THE PRISONER - The Silence And Nothing (Melancholia) - Selection VS du 08/02/2013 @ 08h35
Dans un combat de rue, tout se joue sur le premier coup. Dans neuf cas sur dix, celui qui frappe le premier et touche son adversaire gagne la bagarre. L’effet de surprise offre toujours un avantage décisif. Les parisiens de THE PRISONER l’ont bien compris et frappe très fort d’entrée jeu. Tout est joué après les premières secondes de « They Are Only Me » qui font l’effet d’autant de patates dans la tronche. Toi, pauvre auditeur, tu es sonné et tu sais que tu va prendre cher pendant cinquante minutes. Mais tu souris, parce que tu sais que masochistement, tu va aimer ça.

THE PRISONER c’est en vrac des mecs issus de groupes parisiens aussi cultes que Kickback, 6DTC, Might I Right, l’Esprit du Clan et Hangman’s Chair. Et que font tous ces gens là quand ils se retrouvent ? Du hardcore ? Ben non, ils montent un groupe de Metal Extrême. Vraiment extrême. Avec du blast à foison, des riffs black metal, des claviers qui posent une vraie ambiance et une voix sortie des Enfers. Cette voix est celle de Clem. On le savait excellent bassiste grâce à ses prestations au sen de l’Esprit Du Clan et d'Hangman’s Chair, on le découvre vocaliste de haute volée sur ce disque. Hargneuse, agressive et dégoulinante de haine, elle est un des points fort de cet album qui en compte beaucoup d’autres. La maturité par exemple. Certes « The Silence And Nothing. » est leur premier album mais on sent que ce ne sont pas des jeunes zazous derrières les instruments. Ce disque est construit, pensé, intelligent, admirablement composé et articulé autour de la triplette « As I Descend », « …Into Storm Of Cries » et « …Like A Thousand Black Tears. » Là on est face à la quintessence du groupe. Une musique extrême, technique et complexe mais qui ne sombre jamais dans la froideur et la démonstration gratuite. Le groupe s’inspire de la scène Black Metal pour créer des ambiances, des atmosphères vraiment prenantes et prégnantes. On ressent le malaise, la détresse et la noirceur profonde qui se dégage de la musique. Les claviers, parfaitement utilisés, apportent une vraie plus value en terme d’atmosphères et habille la musique construite autour des guitares balançant de riffs épiques et désenchantés. Les compositions sont longues, dépassant parfois les neuf minutes, mais jamais rébarbatives. Le groupe trouve toujours le truc qui parvient à nous happer et à nous projeter dans son univers. Cet album transpire l’énergie du désespoir et le désenchantement. On le ressent presque physiquement.

La première écoute s’avère monolithique et assez complexe, on se prend tout en pleine face sans bien comprendre à qui on a affaire. Puis au fil des écoutes, la violence et la complexité restent présentes mais les choses se décantent et peu à peu, on découvre la personnalité de chaque morceau et on rentre tout entier dans l’univers sombre et désincarné proposé par THE PRISONER. La technicité est toujours mise au service de la musique et pas l’inverse. Les musiciens se servent de leur maitrise pour composer ou construire de vraies belles pièces de musique plutôt que de se la péter à en foutre partout. Ici c’est la musique qui, passe avant tout, pas la démonstration.

On a beaucoup parlé de black metal mais il n’y a pas que ça dans THE PRISONER, leur musique parcourt tout le spectre de l’extrémisme en matière de metal. On y trouve aussi du death mais passé à la moulinette THE PRISONER, du heavy symphonique, du grind, du metalcore voir même du power metal comme le prouve ce solo qu’on croirait aisément sorti d’un album de Pantera. Le tempo est rapide et dominé par des blasts d’une grande puissance sur la majeure partie de l’album mais ils sont aussi capables de ralentir le tout et de faire dans la lourdeur presque doom metal sur « As I Descend » notamment. Pour être clair et bref, les mecs réussissent tout ce qu’ils tentent. Puis pour ne rien gâcher la production est impeccable, d’une clarté rare pour une musique de ce style là et elle offre un vrai univers sonore aux huit compositions qui composent ce premier album plus que réussi. On appelle ça une entrée en matière fracassante et THE PRISONER est prêt à en découdre afin de poser son empreinte sur la scène extrême française.


http://theprisonerband.com/ - 230 visite(s)

Trois titres en écoute. - 299 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 17/20 | Nb de lectures : 12898




Auteur
Commentaire
pipi
IP:92.103.117.132
Invité
Posté le: 08/02/2013 à 11h46 - (105888)
Clem était vocaliste bien avant ce projet...genre dans Knockoutz...

Sebathan
Membre enregistré
Posté le: 10/02/2013 à 01h49 - (105896)
L'extrait donne envie !!!

lolo
IP:82.247.57.187
Invité
Posté le: 10/02/2013 à 12h49 - (105897)
Une belle grosse daube ce truc

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 11/02/2013 à 23h24 - (105925)
grosse voix dans knockoutz le clem effectivement

Nekobibu
Membre enregistré
Posté le: 12/02/2013 à 22h16 - (105943)
Pré-écouté (en partie) sur leur site, commandé dans la foulée, je suis en train de l'écouter, ça me plaît toujours, c'est bon signe. :)
A voir après suffisamment d'écoutes, mais des choses plaisantes ressortent déjà : varié mais cohérent, certains riffs restent bien en tête et la voix est excellente.
A suivre !

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