TERZIJ DE HORDE - Self (ConSouling Sounds) - 11/04/2016 @ 07h26
Décidemment les Pays-Bas ne cessent de produire des groupes de qualité au sein de leur scène extrême et plus particulièrement dans le Black-Metal, après les surprenants WEDERGANGER voilà un nouveau venu à la dénomination bien singulière. Pourtant le quintet n’est pourtant pas né de la dernière pluie, car après avoir débuté en 2007 sous le nom tout aussi curieux de LIAR LIAR CROSS ON FIRE il a pris son appellation actuelle trois années plus tard, et après un EP suivi de deux Split les voilà enfin qui déboulent avec un premier opus incroyablement prenant et d’une grande musicalité. En effet le quintet ne pratique du black pur et dur, crade, ultra-brutal et primaire, mais évolue dans du Post-Black atmosphérique où se mêlent des influences mythologiques, littéraires et philosophiques très poussées, du coup outre leur nom tiré du néerlandais ancien ils ont créé tout un concept autour de cet opus sur le sens de la vie (mais très éloigné du chef-d’œuvre des « Monty Python ») où se joignent pêle-mêle la joie, le malheur, l’isolement, les pensées positives et sombres, la dépression … dont l’ensemble peut se joindre aux œuvres de Freud, Nietzsche et des Presses Universitaires de France.

Du coup pour donner de la consistance et laisser s’exprimer l’ensemble des six morceaux le combo a pris le temps pour chacun d’entre eux, du coup ceux-ci oscillent entre sept et onze minutes, mais malgré leur longueur ils évitent l’écueil de la redondance et de la linéarité, et finalement tout cela passe extrêmement bien car ça n’est ni trop court ni trop excessif, grâce notamment à une variété de rythme et de tempo ainsi qu’à des breaks et ambiances hyper accrocheurs qui ne tombent jamais à plat. Car dès que s’ouvre l’opus avec « Absence » on se rend vite compte qu’on a une formation pas comme les autres et au talent indéniable, puisqu’après quelques petits larsens et une bonne rangée de blast on s’aperçoit que le chanteur est au même niveau que ses compères et que ce premier titre recèle de trouvailles et de surprises, car après des débuts brutaux l’ensemble se calme et les guitares se font plus tranquilles et mélodiques, la batterie joue délicatement sur les toms avant que le tout ne reparte et donne priorité à la vitesse qui finalement se laisse aller, si bien que cela se termine au contraire très lentement et de manière quasi doomesque.

Après ce début mené tambour battant « A Marriage of Flesh and Air » continue sur la lancée et reprend ce qui vient d’être fait avec là encore une grande variété et surtout des riffs glaçants qui font mouche à chaque fois, car outre la qualité des musiciens et leur bagage technique imposant il faut également souligner la qualité de la production qui sonne vraiment naturelle et rend vraiment grâce aux instruments (même si la batterie se trouve mise un peu trop en avant) et aux compositions, du coup ces dernières déjà tristes et dépressives le sont encore plus et l’on peut mieux imaginer le sens et la trame générale voulue par les gars où les poètes et écrivains maudits du XIXème siècle y trouveraient leur place. Du coup pour ne pas risquer de tomber dans la répétition « Averoas » se fait beaucoup plus lourd, ici priorité est donnée à l’écrasement et au côté légèrement dépressif, l’ensemble se montre très sombre et même très calme lors du break central, et il faut attendre pratiquement la fin de ces neuf minutes grandioses pour que la vitesse et les blasts fassent leur grand retour, pour un résultat global superbe et saisissant, qui sert d’enchaînement à « Contre le Monde, Contre la Vie » (avec un titre pareil on sait où l’on va) qui démarre pied au plancher avant de faire plus mélodieux et calme, les arpèges rendent de très bonne manière et l’ensemble se finit de la manière inverse de son départ.

Si le niveau global était déjà élevé, les bataves vont sortir leurs ultimes cartouches pour ce dernier tiers avec au final un résultat admirable, en effet avec « Geryon – See Extinguished the Sight of Everything but the Monster » on est plongé en plein de black martial car durant six minutes (sur les onze au total) ça ne fait que bourriner sans discontinuer, mais paradoxalement ça paraît ultra-court jusqu’au court petit break qui ralentit nettement la cadence avant que tout ne reparte sur les mêmes bases et toujours avec ce côté angoissant mit en exergue par cette voix pénétrante et ce mur sonore quasi-impénétrable et brumeux. Enfin le groupe a gardé le meilleur pour la fin avec « Sacrifice – A Final Paroxysm » qui s’ouvre de manière lente et plaintive avant que tout n’explose ensuite durant une longue intro où le chant n’intervient que de manière parcimonieuse pour laisser la priorité à la musique qui se fait douce pratiquement à la fin (après une longue série de tempo élevée) pour mieux achever ce titre qui se finit dans un déluge de vitesse.

Cependant même si ce sentiment n’est pas forcément présent après la première écoute il faut bien reconnaître l’immensité du travail effectué par la bande, qui sans faire de bruit et débarquant pratiquement de nulle-part a signé une œuvre hyper foisonnante, qui se découvre au fur et à mesure et qui à l’image de sa pochette se révèle toujours aussi mystérieuse malgré l’assiduité de l’auditeur, car comme un jeu de pistes et les énigmes on croit en avoir fini et tout savoir et finalement il reste toujours quelquechose à découvrir.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 5950




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