TONY IOMMI - Iron Man : Mon voyage au paradis et en enfer avec Black Sabbath (Camion Blanc) - 19/07/2013 @ 08h18
"Pour eux, c'est à la perte de mes doigts que l'on doit le son profond et grave de BLACK SABBATH, qui, à son tour, a inspiré la plus grande partie de la musique Metal qui a suivi. J'admets volontiers qu'appuyer sur les cordes avec mes doigts sectionnés me faisait un mal de chien et que j'ai dû réinventer mon style pour atténuer la douleur. Et au cours de l'opération, c'est vrai que BLACK SABBATH c'est mis à sonner comme aucun autre groupe auparavant - ou depuis à vrai dire. Mais dire que j'ai créé le Heavy metal à cause de mes doigts ? Il faut quand même pas pousser.
Après tout, l'histoire est bien plus longue que ça.


Tony Iommi

En choisissant d'introduire son propos avec cette mise au point mouillée d'acide, Tony Iommi affiche dès le départ une certaine liberté de ton et une volonté manifeste de mettre les pieds dans le plat.
Aller dans le même sens que tout le monde c'est pas le style de la maison Iommi, et ramener le son du heavy metal à un "simple" accident de presse est une bêtise selon lui. Considérer les événements de cette façon, c'est oublier les musiciens derrière les instruments et la qualité des chansons composées. Dès le départ, mister Tony Iommi montre qu'il n'a pas la langue dans la poche et ce n'est pas la suite du livre qui contredira cette entrée en matière.

En bon Britannique, le moustachu montre dans ses lignes qu'il a un certain goût pour l’irrévérence, l'humour noir et l'indépendance d'esprit. D'une apparence un peu austère, le guitariste peut renvoyer l'image d'un travailleur sérieux, bosseur et discipliné (un peu à l'opposé de la folie d'Ozzy en fait).
C’est là qu'apparaît le premier intérêt du livre, puisque le père Iommi est assez éloigné de l'image que je m'en faisais. Bon, j'imagine aisément que IRON MAN ne surprendra pas le fan Hardcore de BLACK SABBATH, mais pour moi, cela a été la découverte d'un personnage que je ne soupçonnais pas.
Honnête, Iommi n'est pas avare d'anecdotes sur toutes les bêtises qu'il a pu commettre mais il n'oublie pas au passage d'éclabousser ses camardes Osbourne, Butler, Ward, Dio, Appice et bien d'autres racontant ainsi des pans entiers de la vie de Sabbath sous des angles assez funs et ludiques.
Les précisions sur la naissance des morceaux, les différentes tournées et les allées venues des musiciens raviront ceux qui ont envie d'en savoir toujours plus. Le guitariste réussit donc à satisfaire la curiosité des aficionados tout en parlant de sa vie et de sa famille, avec clarté et sans lourdeur aucune.

Le livre est en effet découpé en petits chapitres, chacun traitant d'un aspect particulier de la vie du guitariste. Écrit de manière chronologique, Iommi parle de tout et de rien et intéresse autant qu'il fait rire. C'est d'ailleurs cet aspect qui me marque de manière la plus forte puisqu'on découvre Iommi comme un grand blagueur, n'hésitant pas aller toujours plus loin dans les conneries quitte à blesser de manière sérieuse les malheureux qui partagent son quotidien (le bougre brûlera assez gravement son camarade Bill Ward).

Un peu moins fun est le côté où on découvre un Iommi parfois rude (voire rustre) dans sa façon de gérer "ses" musiciens.
On le découvre même assez détaché des répercutions de certains de ses actes ce qui le fait apparaître à certains moments comme un individu assez froid. C'est heureusement contrebalancé par les regrets qu'il exprime à plusieurs moments et une sensibilité qu'il n'hésite pas à exprimer à plusieurs moments.
Il serait donc facile de jeter la pierre à quelqu'un qui parle honnêtement de ses failles et qui a au moins le mérite de les assumer. Car sous ces airs de "Lord", Iommi a vraiment l'air d'un gars sympa, qui avait Bonham comme témoin à son mariage, qui est un des meilleurs amis de Brian May, et qui par exemple ne tient pas rigueur à son vieux pote Ozzy pour ses comportements les plus loufoques.

Au final donc une autobiographie instructive et agréable qui se lit facilement et qui donne sacrément envie d'écouter les albums où joue le bonhomme. Je terminerai en revenant à ce que Tony disait au départ : limiter le heavy metal à deux doigts... faut quand même pas pousser. Il a sacrément raison le bougre !

Titre : IRON MAN : Mon voyage au paradis et en enfer avec Black Sabbath
Auteur : Tony Iommi
Traduit par : Adrienne Bernardi
Nombre de pages : 473
Prix : 36 Euros
Collection : Camion Blanc



Rédigé par : Pamalach | Man of steel/ | Nb de lectures : 12043




Auteur
Commentaire
grozeil
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2013 à 09h36 - (108290)
La chronique retranscrit exactement ce que j'ai pensé du livre (acheté en anglais pour ma part, j'ai pas réussi à attendre la traduction) : clair, marrant (très parfois), l'impression que Iommi est autant un gentleman qu'un con sacrément cynique (il évoque très peu les années Tony Martin par exemple). Probablement le meilleur livre musical que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui.



SvartNjord
Membre enregistré
Posté le: 19/07/2013 à 11h13 - (108292)
Yep pas encore lu mais au programmme. A note qu il est dispo en format electronique a 25 euros

Bras cassé
Membre enregistré
Posté le: 13/08/2013 à 04h16 - (108586)
Super kro. J'achete!

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