THE OCEAN / MONO - Transcendental (Pelagic) - 20/01/2016 @ 07h31
Un split c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Pas faux, sauf que quand on sait lire la boîte, on a déjà une petite idée de la ganache qu’on va croquer. Là, on voit MONO d’un côté et THE OCEAN de l’autre, on peut se dire que notre bide ne va pas trop souffrir de l’ingestion de ces deux douceurs chocolatées. Si les groupes officient dans des univers différents, beaucoup plus metal chez les teutons que chez les nippons, on peut toutefois observer de nombreuses passerelles entre les deux. Une certaine finesse d’écriture, un amour des atmosphères riches, diverses et variées et une forme d’intégrité artistique qui fait plaisir à voir. Le mariage des deux entités est donc logique et cohérent mais conserve une petit part de surprise et d’imprévu qui fait le sel de l’union.

THE OCEAN ouvre le feu avec le titre « The Quiet Observer ». Il est toujours compliqué de savoir qui fait quoi et qui joue sur quel(s) titre(s) lors d’une publication du crew allemand. Pour l’occasion, un joueur de violoncelle et de piano se sont joints au collectif. C’est justement le piano qui introduit le morceau via quelques notes, bientôt rattrapée par le violoncelle et une nappe de guitare claire et fragile typiquement postrock avant que les choses ne se durcissent via encore une fois la guitare qui se couvre de distorsion pour retrouver le son du collectif. Contrairement aux japonais qui proposeront un titre instrumental, la voix de Loic Rossetti résonne sur « The Quiet Observer ». Tantôt suave, tantôt agressive, elle s’accorde parfaitement avec l’atmosphère, ou plutôt les atmosphères proposées ici. Le morceau emprunte divers chemins, partagés entre postrock baroque, metal et post harcore, afin de varier les plaisirs et de rendre le voyage agréable bien que plus sombre et escarpé, torturé même, ce qui contraste avec le morceau suivant. Les allemands élèvent leur niveau de jeu et s’adaptent au copain pour proposer un morceau long, finement composé et jamais rébarbatif mais auquel il manque un petit quelque chose pour vraiment décoller. Une très bonne entrée cela dit.

Comme ce sont les allemande qui ont ouvert le feu, c’est aux japonais de clore les festivités avec « Death In Reverse » un morceau typique et classique du groupe qui leur permet de rester dans ce qu’ils savent faire : un post rock soyeux, élégant, fin mais solide sur ses bases. Les premières écoutes, si elles ne sont pas décevantes, ne recèlent guère de surprises, MONO déroule sont post rock sur une dizaine de minutes enchanteresses, aériennes, pleines de fragilité, d’une clarté, d’une pureté qui n’appartient qu’a eux. « Death In Reverse » n’est rien de plus qu’une longue montée en puissance, une progression lente mais inéluctable mené par une batterie ferme, mains de fer dans les gants de velours que sont la voix et les guitares. Après la montée, vient toujours l’explosion mais ici elle est ténue, comme étouffée, retenue. Plus une implosion qu’une explosion, si on ne souffre pas trop de la détonation, on est frappé, par le souffle qui nous arrive après coup et nous réchauffe le corps et le cœur grâce à quelques notes de piano et autres cordes fort à propos, parfaitement amenés, en finesse, sans aucune fausse note. Il parait qu’un calme absolu règne après une explosion étourdissante, et bien c’est le cas ici aussi. « Death in Reverse » se termine dans la grâce et le calme d’un matin de printemps. Oui, on pourra regretter une absence de prise de risques et de nouveautés véritablement significatives mais quand le postrock est joué comme ça, si aérien, si fragile, si pur ais-je envie de dire, ce serait idiot de se priver. Pas un morceau révolutionnaire pour MONO mais un excellent titre qui rempli, et bien sa part du contrat.

Au final, on à la deux groupes avec chacun leur spécificité qui s’allient pour offrir un split de vingt-cinq minutes contrasté et en symbiose, les atmosphères plus dures de THE OCEAN font ressortir la douceur de MONO et inversement, la limpidité de façade de « Death In Reverse » met en valeur le tortueux « The Quiet Observer ».
Le tout est emballé dans un super artwork qui, en plus, en fait un bien bel objet tant muscial que pictural.



http://pelagic-records.com/ - 152 visite(s)


Rédigé par : Seb On Fire | 07.5/10 | Nb de lectures : 7200




Auteur
Commentaire
bn
Membre enregistré
Posté le: 20/01/2016 à 17h11 - (119198)
Yes un bel objet !
Et de bons morceaux ! Après par sur qu'il revienne souvent dans la platine mais pour les fans des 2 groupes c'est un joli cadeau ^^



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