TEMPLE OF BAAL - Mysterium (Agonia) - 20/10/2015 @ 07h08
Vicieux et tapi dans l’ombre, TEMPLE OF BAAL est de retour cet automne, sans crier gare et ce un petit peu moins de 2 ans après un Verses Of Fire qui marquait l’évolution et le quasi-aboutissement du groupe, après un Lightslaying Rituals (2009) prometteur. TEMPLE OF BAAL a besoin de confirmer, sans se réinventer, peut-être livrer un chef-d’œuvre mais au moins se contenter de livrer un nouvel album mordant et tranchant de son Death/Black finalement assez personnel. Jouant avec les ambiances et les tempos, Verses Of Fire montrait toutes les facettes du Temple de Baal (qui est en Suisse, je crois), contrastant un The Visions Of Fading Mankind (split avec RITUALIZATION sorti en 2011) particulièrement brutal (ces blasts de la mort sur "Ordeals of the Void"…), et proposant donc des atmosphères plus orthodoxes et lourdes au sein de longs morceaux passionnants à l’image de "Το αστέρι 418". Et outre le savant mélange de Death poisseux et de Black tranchant, TEMPLE OF BAAL s’était distingué par sa force de frappe grâce à des brûlots comme "Bloodangel" ou "Golden Wings of Azazel". Un album finalement très complet, peut-être difficilement surpassable en l’état, mais à défaut d’aller encore plus loin, TEMPLE OF BAAL va montrer qu’il est encore en grande forme avec son 5ème full-length qu’est Mysterium.

Ce n’est donc pas ici que le groupe mené par Amduscias va procéder à une quelconque évolution ou revirage, il va plutôt capitaliser sur tout ce qui est sorti depuis Lightslaying Rituals avec classe et force. On retrouve donc tous les éléments de forme de Verses Of Fire, entre la production parfaitement incisive et rugueuse, le chant rocailleux, les riffs brutaux et ténébreux, la batterie qui se lance souvent dans des blasts terrassants, et bien sûr l’ambiance noire à souhait. Allongeant 55 minutes à la toise pour 8 morceaux (dont l’interlude "Dictum Ignis"), TEMPLE OF BAAL va de nouveau proposer des pistes longues, entre 6 et plus de 9 minutes. Pour un album entièrement à l’image des morceaux les plus rampants de Verses Of Fire ? Que nenni, le groupe français va continuer à explorer le versant le plus agressif de son art. Seulement, il va s’exprimer de manière plus diluée au sein de l’album, plutôt qu’au sein de morceaux plus expéditifs. Mysterium se pose donc comme l’album le plus homogène de TEMPLE OF BAAL, capable de bourrer comme les meilleurs moments de The Visions Of Fading Mankind et de nous rejouer la messe noire de Verses Of Fire à tout moment. Mysterium est donc à déguster d’une traite, aucun « tube » ou « morceau 100% à donf » n’étant vraiment présent, mais les moments forts se comptent à la pelle pour un album une nouvelle fois très complet, et surtout équilibré.

