SWITCHBLADE - 2012 (Denovali) - 04/04/2013 @ 08h02
Switchblade, ou l’aliénation auditive suédoise, doit passer plus de temps à peaufiner son univers musical qu’à nommer ses albums. 2012 est le dernier en date, œuvre de doom flirtant avec le drone, où viennent avec parcimonie s’ajouter des idées heavy et sludge.

3 titres, pas un de plus, pour 37 minutes de riffing cycliques balancés tels des boomerangs qui reviennent inlassablement, et créent cet abrutissement à balancer la tête d’avant en arrière. Les Swedish savent créer cette ambiance lourde et répétitive où les ténors de l’industrie drone ont nourri les pensées de notre duo Folkesson (guitare/amps) et Bertilsson (batterie). La descente aux enfers se fait en douceur, nous sommes bien installés, le décor n’est pas méconnu, l’ambiance quasi familière. Switchblade ne cherche pas à bouleverser les acquis, et suit les schémas pensés par leurs illustres prédécesseurs. Nous sommes en terrain conquis et le duo n’a aucun, mais alors aucun riff ou pattern à breveter. Chaque riff nous plonge dans l'attente, celle du suivant dont nous savons qu'il sera le même, tout aussi froid, simple et imperturbable. L’album fait son effet mais n’est finalement que peu marquant.

En bon manager, Folkesson sait trouver des appuis lui permettant de se faire plaisir entre potes, mais aussi d’ajouter quelques noms sur les autocollants ornant la pochette. Per Wiberg (ex-Opeth, Clutch, Candlemass), Jonas Renkse (Katatonia), David Johansson (Kongh, The Eternal Void) et The Cuckoo (Terra Tenebrosa) viennent dire bonjour puis pianoter ou brailler. Le split sorti en 2000 avec Cult of Luna montrait déjà que le groupe savait s’entourer et/pour attirer l’attention. Les temps sont durs, la campagne promotionnelle ridicule où Denovali records a sorti un café au nom du groupe, couplé à ces tasses de café à leur effigie confirme ce besoin de se montrer et de vendre un nom, par la suite une musique.

2012 est correctement agencé, ambiancé et maîtrisé, mais le peu de personnalité me chagrine, trop peu de moments forts ou inoubliables non plus. Peu extrême, rarement nihiliste ou déprimant, cet opus ne laisse que trop peu de souvenirs ancrés dans la chair de l’auditeur. Ne vous méprenez pas, 2012 est correct, mais la musique sans excès et sans débordement n’est pas assez charismatique. En grande partie instrumentale, cette galette gagne lorsque les hurleurs viennent poser leurs cordes vocales. Là est pour moi la partie la plus captivante, la vraie valeur ajoutée de ces 3 morceaux, mais tristement ces passages sont dispersés et guère nombreux.

La scène doom se renouvèle discrètement, et Switchblade n’y participe pas vraiment. Les leaders sont toujours moins nombreux que les suiveurs, et notre duo scandinave –même s’il offre un album plaisant- confirme cet adage.

http://www.switchblade.se/ - 145 visite(s)


Rédigé par : Bras Cassé | 13/20 | Nb de lectures : 11529




Auteur
Commentaire
vieillebranche
Membre enregistré
Posté le: 04/04/2013 à 14h33 - (106798)
Moi j le trouve pas mal cet album, même si il est vrai, peu marquant! Je le préfère en tous cas que le dernier album que j'avais écouté du groupe, celui de 2006, qui lui m'avait franchement ennuyé!

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