THAW - Earth Ground (Witching Hour) - 09/02/2015 @ 07h43
THAW fait partie de ces groupes inclassables même si lorsqu’on décortique sa musique, on retrouve des éléments finalement peu originaux. Sur une base Black, ces polonais en activité depuis 2010 utilisent des bouts de Doom, Sludge, Noise, Ambient, Indus, Drone… pour faire leur tambouille. Un plat qui n’évoque jamais vraiment la nourriture metallique polonaise, à la rigueur celle de Nihil et consorts, surtout dans l’« expérimentation », moins dans un quelconque côté taré et/ou torturé. Son premier méfait (considéré comme une démo) Decay (2010) donnait donc dans un Black « moderne » emballé dans une production assez bruitiste. Un EP (Advance, 2012) et une signature chez Avantgarde plus tard, et THAW amorçait quelques changements pour son album éponyme sorti en 2013, cloisonnant l’Ambient et son (Post?-)Black plus complexe qu’il n’y paraît, avec quelques accès Doom/Sludge à la NEUROSIS subtilement placés. Retour en Pologne pour Earth Ground, leur second full-length récupéré par Witching Hour, qui en profite également pour rééditer Decay et Advance. Thaw n’était finalement qu’un balbutiement pour THAW, qui va désormais trouver son équilibre en prenant comme base ses premières œuvres.

THAW délaisse donc les plages ambiantes/noisy/indus (barrez ce qui ne convient pas mais vous pouvez aussi laisser le tout) pour revenir à quelque chose de plus homogène. Le groupe a plus de moyens que par le passé et la production s’en ressent, mais globalement on reste dans cet aspect Black bruitiste teinté de Sludge/Doom qui faisait l’apanage de Decay et de certains morceaux de Thaw. Des riffs répétitifs, une voix saturée sous-mixée (se livrant parfois à des accès hurlés venant des tripes), une simplicité qui cache tout de même un certain travail des paysages sonores, THAW maîtrise les ressorts de son BM finalement assez apocalyptique, même si encore une fois pas tellement original. Une intro où l’on se croirait dans un disque de CSSABA ou MOROWE et THAW est lancé avec "Afterkingdom", où mine de rien le groupe fait montre d’un bon goût pour les riffs raw très mordants et pesants, de même que pour les arpèges assez noirs et inquiétants. Rien de bien novateur pour du Black même « noisy » mais THAW fait très bien son office. Earth Ground sera donc plus homogène que son prédécesseur et le groupe va donc s’échiner à maintenir une certaine tension, au-delà de l’atmosphère générale on partira donc à la chasse de passages croustillants et ils sont globalement au rendez-vous (le riffing lourd de "Sun", de même que celui de "Last Day", les arpèges entraînants et les assauts de "No Light", le tout lorgnant même du côté d’un COBALT). Les nombreux étiquetages de la musique de THAW seront plus difficiles à justifier que pour Thaw, toutefois il est vrai que les grattes ont un son souvent sludgy et qu’on trouve ici où là quelques passages typiques notamment mélodiques ("Sun", "Soil", "Winter’s Bone" surtout). Toutefois Earth Ground se distingue aussi sur ses « expérimentations », généralement ambiantes (le début et les breaks de "Sun", les litanies guitaristiques de "No Light", toute la seconde partie de "Winter’s Bone", l’intro psyché de "Last Day") mais aussi des improvisations en témoigne surtout l’interlude déglingué qu’est "Second Day".

THAW a donc trouvé sa voie, mais Earth Ground ne montre pas encore l’aboutissement des polonais qui devront confirmer. Cet album est parfois un peu redondant (je pense en particulier à "Soil" dont les riffs font presque copié-collé des précédents morceaux), et si le groupe a sa personnalité et son ambiance il donne surtout l’impression d’imbriquer des influences diverses et variées, évoquant plein de noms même si pas un plus qu’un autre. THAW reste donc toujours un paradoxe, difficilement étiquetable mais laissant transparaître à chaque instant ses inspirations. Mais dans l’ensemble sa mixture fonctionne plutôt bien, Earth Ground étant un album homogène mais suffisamment varié pour que tout le monde y trouve son compte. Après n’étant pas amateur de Sludge, je préfère quand ça envoie du riff Black, aussi le début de l’album me parle bien plus, même si le bilan final est plus positif que celui de Thaw (mi-efficace, mi-chiant). THAW a de belles qualités et Earth Ground est un album largement satisfaisant, qui peut plaire à tout amateur de « Post- » Black de manière générale, de tout le BM qui aime piocher dans d’autres scènes extrêmes et apocalyptiques, le Sludge/Doom en particulier mais aussi l’Ambient/Drone. Mais THAW me semble encore en pleine progression et est encore capable de mieux même si ses bases, travaillées depuis 4 années, sont convaincantes dans le registre un peu galvaudé du Black-Metal bruitiste.




Rédigé par : ZeSnake | 14.5/20 | Nb de lectures : 8780




Auteur
Commentaire
Bernard
Membre enregistré
Posté le: 09/02/2015 à 09h57 - (115664)
Il tourne très régulièrement par ici!
Une de mes grosses découvertes de la fin 2014.

The Quebekers
IP:74.56.188.2
Invité
Posté le: 10/02/2015 à 16h41 - (115670)
Moi je préfère l'album eponyme de 2013 mais quand même c'est de la qualité ici avec ce genre de musique black/bruitiste.

DD
IP:82.226.3.23
Invité
Posté le: 15/02/2015 à 00h17 - (115736)
Sympa en live


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