Flanqué cette fois-ci d’une intro histoire de bien s’imprégner de l’ambiance, le fleuve "Lord of Knowledge and Death" (9 minutes) démarre Mysterium sur les chapeaux de roue. TEMPLE OF BAAL prend le temps de poser son art, mais-pas-trop car les puissants blasts, désormais caractéristiques du son du groupe, se font bien vite entendre, et l’on s’arrêtera à la fois sur les énormissimes riffs death chaloupés disséminés ici et là, ainsi que sur les moments plus introspectifs où des subtils trémolos se font entendre. Mais une nouvelle fois, c’est l’intensité de l’ensemble qui fait mouche, un ensemble restant tendu et particulièrement sombre, et quand le tout s’emballe la brutalité est au rendez-vous, appuyée par cette excellente production caverneuse mais efficace. Quand TEMPLE OF BAAL poutre, il ne le fait donc décidemment pas à moitié, dès le début très urgent de "Magna Gloria Tua", tout du long du très tranchant "Divine Scythe" (peut-être le meilleur morceau de cet opus, ponctué par un final très gras), lors des moments très salvateurs de "Hosanna" ou ceux plus écrasants de "Black Redeeming Flame", ou encore les excellents passages blastants de "Holy Art Thou". Pour le reste, TEMPLE OF BAAL varie donc ses tempos et ses humeurs, on s’arrêtera déjà sur le milieu de course très occulte de "Magna Gloria Tua", digne d’ASCENSION, ensuite ce sont les divers leads et arpèges evil qui mènent la danse, remarquables au sein des "Divine Scythe", "Hosanna" ou "Black Redeeming Flame", notons aussi que chaque morceau a le droit à son beau solo bien senti. Et si TEMPLE OF BAAL cartonne quand il accélère la cadence et sort les riffs Death/Black croustillants, il est aussi en réussite lors de savants ralentissements, à ce titre on retiendra surtout la partie centrale très lourde et impressionnante de "Hosanna", possédée et diaboliquement prenante.

Mysterium se conclut néanmoins par un "All In Your Name" bon dans l’absolu mais qui n’apporte rien de significatif au reste de l’album (malgré son break à samples bien graisseux), dont la première moitié (avant "Dictum Ignis") est la plus réussie, mais dans sa globalité nous avons tout de même affaire à un disque une nouvelle fois intense, brut de décoffrage tout autant qu’empli de noirceur. Plus homogène et équilibré mais moins accessible que Verses Of Fire qui était porté par ses morceaux directs et ses moments gracieux, Mysterium montre surtout un groupe qui n’a pas baissé en tension, c’est le moins qu’on puisse dire tant certains passages retrouvent la verve de The Visions Of Fading Mankind au sein d’un album compact mais un minimum aéré. Verses Of Fire était peut-être plus mémorable dans l’ensemble, Mysterium se place dans sa lignée sans surprise, mais livre un véritable bloc condensé de Death/Black (dans l’agression et l’ambiance) dans lequel il faut se plonger, ce qui nous fera d’autant plus apprécier les moments les plus brutaux particulièrement bien sentis. Verses Of Fire possédait quelques brûlots au milieu d’un album très noir et occulte, Mysterium est un brûlot entier à lui tout seul, sans concessions du début à la fin, dans le Metal comme dans les ambiances. On appréciera ou pas la démarche, moins digeste mais tout aussi efficace et accrocheuse, mais on constatera surtout que TEMPLE OF BAAL est inspiré (jeu de batterie, chant, compos, tout est parfait) et en grande forme pour nous livrer son Death/Black ténébreux et salvateur, et même sans se renouveler est toujours là pour nous mettre une bonne mornifle que l’on attendait pas de sitôt.




Rédigé par : ZeSnake | 16/20 | Nb de lectures : 9087




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Commentaire
GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 20/10/2015 à 13h43 - (118359)
TEMPLE OF BAAL confirme sa grande forme après l'excellent "Verses of fire". Un album sombre et poisseux à souhait qui montre que les parisiens sont parmi les figures de proue du genre.



Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 20/10/2015 à 15h27 - (118360)
Oui très bon disque !

gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 20/10/2015 à 17h34 - (118363)
La grosse baffe virile.



Keyser
Membre enregistré
Posté le: 20/10/2015 à 18h59 - (118364)
Énorme!

andi
IP:88.166.17.145
Invité
Posté le: 22/10/2015 à 00h44 - (118372)
la classe cet album et quel son :)

ktulupoune
Membre enregistré
Posté le: 22/10/2015 à 11h19 - (118376)
Je découvre l'album et le groupe par la même occasion !

Quelle claque :) vraiment excellent



CromCruach
Membre enregistré
Posté le: 22/10/2015 à 13h51 - (118378)
Du niveau du précédent



maxflat
IP:91.9.150.71
Invité
Posté le: 04/11/2015 à 21h09 - (118546)
Excellent !

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