VAN HALEN - La saga Van Halen : Everybody Wants Some (Camion Blanc) - 28/02/2014 @ 08h45
" - Pendant le procès qui opposait Van Halen à Lee Roth vous étiez de quel côté ?
- Heu... Van Halen !
- C'est bon, c'est un flic..."

Dialogue tiré du film Airheads


Beaucoup de guitaristes "électriques" s'accordent à dire que les deux plus grands noms qu'ont connu la six-cordes au cours des dernières années sont Jimi Hendrix et Eddie Van Halen. Tous les deux semblables à de véritables comètes musicales, les deux musiciens ont chacun créé un raz de marée d'apprentis guitaristes directement inspirés par des morceaux comme "Purple Haze" ou "Eruption". Il n'y a bien sûr pas eu que ces deux-là pour faire avancer la guitare au cours des 30 dernières années, mais il est certain qu'ils se taillent une part de roi dans le grand gâteau des grands novateurs musicaux.
Si d'un strict point de vue musical, je suis beaucoup plus touché par la musique du "Voodoo Child", Van Halen, avec sa technique incroyable et son approche de la guitare conférant au génie, restera quoi qu'il se passe comme "le catalyseur" d'une technique qui lui sera à jamais liée : le tapping.
Eh oui, première information intéressante de la biographie de Ian Christe, Eddie Van Halen N'EST PAS l'inventeur du tapping. On trouve dès 1969 avec Emmet Chapman une ébauche de cette technique grâce à une étrange guitare à dix cordes qu'il suffisait de frôler avec ses doigts pour faire sonner. En 1971, Steve Hackett de Genesis avait testé le tapping sur plusieurs chansons de Nursery Cryme et Brian May aurait esquissé cette technique lors d'un petit passage de "Bohemian Rhapsody" en 1975. Par contre, tous les musiciens reconnaissent que personne avant Van Halen n'avait porté cette technique à un tel niveau de fluidité et de complexité... le tapping n'étant, par dessus le marché, qu'une facette du guitariste, son jeu incroyablement riche et si personnel étant tout bonnement ahurissant.
Alors oui, pour moi petit guitariste de metal, quand j'ai découvert Van Halen c'était à travers les solos et les riffs d'Eddie. Et c'est lorsque j'ai découvert le premier album que j'ai vu que VAN HALEN c'était aussi de super chansons, un batteur de ouf, un bassiste discret mais très efficace et un chanteur haut en couleur, l'impayable David Lee Roth dont nous aurons l’occasion de reparler un peu plus bas.

Quand j'ai commencé à lire les différentes interviews du groupe, j'ai vu que VAN HALEN, c'était aussi de saignants règlements de compte par voies de presse interposées, beaucoup d'argent et finalement pas mal de cicatrices derrière les sourires de façades. Du coup, malgré les vêtements aux couleurs criardes et les mélodies en mode majeur, de nombreuses fêlures commençaient à fissurer la carapace des méga stars. Alcoolisme, dépression, batailles juridiques, coups bas, ego démesurés et bénéfices colossaux auront abîmé les musiciens, laminé la prime camaraderie qui les liait au départ jusqu’à emmener le nom même de VAN HALEN très loin de son aura originelle (l'arlésienne des chanteurs du groupe vaut en effet son pesant de cacahuètes). Et si le groupe a certes eu énormément de succès, il aura aussi largement vu le revers de la médaille, puisque des problèmes, VAN HALEN en a bouffé des tonnes.

En effet, je ne connaissais pas très bien l'histoire du groupe et je dois dire que maintenant que j'ai terminé le bouquin, je suis sur le cul. Jamais je n'aurais cru que l'histoire du groupe était aussi folle et rocambolesque. Niveau anecdotes "légendaires", VAN HALEN n'est franchement pas le dernier et se situe même à certains moments au niveau des tarés qu'ont pu être Ozzy ou Alice Cooper au sommet de leur carrière. Entre la personnalité particulière d'Eddie et la grande gueule de David Lee Roth, il y a ici du croustillant à se mettre sous la dent. Putain mais David Lee Roth... quel personnage ce mec !

