THE ALGORITHM - Brute Force (FiXT) - 27/04/2016 @ 07h38
Avec son mashup electro/metal détonant, THE ALGORITHM est devenu en quelques années la nouvelle coqueluche du monde musical. Un mix qui s’est forgé au fil des sorties, avec au départ deux démos bien mordantes (The Doppler Effect (2009) et Critical.Error (2010)) qui ont finalement amené à un premier album relativement posé (Polymorphic Code, 2012), où Rémi Gallego affirmait son penchant pour l’électro rétro entre deux riffs djenty. Un penchant pour l’électro qui a d’ailleurs fini par prendre de l’ampleur, et c’est ainsi que le deuxième full-length de THE ALGORITHM, Octopus4 (2014), s’était avéré être majoritairement électro, voire totalement électro, les grattes ayant quasi-totalement disparu du paysage. Rémi a fait ses choix quitte à laisser certains amateurs sur le carreau, dont moi d’ailleurs, qui avait nettement préféré les assauts de Polymorphic Code comme "Trojans" ou "Access Granted". Octopus4 avait aussi ses bons morceaux mais se révélait assez longuet, et surtout, perdait une partie de ce qui faisait le charme de THE ALGORITHM au profit d’un chiptune certes très enjoué mais qui manquait de peps. Dommage.

Et deux ans plus tard, voilà que THE ALGORITHM refait surface au sein des colonnes de VS, et logiquement. Pourquoi ? Parce que Rémi a décidé de remettre un peu de Metal dans l’équation complexe de son projet. Les deux premiers singles dévoilés ("Floating Point" et "Pointers") le montraient très bien d’ailleurs. Et l’ensemble de Brute Force, troisième opus au nom qui lui convient à merveille, va enfoncer le clou. S’il ne retrouve pas encore le corps metallique de ses démos, THE ALGORITHM va ici proposer un album particulièrement efficace, même plus que Polymorphic Code ! Nous avons donc en quelque sorte en Brute Force le chaînon manquant entre Critical.Error (déjà plus électro que The Doppler Effect) et Polymorphic Code. Le Metal, ou plutôt simplement les gros riffs de guitare, est de retour pour le bonheur de ceux qui aiment quand l’Algorithme envoie la sauce. Le reste de la tambouille habituelle du projet français est toujours là, avec une électro riche qui oscille en permanence entre plusieurs domaines plus ou moins agressifs (chiptune, breakcore, (bon) dubstep, trance…), et on reste dans une lignée « rétro » déjà amorcée avec Polymorphic Code et Octopus4, avec plus de grattes donc. Le leitmotiv de THE ALGORITHM est toujours le même, et s’il n’y a pas vraiment de concept cette fois-ci bien que l’on puisse désormais afficher le projet sous le sobriquet « Heavy Computer Music », la tendance reste résolument rétro et en écoutant Brute Force, on est comme projeté dans un vieil ordinateur de la fin des années 80 façon Tron, entre bruits caractéristiques de disque dur et sons MIDI, sous des noms de morceaux évocateurs ("Boot", "Shellcode", "Rootkit"…). Pour y entrer, il suffit d’appuyer sur la touche « barre d’espacement »…

"Boot" nous plonge donc directement dans cet univers au bip de la carte mère et au son du ventilo qui démarre. Et on constate dès lors que THE ALGORITHM est particulièrement inspiré, le retour des grattes fait un bien fou et redonne une autre dimension à la musique du projet. Ce morceau d’ouverture assez génial se permet donc à la fois d’être hyper efficace avec un rythme fou (le headbang est presque garanti !) et très entraînant voire envoûtant grâce à de délicieuses sonorités électro. Et on a même le droit à un solo de gratte ! Les guitares sont donc exploitées un max pour cet opus et l’on retrouvera donc quelques beaux leads ici et là ("Floating Point", "Pointers", "Brute Force", "Rootkit"). Sur cette base « mashup » plus riche que jamais, Brute Force est donc parti pour enchaîner les tueries et se succèdent ainsi les deux singles, le virevoltant "Floating Point" qui montre toute la forme de Rémi et l’excellent "Pointers", qui dès sa première écoute se posait déjà comme un véritable tube pour THE ALGORITHM, en passant par toutes les humeurs et avec des riffs archi-puissants. Des riffs qui curieusement sont ensuite un peu plus en retrait pour le morceau-titre, qui reste néanmoins tout à fait efficace avec sa chiptune speed et hallucinée. Difficile d’arrêter un THE ALGORITHM en forme de compétition qui continue alors à aligner ses compos mordantes au sein de morceaux plus puissants que par le (récent) passé, entre le tordu et varié "Shellcode", le tranchant "Hex" (avec son magnifique break « autoroute Audiosurf ») et le punchy et épique "Rootkit". La force brute a attaqué avec l’estime du savoir !

