VILDHJARTA - Måsstaden (Century Media/EMI) - 02/01/2012 @ 08h55
Bon cette fois-ci, on dirait que le compte est bon. PERIPHERY, c’est fait depuis belle lurette. TESSERACT, UNEVEN STRUCTURE, ça s’est fait en 2011. VOLUMES et STRUCTURES aussi. Et maintenant VILDHJARTA, donc je crois qu’on est OK. Ah mince non ! MONUMENTS n’a pas encore sorti de full-length. Les boulets ! Ils viennent de me casser toute mon intro…
Enfin bref, plus de deux ans après son émergence, la scène Djent bat son plein et les albums des « gros » noms sont enfin tous dans les bacs (enfin presque). Et voici enfin le premier album d’un de ces noms, les suédois de VILDHJARTA, pionnier du genre grâce à sa démo deux titres sortie en 2009, Omnislash. Et comme tout groupe du genre, VILDHJARTA s’est fait désirer avec un premier album prévu depuis belle lurette, album qui a même changé deux fois de nom (All These Feelings puis Irreversible puis Måsstaden). Century Media, après avoir récupéré TESSERACT, semble s’intéresser plus que jamais au Djent en signant le septette (!) du pays de MESHUGGAH en mai 2011 pour leur premier opus très très attendu. Voyons maintenant ce qu’il a dans le ventre…

Vous le savez, la scène Djent compte plusieurs écoles, et il est parfois difficile de s’y retrouver entre les combos expérimentaux assez démonstratifs (PERIPHERY, MONUMENTS), les groupes plus progressifs et atmosphériques (TESSERACT, UNEVEN STRUCTURE), les formations plus axées Metalcore/Deathcore (VOLUMES, STRUCTURES), les artistes solos parfois très prolifiques (KEITH MERROW, TYRANT OF DEATH) voire les clones de MESHUGGAH plus ou moins convaincants (SEES, VORTICE). VILDHJARTA a pourtant débuté dans la première catégorie, classique mais expérimentale, avec sa démo et les quelques extraits postés sur le Net. Mais pour leur premier opus, Måsstaden, le groupe suédois a choisi d’ouvrir une nouvelle voie, encore plus expérimentale, mais sombre, torturée voire carrément glauque. La pochette et les visuels choisi pour cet album (concept, comme de bien entendu) tranchent carrément avec ce qui se fait d’habitude dans le Djent (le groupe arborait pourtant des visuels plus classiques à ses débuts), tout comme la musique. Alors que la grande majorité des groupes de Djent se veulent accrocheurs en diable à grand renfort de chants clairs et de structures polyrythmiques plus simples, VILDHJARTA bannit tout ça et livre un album complexe, pas immédiat du tout, plus proche du chaos d’un Nothing que des plans syncopés efficaces et lancinants à la Catch 33 ou obZen. Le tout est très ambiancé et nécessite donc de se plonger dans l’œuvre pour en saisir les subtilités, alors que pour d’autres disques du genre il suffit de se laisser emporter par les rythmiques percutantes ou par les atmosphères lumineuses. Entrons donc dans la forêt bien sombre de l’univers de VILDHJARTA…

D’emblée, les suédois présentent deux particularités : la présence de deux chanteurs (Daniel Ädel et Vilhelm Bladin) qui alternent parties criées et chant death (mais vraiment death, et bien sombre, pas des growls deathcore de bas étage), et les sonorités très variées, entre plans syncopés bien lourds et leads bizarroïdes voire carrément dissonants. Måsstaden est à prendre comme un bloc, surtout que c’est un album-concept très ambiancé, mais plusieurs éléments se détachent du lot. Le groupe est capable de nous livrer des passages ultra-percutants et écrasants, comme le départ bien pesant avec "Shadow" (juste aéré par quelques plans plus mélodiques), départ qui nous plonge d’emblée dans l’atmosphère chaotique et la complexité des structures. VILDHJARTA sait alors se montrer efficace avec l’excellent "Dagger", véritable tube du disque, mais aussi avec quelques moments forts ici et là comme "When No One Walks With You", les très fouillés "All These Feelings" et "Deceit", et surtout "Traces" le morceau le plus travaillé du disque avec même un peu de chant clair (dommage qu’il n’y en ait pas plus car il tient la route, avec des légères intonations à la KATATONIA/GHOST BRIGADE, mais le groupe se concentre sur son aspect plus noir). On se laisse alors convaincre par les compositions parfaites et redoutables, par les grosses rythmiques coup-de-poing et par les chants bien amenés, et surtout par l’ambiance bien suffocante et nocturne, tout juste éclairée par le morceau de clôture "The Lone Deranger" globalement plus lumineux.

Cette ambiance est d’ailleurs mise en valeur par l’aspect le plus expérimental du disque. Bien évidemment le groupe joue avec les sonorités (comme par exemple le très déstructuré "Eternal Golden Monk" ou le plus ambiant "Phobon Nika"), mais présente aussi des pistes plus courtes bien glauques et étranges, comme "Benblåst" (qui avait fait l’objet d’un clip tout aussi étrange), ou les interludes mystiques "Östpeppar" et "Måsstadens Nationalsång". Måsstaden jouit d’ailleurs d’une structuration bizarre, avec 13 morceaux durant moins d’une minute à plus de sept. Ce disque n’est vraiment pas facile à aborder, mais se révèle au fil des écoutes et bénéficie d’une atmosphère vraiment singulière et d’une originalité des compositions qui saute aux oreilles. Mais il faut avouer que Måsstaden n’est pas pour autant exempt de reproches…

