atmosphère d’un autre univers n’est également jamais négligée (le début du très dissonant "Theory of Distress View", les claviers sympho de "Metamorphopsia Diagnosis", le bien inquiétant "Personification of Adventurer, Overdose", le bizarroïde "Sore Hate of Human Scum", le final plus posé "Withdrawal") et VIRVEL AV MORKERHATET ose souvent, notamment au niveau des vocaux (les vocalises un peu claires de "Theory of Distress View" et "Personification of Adventurer, Overdose", celles traficotées de "Metamorphopsia Diagnosis", les chœurs en fond de "Dissociative Disorder") mais en réalité, c’est le tout (nom du groupe, noms des morceaux, artworks, science de composition et d’arrangement, dissonance souvent omniprésente, samples venus d’ailleurs - citons encore pour ça le très perché "Stupefying Taste of Henbane, Coma Ritual") qui est « osé » chez ce groupe et en particulier cet album.

Avec son deuxième full-length de qualité, VIRVEL AV MORKERHATET se pose donc aisément comme une révélation et il ne fait nul doute qu’il va s’agir d’un nom à retenir (bon, ça sera un peu difficile je l’admets). Même s’il n’a rien de foncièrement exceptionnel concernant ses bases, le groupe ukrainien a cependant pondu quelque chose de relativement original et personnel, avec des très bonnes idées, et ne sacrifiant jamais l’efficacité sur l’autel des ambiances, ce que peu de groupes du genre ont réellement fait d’ailleurs. Complexe et halluciné mais moins frappadingue et étouffe-chrétien qu’un ÆVANGELIST (déjà en perte de verve selon moi) ou même qu’un DEATHSPELL OMEGA dans ses œuvres les plus poussées, Metamorphopsia fait mouche et se pose comme un excellent album de BM dissonant, foutraque sans en foutre partout, déglingué sans partir dans la dinguerie la plus totale, mais jamais le cul entre deux chaises et bénéficiant de quelques moments croustillants. S’il est peut-être un peu long (54 minutes) pour retenir l’attention sur la durée sans lasser (avec au menu quelques légères redondances), Metamorphopsia peut pourtant surprendre de par sa maîtrise, surtout après un précédent opus assez anecdotique. VIRVEL AV MORKERHATET a donc évolué et changé, pour le meilleur et pour le pire, pour le pire de la santé mentale de l’auditeur non initié mais pour le meilleur de ceux qui cherchent un album de Black chaotique très réussi.




Rédigé par : ZeSnake | 15.5/20 | Nb de lectures : 6125




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