Parfois classique finalement, Brute Force est un album assez homogène mais qui a gagné en force avec le retour des guitares brutes. Des écarts sont néanmoins présents en la présence de "Userspace", long morceau central en forme de respiration électro aux accents Post-Rock (!), de l’intervention de IGORRR pour un "Deadlock" très dur, mais aussi et surtout du final qui est un remix « Hard Mode » de "Trojans", où le single de Polymorphic Code est, dès que la connexion est perdue, progressivement déstructuré jusqu’à atteindre un délire apocalyptique extrême assez ultime en son genre, avec des samples venus d’ailleurs. Des surprises qui seront diversement appréciées (j’ai tendance à zapper, justement, "Userspace" et "Deadlock" pour rester sur la suite de hits…) pour un Brute Force, il est vrai, sans surprise à part ça (tous les éléments des précédentes sorties sont là), si ce n’est un retour des grattes et des rythmes furibonds, mais c’est hautement salutaire pour ce qui est à l’aise le meilleur album de THE ALGORITHM. Octopus4 était soit un album à part, soit une erreur de parcours, Brute Force représente ce qu’aurait pu faire THE ALGORITHM dès son premier album s’il avait suivi directement la voie de Critical.Error et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est dans ce registre efficace que Rémi excelle, en surpassant ses précédents efforts au passage. Le mashup Metal/Electro est l’essence de THE ALGORITHM, et Brute Force le prouve aisément et pose le projet de Rémi comme une référence, tubes à l’appui. Inutile de dire que si la mixture vous parle, ce 3ème opus de l’Algorithme est indispensable. Et il donne avec une queue de billard.




Rédigé par : ZeSnake | 16/20 | Nb de lectures : 6510




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Commentaire
Moulinexxx
Membre enregistré
Posté le: 27/04/2016 à 10h47 - (119923)
Très bon album en effet !
Un chouia trop ressemblant à Polymorphic Code je trouve, et je suis pas super fan de la reprise de Trojan (alors qu'ils nous avaient habitué à des fins d'albums plus épiques) mais à part ça ça bute.

Quant à Octopus 4, pour moi ce n'est clairement pas une erreur de parcours mais un sublime album electro, c'est même mon préféré bizarrement. Peut-être parce que j'écoute très peu d'électro donc du coup ça me rafraichit plus que les albums plus metal.



cyril_glaume
Membre enregistré
Posté le: 27/04/2016 à 20h23 - (119926)
Assez d'accord sur ton analyse de la discographie antérieure du "groupe". Les premières écoutes de ce Brute Force m'ont plutôt séduit. Je laisse mûrir: je sens qu'il y a moyen que je sois autant enthousiaste que toi ! :)

lauofprospect
Membre enregistré
Posté le: 29/04/2016 à 16h11 - (119962)
Masterpiece en ce qui me concerne. Je retrouve une ambiance bien retro-futuriste post apocalyptique, une bonne dose de brutalité et un côté dansant.

En plus la prod. est dantesque, l'album donne super bien sur une chaîne de salon.



l'algue au rythme
IP:83.154.120.3
Invité
Posté le: 30/04/2016 à 01h45 - (119981)
J'aime beaucoup cet album aussi, mais je le trouve un peu moins bon que Polymorphic et surtout Octopus4 (qui est un chef-d'oeuvre) à mes oreilles. En tout cas, sacré discographie : 3 albums, 3 très bon albums.

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