THE SLAYERKING - Sanatana Dharma (Finisterian Dead End) - 14/04/2016 @ 07h16
Est-ce qu’Efthimis Karadimas a décidé de mettre en parenthèse NIGHTFALL ? La question peut légitimement se poser tant les derniers disques de sa formation historique se sont montrés d’une faiblesse presque indécente, bien loin de l’inspiration et de la cohérence de ses débuts. En 2013 celui-ci s’est lancé dans une nouvelle aventure en parallèle, tout en s’étant acoquiné pour l’occasion avec le guitariste Kostas K. (qui a également évolué dans NIGHTFALL comme bassiste entre 2004 et 2006) et une jeune batteuse au doux nom d’Anna Eleftherou, l’ensemble nous offrant aujourd’hui sa première livraison de près de quarante minutes qui a les moyens de ses ambitions. En effet outre la pochette et l’artwork signé de l’incontournable Costin Chioreanu (à l’ambiance très art-déco et à la Alfons Mucha), la signature sur le label breton Finisterian Dead End est également prometteuse tant ce dernier est réputé pour la qualité de ses sorties.

Sur le papier les grecs ont tout pour réussir car en plus ils ne se sont pas trop éloignés de leurs styles de prédilection, du coup ça évolue entre Death Mélodique, Doom aux accents très 70’s et légères influences Gothiques, avec des thèmes traitant aussi bien de l’histoire que de la philosophie, de la mélancolie ou encore de la littérature sombre et fantasmagorique. Avec « She is My Lazarus » on voit tout de suite où les hellènes veulent en venir tout en montrant aux auditeurs l’étendue de leur bagage technique car d’entrée ils envoient leur titre le plus long qui démarre tout doucement et très lentement avec juste la basse, quelques effets de guitare et le chant tout doux durant les couplets, l’ensemble alternant de manière plus lourde et doomesque pendant les refrains, le tout conjugué à un solo excellent et très typé Tony Iommi, cependant malgré sa diversité il faut reconnaître que l’ensemble a quand même du mal à démarrer car il se retrouve plombé à cause d’une durée un peu excessive.

D’ailleurs on peut aussi regretter également un certain manque de rythme car malgré la multitude de variations le tempo lui reste assez lent voire parfois un peu plat et l’on aimerait que ça se soulève un peu plus, d’ailleurs ces points sont un peu récurrents sur les autres morceaux. Cependant après ce début un peu timoré « Black Mother of the Lord of Light » se montre plus convaincant avec son ambiance mélancolique, ses riffs et sa batterie en totale synchronisation et des petits arpèges pour apaiser le tout, notamment grâce à la voix de son leader qui réalise une prestation de haute volée tout au long du disque en alternant entre growls et voix claires, voire chuchotements parfaitement en raccord avec la musique. Celle-ci est d’ailleurs parfaitement produite, la guitare ne prédomine pas trop, la basse ronfle et s’entend enfin la batterie n’est pas proéminente et se fait discrète quand il le faut, d’ailleurs il faut saluer la prestation de la jeune Anna qui offre un éventail très large de son jeu (aussi bien très fin et doux que plus lourd et carré) sans jamais se mettre en avant car elle joue juste sans en faire trop, elle se met au service du son et du groupe avant tout.

Le plus planant et réussi « Sargon of Akkad » nous montre encore une fois que la grande période du rock progressif les a marqués, car tout en étant un peu plus électrique on retrouve les parties longues et atmosphériques de l’âge d’or des PINK FLOYD, tout comme pour « Magnificent Desolation » au nom bien choisi où se mêle un peu d’ambiance orientale, de jeu légèrement jazzy tout en y ajoutant du gros mid-tempo très lourd quand la guitare se fait plus massive, l’ensemble est rempli de bonnes idées et est fort agréable. En plus de cela « My Lai » est sans doute le titre le plus original de cette galette avec son démarrage presque plaintif et susurré tout en se mélangeant allègrement et de manière impeccable avec les passages plus écrasants et purement métalliques. Au milieu de tout cela « We Are The End » fait un peu tache malgré sa construction plus classique et basique, car justement ces points-là manquent un peu d’idées et l’ensemble tombe vite un peu à plat même si là encore les solos sont imparables et d’une grande justesse, heureusement la suite est plus réussie à l’instar de l’ultime morceau « Southern Gate of the Sun » qui malgré là encore des longueurs un peu flagrantes se révèle d’une grande finesse.

Du coup malgré ses erreurs et fautes de goût (et sans être une réussite totale) cet opus a néanmoins beaucoup d’arguments à faire valoir et d’idées explorées qui s’imbriquent parfaitement les unes dans les autres, et l’on voit le niveau de chacun des membres qui trouvent une cohésion et une harmonie musicale que l’on ressent durant une bonne partie de l’écoute qui se révèle agréable et mélodieuse. Avec un potentiel qui ne demande qu’à plus s’exprimer avec le temps il y’a de grandes choses que le trio trouve mieux ses marques à l’avenir, à eux de densifier le tempo ainsi que leurs futurs titres pour que l’accroche soit encore meilleure afin d’éviter une certaine linéarité qui se fait sentir ici et là.




Rédigé par : GabinEastwood | 13,5/20 | Nb de lectures : 6076




Auteur
Commentaire
philgore
Membre enregistré
Posté le: 14/04/2016 à 13h08 - (119837)
Un album tout a fait à mon goût.



Cmad
IP:109.2.43.90
Invité
Posté le: 14/04/2016 à 15h34 - (119839)
Alfons Mucha est le génie de l'Art Nouveau (pas de l'art déco, postérieur).

Humungus
Membre enregistré
Posté le: 16/04/2016 à 06h25 - (119855)
Postérieur toi-même !

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