THE RODEO IDIOT ENGINE - Malaise (Throatruiner) - 17/03/2016 @ 07h32
Ça fait très égocentrique de débuter une chronique de disque par « Je » mais bon, tant pis, c’est comme ça. Je suis les basques depuis le début, lorsque j’avais reçu leur première démo, très dillingerienne à l’époque. Depuis, le groupe à grandi, évolué, muté et est passé par bien des états : un premier album très moyen, un second album qui redressait bien la barre et maintenant voici qu’arrive le troisième. « Album de la maturité » est une belle arnaque de critique et de chroniqueur, un truc qu’on ressort sans arrêt pour tout et n’importe quoi histoire de se donner contenance. Ben voilà, je le ressort ici, pour parler de « Malaise » qui est donc « l’album de la maturité » de THE RODEO IDIOT ENGINE.

Qu’est ce donc que ce fameux disque de la maturité ? Ici, c’est le disque sur lequel le groupe parvient le mieux à utiliser toutes ses capacités de composition, de jeu, de création. « Malaise » est sans conteste le meilleur disque des basques parce qu’il réunit tout leurs points forts et évacue les faiblesses des précédents. « Malaise » donne l’impression d’être plus travaillé, plus réfléchi, plus complet, plus cohérent aussi. Il suffit de regarder la pochette pour s’en convaincre. De loin, la plus belle, la plus expressive, la plus artistique de toute leur discographie. Tout est là, dans la simplicité brute d’une simple photo. Une simplicité qui en dit long pourtant. C’est très beau mais en même temps en peu étrange, qui procure une sensation d’inconfort parce qu’elle nous bouscule dans nos habitudes et nos certitudes. Le malaise.

Le malaise est palpable dès les premier titre « Le Parfum » un morceau long de cinq minutes qui démarre en trombe, dans le chaos, la folie, la violence brute, comme pour mieux nous happer et nous emmener de force dans l’univers de ce disque. On retrouve sur ce morceau, le groupe que l’on connaissait sur « Conséquences », le précédent album mais avec quelque chose de plus. La violence oui mais aussi plus de finesse dans le jeu de guitares, dans la composition des riffs, on sent poindre les premiers germes d’une petite évolution bienvenue. La rage est là mais semble plus contenue, plus maîtrisée donc plus efficace aussi. L’enchaînement avec le titre suivant se fait tout seul, on ne le remarque pratiquement pas. On reste toujours dans le hardcore sombre et charbonneux du groupe mais avec encore une meilleure approche du jeu de guitare qui se déploie par nappe et plus seulement dans la violence syncopée typique du style, ce qui apporte une touche screamo qui se confirmera dans la seconde partie du morceau portée par une voix à la limite, dans le bon sens du terme, comme on sait le faire dans le screamo, justement. Une touche screamo qui est bien mise en valeur par la production impeccable dont le seul « défaut » est sa signature : à l’écoute on sait tout de suite d’où elle vient.

La suite de l’album sera pleine de surprises, outre les influences punks et screamo citées plus haut, on trouve aussi des morceaux de hardcore chaotique, la base, mais aussi de longues plages post hardcore inspirées et toujours placées sous le signe du malaise. On peut entendre des cordes inspirées du grand, de l’immense Barnard Herman sur un « Syngue Sabour » tout en émotions, en rage contenue qui explose d’un coup, lors d’un final à la fois grandiose et d’une profonde tristesse. L’énergie du désespoir. Cette énergie on la retrouve aussi dans l’acmé de ce disque, le point d’orgue, le sommet très haut composé de « Ildoak » et « Makurrak » soit ce que le groupe a livré de meilleur jusqu’à aujourd’hui. C’est là, dans ces deux morceaux que se retrouve l’essence de THE RODEO IDIO ENGINE. « Ildoak » explore et explose les racines post hardcore dans une sarabande tribale, primale et infernale tellement riche et porteuse de tant d’atmosphères et d’émotion évacuées lors d’un cri rageur qui constitue la seule participation vocale à ce morceau long de sept minutes. « Makurrak » chanté en langue basque s’impose comme le meilleur titre « classique » de par son chant justement qui apporte beaucoup de rudesse et de violence supplémentaire grâce à ses sonorités qui collent vraiment bien à la voix et au style. Musicalement, on trouve aussi quelques accélérations supersoniques crust/d-beat mais toujours enrobées de ce hardcore chaotique qui n’hésite pas à lorgner vers le screamo encore une fois.

Pour bien finir, les basques nous laissent sur le cul avec « Thousand Of Nails » qui conclut ce disque en beauté et résume en son sein les trente minutes qui l’ont précédé. Une descente, le calme qui suit l’explosion. Ponctué de voix féminines et masculines que l’on imagine ancestrales et pleines de vie, d’histoire, de drame aussi qui nous laisse un drôle de goût en bouche et dans les oreilles. Celui du désenchantement, de la fin, de la tristesse. Le malaise.





Rédigé par : Seb On Fire | 16/20 | Nb de lectures : 6766




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