Cependant, le bouquin ne se centre pas uniquement autour de la blague et de la gaudriole. Le biographe, Ian Christe, est un auteur réputé ("Sound Of the Beast", "High Voltage Rock n'roll") qui a choisi d'opter pour une forme de récit chronologique classique où ce sont les événements jalonnant la vie du groupe et les diverses anecdotes qui rythment le débit du récit. Du coup, comme "Everybody wants some" oscille en permanence entre l'ubuesque et le dramatique, le bouquin est plutôt confortable à lire et assez sympa.
On regrettera juste que Ian Christe sorte parfois de l'histoire VAN HALEN pour nous livrer à plusieurs reprises son avis personnel sur d'autres groupes. S'il se contentait de dire que tel ou tel groupe ne lui plaisait pas, cela passerait... mais à deux trois reprises, il sort des analyses assez dures à avaler. Heureusement que lorsqu'il cause de VAN HALEN, il sait de quoi il parle.

Véritable passionné du groupe (on sent d'ailleurs de manière claire de qui Roth ou d'Hagar a sa préférence), il retrace grâce à sa connaissance du combo et au travers de nombreuses interviews toute la vie de VAN HALEN. J'ai été très étonné d'apprendre du coup que Van Halen a été un des premiers groupes à populariser la clause "M&M's" dans ses contrats (la fameuse haine légendaire du groupe contre les M&M's marrons), que Roth a entamé une formation d'ambulancier pour bosser dans le Bronx... alors qu'il n'avait plus besoin de travailler pour subvenir à ses besoins et que Michael Anthony était un véritable expert de la sauce piquante.

Je ne vais pas vous livrer de manière exhaustive les meilleurs moments de cette folle odyssée, l'histoire du groupe étant suffisamment incroyable pour que jamais le livre ne soit ennuyeux. Très intéressant aussi de se rappeler que si VAN HALEN n'est pas très populaire en France, il est une véritable institution aux États-Unis. Du coup, cela replace un peu le groupe dans l'impact qu'il a pu avoir dans la musique moderne, au-delà de l'apport guitaristique d'Eddie ou des gesticulations de Lee Roth.

"Everybody Wants some" est donc un livre que je recommande à tous les amateurs du groupe et à tout ceux qui ignorent combien VAN HALEN reste un groupe capital de l'histoire du rock.

Titre : La saga Van Halen "Everybody wants some"
Par : Ian Christe
Editeur : Camion Blanc
Traduit par : Angélique Merklen et Maxim Dubreuil
Nombre de pages : 484
Prix : 36 Euros


http://www.camionblanc.com/ - 117 visite(s)


Rédigé par : Pamalach | Let There be Roth/ | Nb de lectures : 12867




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Commentaire
kurglom
Membre enregistré
Posté le: 01/03/2014 à 18h49 - (111205)
Le 2eme groupe que j'ai découvert après AC/DC (il y moultes années). il est vrai que mis à part Jump en France on ne connaît pas trop. VH1 quel album ! je pense que je vais me laisser tenter ...



hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 01/03/2014 à 22h53 - (111207)
Je l'ai lu en english, pas réussi à le terminer (la période post Hagar est d'un chiante), bien pour les fans je suppose. Je n'aime que le premier album, puis j'aurais aimé avoir plus d'anecdotes sur les Monsters Of Rock américains, avec Metallica qui leur volait la vedette tous les soirs.



buru
Membre enregistré
Posté le: 05/03/2014 à 20h22 - (111238)
J'adore ce groupe mais ce sont de vrai putes, quand est-ce qu'il vont venir jouer en Europe...c'est LE groupe que j'aimerai voir



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