STRYNN - Alienation (Mortis Humanae) - 18/06/2015 @ 07h35
Strynn, groupe de Bordeaux, sort avec Alienation, son second album après des débuts sous forme de split en 2012. Je ne connaissais pas du tout ce groupe avant d’entendre leur dernière production et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été surpris. Enfin, moyennement parce que les sorties du label Mortis Humanae ont plutôt tendance à me rassurer. Leur BM strident, relativement harsh, doté d’un son identique, rend de prime abord plutôt bien. Il rend bien car, sous ses atours bruts de chez bruts, la recherche de mélodies et de mouvements n’est pas oubliée, loin s’en faut ("Anthropophobia"). Et si la voix peut, sur la longueur, fatiguer par sa linéarité, la construction des titres – tout en circonvolutions de guitares ("Sadistic" ; "Pyroclastic") – pallie cet inconvénient en offrant des structures solides et variées. Et en ouvrant nombre de titres par des attaques franches où la rythmique s’emballe pour le meilleur ("Scourge").

En revanche, le problème principal se situe au niveau de la longueur des titres. Tant que cette durée est ramassée, elle convient bien à ce type de black franc du collier. Dès que les morceaux tendent à dépasser systématiquement les 5 minutes, c’est trop. Car l’album dépasse l'heure. Et ce qui fonctionne au début, sur les premiers titres, ne passe plus à compter de la moitié de l’album. La répétition s’installe, comme l’ennui. La faute aussi à certains titres en dessous, plus mous donc transparents dans cet océan de violence ; la faute aussi à la voix qui devient parfois horripilante parce qu’elle couvre tout, les instruments y compris ("Obliteration" ; "Desolation").

Le groupe aurait gagné à ramasser son propos, à condenser ses idées pour accentuer sa force de frappe au lieu de la disperser sur onze titre dont près de la moitié est dispensable. Car l’idée de baser la presque totalité des structures sur du larsen ("Jailed") et de la dissonance ("Perdition") ne choque pas, la voix étant une fois encore à l’unisson. Mais cette attitude presque punk souffre sur la longueur. Elle réclame de l’impact, du punch, de l’urgence. A défaut, elle se délite.

C’est franchement regrettable car d’autres (bonnes) idées auraient mérité d’être également approfondies (comme la basse dodue sur "Plague", vite noyée sous les décibels ou le trop court break de batterie).

Difficile donc au final de recommander chaudement ce disque qui, s’il recèle quelques titres intéressants, s’avère trop linéaire et bien trop long compte tenu du style. Dommage.

http://www.strynn.eu/ - 95 visite(s)

Soundcloud - 63 téléchargements


Rédigé par : Raziel | 11/20 | Nb de lectures : 7629




Auteur
Commentaire
Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Pseudo :
Enregistrement Connexion






Niveau de modération : Commentaires non modérés par l'administration du site

Ce commentaire est soumis à la lecture et à l'approbation des modérateurs. S'il ne suit pas les règles suivantes : Pas de pub, pas de lien web, pas d'annonces de concerts, il ne sera pas retenu. Plus d'infos

Proposez News | VS Story | F.A.Q. | Contact | Signaler un Bug | VS Recrute | Mentions Légales | VS-webzine.com

eXTReMe Tracker