UFYCH SORMEER - Anthem to the Glory of the Great Octagon (Ancestral Craft/Adipocere) - 15/01/2002 @ 21h43
Il est hypothétique que Byron et les mecs de Bal Sagoth écoutent jamais ce disque, mais si cela leur arrive ils risquent forts d'en rester constipés pour le restant de leurs jours. En effet quelle ne fut pas ma surprise de constater que, pour une de ses premières sorties depuis le remarquable premier album de Dark Sanctuary, le label parisien Ancestral Craft cautionne un groupe qui donne au terme "plagiat" une dimension nouvelle et pour le moins ultime: celle du trait pour trait. Très franchement il y a de quoi soulever toute une polémique sur la démarche du groupe, mais comme je suis bon public en général et poussé à l'objectivité par mon statut de chroniqueur, je m'abstiendrai de trop allumer la mèche, conscient que d'autres s'en chargeront pour moi.

Pour rester clair et concis, ce premier album d'Ufych Sormeer, rapporté à la discographie des fameux britanniques en armures, se place plus ou moins à la jonction de "A Black Moon broods over Lemuria" et de l'inégalable chef d'oeuvre "Starfire burning upon the ice-veiled Throne of Ultima-Thule". On y retrouve en ordre de bataille tout ce qui a fait le succès des albums susnommés, en première ligne bien entendu les synthés pompiers de service qui servent de fil rouge à la cavalerie rythmique et à des guitares saturées au possible qui s'échinent à apporter un peu de tonus, mais qui sont presque reléguées en filigrane tant c'est le côté épique "Hollywoodien" qui règne. Pour ficeler le besoin d'émulation intégrale de leurs modèles, Ufych Sormeer ont même adopté - plutôt fidèlement il faut le reconnaître - les éternels vocaux narratifs au ton grave et ampoulé qui servent de contrepoint au chant black, lui aussi - là ils auraient pu s'en dispenser - tout aussi pourri que l'original. Pas assez de preuves peut-être ?
Bon alors le coup de grâce sera porté par la pose "chacun son glaive" des musiciens, les illustrations made in Games Workshop et les titres des morceaux, longs de trois kilomètres (genre "The Tiumph of the tentacular Chaos is sealed by the Blood of the Sorcerer"... tout un programme !).

En définitive le quatuor a bien appris sa leçon, si ce n'est au niveau des textes pseudo-héroïco-manowariens, torse bombé et protège-testicules en airain, dont l'épaisseur n'excède guère celle d'une feuille d'aluminium, mais on ne pouvait pas non plus demander à des petits Frenchies de rivaliser avec les écrits de Byron, diplômé de littérature anglaise. Les morceaux au style évolutif, bien que (trop ?) courts, livrent leur part de sensations belliqueuses et magistrales mères d'auto-satisfaction chez l'auditeur qui éprouve des difficultés à décoller de ses RPG et de ses bouquins d'Eddings. On peut même dire que l'on a affaire à de superbes ardeurs claviéristiques que l'on aimerait ne pas devoir taxer d'inspirations fond-de-tiroir. Il est de surcroît presque amusant de constater que les très rares passages qui ne sonnent pas comme du Bal Sagoth pur jus lorgnent grassement vers Cradle of Filth époque "The Principle of Evil made Flesh", un hasard ? Certainement pas, ce qui fait se reposer la question de la nécessité d'une telle production. Pas qu'Ufych Sormeer risquent un procès pour violation de la propriété artistique (encore que...), mais il est à craindre qu'ils s'attirent plus d'antipathies et d'anathèmes que de bienveillances.

D'un côté les irréductibles de Bal Sagoth seront ulcérés et hurleront au scandale et un peu hypocritement à la pâle copie, de l'autre les détracteurs farouches trouveront un nouveau bouc émissaire pour se défouler. Au milieu ceux qui se fichent impérialement de la horde à Byron ne lèveront pas la lunule du petit doigt en direction d'Ufych Sormeer. Au dessus les chantres de l'éthique leur promettront le bûcher, et enfin les plus tolérants et ouverts d'esprit trouveront quand même ça bien louche et se diront que, zut après tout, il y a assez de petits groupes français innovateurs et méritants pour ne pas perdre son temps avec des pasticheurs.
En résumé, un vilain zéro pointé pour l'individualité - voire l'honnêteté - et le reste de la note (la note quoi...) parce que celle-ci doit avant tout se mesurer au plaisir d'écoute du chroniqueur sur la durée.
Y a-t-il plaisir d'écoute ou pas ? Je vous laisse juges...




Rédigé par : Uriel | 12/20 | Nb de lectures : 6126




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Commentaire
Shinmaniphel
Invité
Posté le: 05/03/2002 à 16h26 - (641)
Attendez, attendez... C'est qu'aux premières écoutes, il est pénible de n'entendre que du Bal Sagoth. En réalité, même si c'est des vilains copieurs, je les trouve moins lourd que les anglais. Et le son glacial est très rafraichissant (et à la fois nous remplit de nostalgie), pour finir la voix est bien meilleure que chez BS.


sakrifiss
Invité
Posté le: 05/05/2003 à 08h01 - (3350)
Uriel a quand meme bien trouvé un avantage en disant qu'ils font ce que Bal Sagoth FAISAIT. Parce que maintenant Bal Sagith c'est tout pourri. Alors le retour de Bal-Sagoth que nous attendions tous est peut-etre là??? Grattez la pochette et marquez Bal-Sagoth. C'est tout aussi agréable.

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