THE GREAT DISCORD - Duende (Metal Blade) - 04/08/2015 @ 08h22
Très gros label à ses débuts qui a connu bon nombre de pointures, pourvoyeur de moult formations de Metalcore/Deathcore lorsque le genre avait le vent en poupe, Metal Blade fait aujourd’hui des paris, tente de se dénicher de petits groupes prometteurs, le genre de combos qui fait le sel de toute rubrique « Next Big Thing ». Quitte à s’éloigner du Metal extrême ou même du Metal bien ricain. Voilà donc aujourd’hui THE GREAT DISCORD, groupe suédois existant depuis 2013 qui déboule sans crier gare avec son premier album, Duende. Groupe à chanteuse déjà, ce qui ne va pour autant nous donner une énième formation de gogoth/sympho Metal ringard à nibards, enfin presque, mais pas tout à fait. Voire même pas du tout au premier abord. THE GREAT DISCORD se présente surtout comme un groupe de Metal progressif, ce qui est bien sûr vaste et vague, mais avec ce quintette de Linköping il est difficile d’être précis, même s’il y a quelques influences assez palpables là-dedans.

THE GREAT DISCORD pratique donc une sorte de Metal progressif moderne qui oscille entre bavardages et raffinement, entre technique et calme. Avec une chanteuse de talent au registre varié, entre tons Heavy et chant féminin plus classique (non lyrique pour autant), épicé de quelques envolées ou écarts. Avec ses quelques fulgurances et son chant féminin, THE GREAT DISCORD peut parfois faire penser à des groupes typés Avantgarde/Circus Metal à la UNEXPECT ou STOLEN BABIES, mais en bien moins barré, moins théâtral en tout cas, moins inventif même. Grossièrement, les suédois font plutôt le grand pont entre un ATROX (période pré-Binocular) et BETWEEN THE BURIED AND ME ou encore PROTEST THE HERO. Enfin, ce ne sont que des ressentiments, THE GREAT DISCORD réussissant finalement à sonner original tout en faisant penser à un tas de choses dans un registre de Metal technico-progressif moderne à la limite du truc barré. En 10 morceaux, Duende va donc nous montrer les capacités de THE GREAT DISCORD et ce qu’il est capable d’apporter au Metal.

Et après une intro bien atmosphérique comme il faut, "The Aging Man" sort les patterns de batterie bien percutants et les rythmiques particulièrement efficaces, tandis que la voix de Fia Kempe se fait entraînante à souhait. L’ensemble ne tient pas en place (les plans changent bien vite) mais ne part pas dans tous les sens, les breaks et passages plus posés tempèrent la folie du groupe qui s’exprime tout en retenue, et la structure du morceau en couplet-refrain et en schémas répétés en fait un opener très accrocheur. Dans cette lignée, nous retrouvons "Eigengrau", excellent premier single qui cartonne de dynamisme, THE GREAT DISCORD est vraiment en réussite dans son riffing technico-progressif qui fait mouche à chaque seconde, mais le raffinement est également présent à chaque instant, à aucun moment le style des suédois ne cause de mal de crâne. THE GREAT DISCORD est donc en réussite dès qu’il envoie du riff, en témoignent encore "L’Homme Mauvais" qui fait facilement taper du pied tandis qu’on apprécie les envolées de chant, le surprenant "Selfæta" un peu plus lourd et proposant même un peu de « growl » masculin ainsi qu’une petite accélération Death-Metal (!), l’incisif "A Discordant Call", ainsi que le fantastique morceau de clôture de Duende qu’est "Ephemeral", résumant bien tout ce que THE GREAT DISCORD a à nous proposer avec en sus une superbe ambiance futuriste.

Mais s’il est en vue pour le registre strictement rythmique, THE GREAT DISCORD n’arrive pas forcément à convaincre sur le reste : "Deus Ex Homine", deuxième morceau de l’album, fait pourtant montre d’un très beau travail sur les ambiances au sein d’un morceau plus posé et mélodique, mais les suédois finissent par s’essouffler en seconde partie d’album : "Woes" sonne trop comme un morceau atmo lambda de n’importe quel disque de Metal à chanteuse, puis "Angra Mainyu" et le plus mélodique "Illuminate" n’apportent rien, les rythmiques ont déjà été entendues sur les précédents morceaux et les lignes vocales n’accrochent plus. Parfois répétitif et parfois trop tempéré en regard des capacités techniques et rythmiques qu’il possède (citons "L’Homme Mauvais" et son break à piano un peu trop cotonneux qui casse la dynamique), Duende est un album assez hétérogène, prometteur dès les premiers extraits, globalement bien goupillé mais n’allant pas au bout de son sujet. THE GREAT DISCORD n’est pas aussi taré que ses influences ne le laissaient suggérer (GENESIS, KING CRIMSON, THE DILLINGER ESCAPE PLAN, MESHUGGAH) et devrait vraiment se lâcher. Mais Duende a au moins le mérite d’avoir pris le parti de rester digeste, ce qui convaincra les amateurs de Metal progressif moderne qui ne sont pas uniquement intéressés par la performance. Il reste cependant de la place pour faire quelque chose d’encore plus dynamique sans pour autant devenir étouffe-chrétien et rivaliser avec quelques formations plus renommées, en cela Duende est donc très prometteur à défaut d’être déjà totalement convaincant, mais pour son premier album THE GREAT DISCORD se fait déjà remarquer avec son sorte d’ATROX mâtiné de Metal technico-progressif américain.




Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 8035




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Commentaire
DYING-ANGEL
Membre enregistré
Posté le: 04/08/2015 à 13h15 - (117397)
excellent album. ce groupe est le side project du batteur de ghost...



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