STEALING AXION - Aeons (Autoproduction) - 27/07/2015 @ 07h06
Curieux choix de carrière pour STEALING AXION. Alors que le trio de Tacoma (Washington) avait signé chez la référence en termes de Prog InsideOut pour Moments (2012), après un EP éponyme très plébiscité et une ardente envie de Season of Mist de les avoir dans leur roster, voilà qu’il rebascule dans l’anonymat de l’autoproduction. L’excellent Moments aurait pourtant du mettre STEALING AXION sur le devant de la scène du Djent le plus progressif. Choix personnel ou perte d’intérêt de la part des labels, c’est à voir mais toujours est-il que le groupe va tenter de transformer l’essai de Moments avec Aeons son second full-length, si tant est que l’essai doit être transformé tant Moments était déjà abouti en son genre, un des tous meilleurs albums de Djent jamais sortis, dans la frange la plus large et la plus progressive vu que STEALING AXION semblait plutôt être une formation de Metal Prog qui avait choisi d’utiliser des gimmicks du Djent plutôt que l’inverse.

Aeons reprend donc les mêmes bases : rythmiques djent, passages très atmo/aériens, trio de chants (même si le chant crié est ici très parcellaire au profit des « growls » et du chant clair), solos proggy, production avec un max de relief dont cette basse bien audible. Peu ou pas d’évolution pour STEALING AXION qui va surtout se contenter de faire ce qu’il sait. Et bien ? Soyons clairs, faire mieux que Moments est difficile et STEALING AXION ne va pas réussir à enchaîner, tout du moins à proposer quelque chose qui dépasserait son illustre premier album sur le fond et la forme. Ça commence pourtant bien avec "Lost Awakening", arrivant après l’intro "Transcendence", qui nous propose d’excellentes rythmiques djent. Les bons riffs « math » sont donc légion, des morceaux comme "Parallel Futures" et "Gravity’s Pull" sont là pour le prouver, mais STEALING AXION montre hélas quelques limites : "Parallel Futures" repique trop de gimmicks à TESSERACT et "Gravity’s Pull" est un peu trop facile, trop simple pour du STEALING AXION, malgré le chant clair toujours parfait. Le sentiment est le même pour le plus cool "Astral Revelations", les américains ne sont plus aussi inventifs et inspirés que par le passé, se contentant de peu, « régressant » vers des influences trop évidentes (TESSERACT bien sûr mais aussi TEXTURES notamment pour "Memories" et de nombreuses parties de chant clair), alignant les rythmiques djent répétitives voire pauvres dans l’ensemble. STEALING AXION est donc bien moins bavard (hormis pour le final cossu de "Imprisoned") mais n’hésite cependant pas à varier les tempos et textures avec des moments plus lourds qui rappelleront un morceau comme "47 Days Later" (le début de "Imprisoned", le bien contrasté "Exiled").

Moins fouillé que Moments, Aeons qui lui aussi présente une durée conséquente (73 minutes) souffre donc bien vite de menues longueurs ("Memories", "Parallel Futures", "Exiled"…). Et si la fin de l’album, avec le fleuve mais assez prenant dans l’ensemble "Skyline" et le final classique mais libérateur "Final Moments of A Dying Sun", relève un peu le tout, le bilan est tout de même légèrement décevant. Même la production semble moins mordante et moins puissante que celle de Moments. Aeons peut se résumer au seul "Dreams Reversed", pas déplaisant voire même bon, mais anecdotique et inférieur à ce qui avait été fait sur Moments. On a même l’impression qu’au final, Aeons était le premier véritable album de STEALING AXION qui serait resté dans des cartons ! Alors certes, les qualités du trio américain (amputé de Josh DeShazo depuis - chro en retard inside) sont toujours évidentes, et Aeons propose quand même quelques très beaux moments, avec cette science de mêler Djent et ambiances typiques du Metal Prog. Mais ce second album est tout simplement assez inférieur à son prédécesseur, et la régression semble effectivement de mise, tout est moins riche, moins prenant, moins intéressant, trop facile et trop répétitif voire même poussif, n’utilisant aucunement une quelconque marge de progression et d’originalité. Sans label, STEALING AXION risque hélas de retomber dans l’oubli, et ça serait franchement dommage tant il manquait un petit chouïa à Moments pour en faire un véritable chef-d’œuvre. Ce qu’aurait donc dû être ce second album, qui est au final juste un « bon » album de Djent progressif, ça aurait pu être satisfaisant pour un groupe qui débute et qui est encore proche de ses influences, mais STEALING AXION a un court passé déjà glorieux et Aeons est un petite déception.




Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 7628




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