Je vous le disais, la structuration des morceaux est assez particulière, et même si Måsstaden est à considérer comme un bloc le découpage semble parfois incohérent, comme par exemple au beau milieu de "Deceit" où l’on a l’impression d’être passé d’un coup au morceau suivant alors que non. Si les expérimentations et les jeux de sonorités sont plutôt variés, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas, l’album est finalement assez répétitif, la faute à des gimmicks surexploités. Les lignes de chant sont strictement similaires d’un morceau à un autre et on a l’impression que les deux brailleurs doivent systématiquement s’échanger un quota défini de syllabes, ainsi certains passages vocaux sonnent trop déjà-entendu au fur et à mesure de l’écoute. L’autre gimmick vient des petits breaks à la gratte mélodique, présents dans la plupart des morceaux, bien qu’ils posent l’ambiance ils font vraiment trop « cassure » en tombant souvent comme un cheveu sur la soupe. Et certains passages « dissonants » cassent un peu les oreilles, enfin ça c’est parce que j’ai été traumatisé par certains albums de BLUT AUS NORD. Bref, en se voulant un peu trop complexe et volontairement bizarroïde VILDHJARTA en fait parfois un peu trop, et n’aide pas l’auditeur habitué aux moshparts ou autres montées épiques que l’on croise souvent dans le Djent. Il faut vraiment faire l’effort…

Très attendu, il est difficile de dire si Måsstaden est un disque à la hauteur des attentes. Alors qu’on pouvait s’attendre à un album de Djent lambda mais efficace, VILDHJARTA prend le contre-pied de tout le monde en livrant sa vision du Djent, au sein d’un album complexe et très noir, mais délivrant des passages terribles et montrant un vrai talent de composition, et une originalité bluffante notamment grâce à l’ambiance chaotico-forestière. Måsstaden est vraiment peu accessible et ne s’adresse qu’aux Djentlemen les plus avertis, et souffre de petits défauts, ce qui dessert un peu l’ensemble qui est tout de même d’une très grande qualité dans son genre. VILDHJARTA fait donc son entrée dans les bacs avec un disque déjà abouti mais qui suscite autant d’interrogations que de promesses. A vous de voir si c’est ce que vous attendiez ou pas, si vous vous laisserez emporter dans cette atmosphère délicieusement sombre, en ce qui me concerne je suis plutôt convaincu mais pas à 100%, ce disque n’étant peut-être pas aussi réussi que prévu. Thall.

PS : je dispose de l’édition dite « limitée » du disque, qui est juste un digipack à deux volets. A noter que le livret est aussi sombre que l’album, donc très sombre, ce qui fait que certaines paroles sont carrément illisibles et les illustrations difficiles à contempler, et c’est dommage. Et cette édition limitée ne comporte aucun bonus, alors que la version digitale iTunes présente 3 morceaux (instrumentaux) supplémentaires. Sauvez les supports physiques qu’ils disaient…

http://www.vildhjarta.com/masstaden/ - 207 visite(s)

SoundCloud - 198 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 13573




Auteur
Commentaire
Guitoune
IP:77.194.139.23
Invité
Posté le: 02/01/2012 à 13h14 - (99566)
Groupe de Djent vraiment unique, c'est ce qui fait sa force pour ma part
le côté noir, donne une nouvelle vision du Djent que j'adore


NightSoul
Membre enregistré
Posté le: 02/01/2012 à 15h22 - (99574)
Euh... Je dois sûrement être un des rares à se poser la question mais tant pis :
c'est quoi le Djent ?

Robs
Membre enregistré
Posté le: 02/01/2012 à 16h52 - (99577)
Pour moi,c'est du mathcore^^

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 02/01/2012 à 17h04 - (99578)
le Djent désigne grosso-modo tous les groupes utilisant de la polyrythmie et autres plans syncopés avec une approche ultra-moderne, ce qui s'étend des clones de Meshuggah au groupes de Metalcore Progressif plus ou moins alambiqués en passant par les descendants de Sikth et Textures. voilà.

Aime la drogue
IP:176.31.222.34
Invité
Posté le: 03/01/2012 à 09h35 - (99593)
nul comme les 35000 autres groupes du genre.

Thörden
Invité
Posté le: 03/01/2012 à 12h01 - (99599)
Claque de l'année 2011 pour moi.





Trez
Membre enregistré
Posté le: 03/01/2012 à 12h29 - (99603)
Il a de très bon titres mais d'autres qui ne servent pas à grand chose. Du coup je le trouve long. C'est un exploit de ne pas décrocher et je m'en suis rendu compte la semaine dernière en l'écoutant avec des potes, tout en buvant des coups, quand un d'entre eux m'a dit que le dernier morceau (qui était en train de passer) était surement son préféré. Le truc c'est que j'avais l'impression de le découvrir ce morceau alors que le disque à pas mal tourné chez moi depuis sa sortie...



hainemijure
IP:93.14.83.67
Invité
Posté le: 03/01/2012 à 15h57 - (99610)
Bon album mais je m'en suis vite lassé.

overklems
Membre enregistré
Posté le: 04/01/2012 à 09h23 - (99626)
gros espoir pour moi, j'attend l'album depuis la toute première excellente démo, et grosse déception. Cet album est plat, linéaire et très difficile a appréhender sur la longueur, on commence à s'ennuyer fermement à la moitié du disque (pourtant pas long). Il y a qqs excellents morceaux mais l'ensemble est relativement ennuyeux et poussif. Dommage car ce groupe, bien que très proche de Meshuggah, avait une personnalité propre et des athmosphères vraiment prenantes.



2nd Decapitation
Membre enregistré
Posté le: 04/01/2012 à 14h11 - (99634)
C'est vrai que cet album est très dense et homogène, mais à mon avis c'est ce qui fait sa force!
Leur musique est d'une richesse exemplaire et l'ambiance générale, assez sombre, les démarque bien des autres groupes du style.





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