TRIAL - Vessel (High Roller) - 19/03/2015 @ 07h47
En regardant tous les groupes affiliés au 'renouveau' du heavy metal, la Suède est l'un des pays, si ce n'est LE pays, à nous fournir les noms les plus intéressants. Citons pèle-mêle Portrait, Ram, In Solitude, Air Raid, Enforcer, Night, Ambush ou autres Katana et Wolf. Aujourd'hui, nous ajoutons à cette liste Trial auteur là déjà de son 2ème album.

Ici pas de Metal Blade, Century Media ou Nuclear Blast pour les supporter mais l'excellent label allemand High Roller Records, qui a fêté il y a peu ses 10 ans. Si Trial propose un heavy metal aux relents old school, il ne s'agit pas d'un énième groupe vintage obnubilé par la scène anglaise (au contraire d'un Night Demon qui ne se cache pas citer la N.W.O.B.H.M comme influence première). Trial est à rapprocher de combos comme Portrait et Attic, ces 3 là partagent en effet l'influence du maître danois, Kim Bendix Petersen, plus communément appelé King Diamond. Autant cependant Portrait arrive à développer une belle carrière sans être un rip-off du King (et de Mercyful Fate), autant Attic est pour l'instant bien plus critiquable suite à son unique album (en 2012), qui manque parfois (souvent ?) sévèrement de personnalité.

Après plusieurs écoutes de « Vessel » qui précisons le, ne contient que 7 titres et dépasse les 50 minutes, je me suis vite aperçu que Trial était un groupe qui avait quelque chose en plus, cette faculté à composer de longs titres admirables qui méritent attention et la volonté d'aller au bout (de l'album) ; lorsque le déclic est atteint (ça m'a pris 3 écoutes), l'envie de se le repasser n'en est que meilleure. La force première de Trial est ainsi de marier plusieurs influences qui se croisent et se rejoignent. Ces éléments propres au heavy metal, au doom voire à la limite du speed metal donnent de la teneur à l'ensemble qui se voit enrichi par l'apport de guitares acoustiques, notes de piano, cithare ou encore trompette ; en plus de sonorités rappelant les 70's et bien sûr les 80's, il me faut souligner la présence à plusieurs reprises de ces arpèges glacials de guitares qui renvoient au black/death metal suédois à tendance mélodique, du milieu des années 90 (« Through Bewilderment » en tête).

D'ailleurs c'est la paire de guitaristes Alexander Ellström et Andreas Johnsson qui est responsable de l'intégralité de la composition musicale de « Vessel ». Et les gars ont fait un boulot appliqué et assez minutieux en développant des titres longs (excepté le morceau-titre servant plutôt d'introduction), allant de 5'50 à un final monstrueux de 13 minutes. Ces compositions à 'tiroir' se décortiquent avec plaisir, ici et là des soli fluides et carrés (« To New Ends »), des alternances de tempos tel l'atmosphérique et enivrant « Ectasy Waltz » aux vocaux déclamés qui se promènent sur une 'texture instrumentale' plutôt doom (fortement marquante), tandis que « Where Man Becomes All » tape dans un heavy de haute volée avec des lignes de chant convaincantes et pas si répétitives qu'elles ne laissent paraître.

Des voix haut perchées il y a principalement, Linus Johansson n'hésite pas à adopter un ton théâtral et vivre pleinement ses textes (« Restless Blood »), où il me fait alors penser à de grands chanteurs, du type Bruce Dickinson ou Messiah Marcolin. Je ne ressens au final pas spécialement d'influences danoises de ce côté de Trial, mais davantage d'un point de vue musicale et la teneur des ambiances (excepté « A Ruined World » assez proche de l’œuvre du King, à tous les niveaux). Il n'est au demeurant pas surprenant d'apprendre que c'est Andy LaRocque himself, aidé par le jeune Olof Berggren (employé également au sein des Sonic Train Studios), qui a produit et enregistré « Vessel ». Le mixage et mastering sont eux signés du non moins prisé Patrick W. Engel. Il en résulte un son équilibré, propice pour valoriser les atmosphères et mettre en avant équitablement chaque pièce faisant l'identité Trial. A ce titre, le délicieux « Where Man Becomes All » aux backing vocaux plutôt typés power metal (j'y ressens du Persuader) n'en est que meilleur, la combinaison des sons est juste, les notes acoustiques trouvent leur place, les riffs ne sont pas écrasés par une batterie en plastique, la basse jalonne le parcours et donne la direction à un chant peut être pas entièrement versatile, enfin tout de même fort expressif. Et les autres morceaux ne sont pas moins garnis, loin de là. Surtout pas ce final aventureux, « Restless Blood », jolie quintessence de Trial et successeur approprié d'un « Phosphoros » (12'58) paru en 2011, sur le premier album du groupe.

Alors oui il n y a peut être pas de refrains à reprendre en chœur (mais est-ce bien utile ici ?), la voix pourra elle vous énerver, enfin difficile de ne pas reconnaître à Trial une véritable qualité d'écriture et une certaine inspiration, qui ont tendance à faire régulièrement défauts dans cette scène. Et personnellement plus d'un passage de l'album me reste (avec plaisir) en tête, preuve aussi que cette 'richesse' sonore n'est pas stérile et oubliée aussitôt écoutée.




Rédigé par : gardian666 | 16,5/20 | Nb de lectures : 9118




Auteur
Commentaire
Keyser
Membre enregistré
Posté le: 19/03/2015 à 09h05 - (116169)
Album fantastique très proche de Portrait (et donc de Mercyful Fate) mais en plus personnel, plus onirique. Vraiment prenant!



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