SPANKING HOUR - Divination (Buil2Kill/Season of Mist) - 29/01/2014 @ 07h33
Italie, Buil2Kill, Mélodeath. Ah ben non tiens, c’est pas du mélodeath. Si c’est pas ça, ça sera donc du Groove/Power-Thrash. Gagné ! Je suis trop fort mais les maisons de disques italiennes sont un peu prévisibles aussi. L’artwork de Seth aussi, mais bon ça on commence à en avoir l’habitude et ça demeure plaisant (pour ceux qui aiment son style, sinon…). Et il a post-traité les photos du groupe dans le livret, les gars font du feu avec leurs mains comme Chris Evans dans Les 4 Fantastiques et tout et tout. SPANKING HOUR ne devrait pas vous laisser froid, pourtant on va poser le décor : non, comme tout groupe de l’écurie Buil2Kill est des 13 autres labels italiens, SPANKING HOUR n’est pas un groupe original et brasse nombre d’influences au sein d’un Metal archi déjà-entendu. Mais, une fois n’est pas coutume, le résultat est plutôt cool. Voyons ça ensemble.

SPANKING HOUR est formé en 2007 à Milan et a été auteur, après une démo en 2009, d’un premier album nommé Revo(so)lution en 2010, déjà chez BâtiPourTuer (ah là tout de suite ça la fait moins hein…). Pamalach l’a chroniqué en ces pages donc je ne vais rien ajouter dessus, si ce n’est que cette sorte de Southern Metal un peu alternatif ne présentait que peu d’intérêt. 3 ans après, SPANKING HOUR va « muscler son jeu » pour paraphraser le dernier entraîneur à avoir fait gagner la Coupe du Monde aux bleus (Satan que ça commence à faire loin…). Moins southern, plus groove et plus moderne, SPANKING HOUR va se montrer sous un meilleur jour, avec des compos bien plus ambitieuses et travaillées, surtout pour un genre plus habitué à mettre les couilles sur la table et à ne pas faire dans la subtilité, sauf quand il faut sortir les refrains mainstream pour appâter les nénettes (ou vendre un minimum de disques). Bien évidemment il n’y a rien de personnel là-dedans et les influences ressortent au premier coup d’oreille, dans un Metal italien qui n’a jamais sonné aussi américain.

Ça démarre tranquillou avec une intro acoustique sans panache mais qui a le mérite de commencer Divination à la cool avec un joli solo. Puis dès les premières secondes de "Echoes of Violence", vas-y que ça t’envoie les gros riffs in your face avec en plus une prod en béton (entièrement locale, pas de mastering aux states pour le coup, donc à féliciter), dommage que le chant assez poussif, qui me fait penser à celui du SARATAN des débuts, n’arrive pas à vraiment faire décoller l’ensemble, qui aligne riffs percutants (avec quelques accès plus techniques) et mélodies sympa mais c’est tout. C’est tout de même suffisant et ça se laisse agréablement écouter surtout quand ça charcute. Mais rapidement quelque chose cloche. 9 morceaux (8 sans l’intro qui fait une grosse minute) pour 62 minutes, c’est peut-être cher payé sur le papier. En fait, les morceaux durent de 6 à presque 10 minutes ! C’est surprenant pour du Power-Thrash, et du coup le groupe s’éparpille, en ne faisant qu’aligner des plans, inspirés et plutôt convaincants, mais alignés quand même. On est pas chez le EXODUS des deux Exhibit non plus. On trouve pourtant pléthore de rythmiques efficaces et de leads/solos bien menés, mais il faut fouiller pour y trouver son compte (cf. "Symmetries" ou « ze » riff qui bute ne se trouve qu’au bout de 6 minutes…) et l’ensemble est tout de même sacrément démonstratif. "Against" est assurément la meilleure pièce de Divination (huit minutes quarante secondes tout de même) et "Personal War" est bien bonne aussi, mais malgré des compos de qualité des morceaux comme "Parody" et "Symptoms" sont interminables (ma chaîne hi-fi est dans mon dos, j’ai eu un début de torticolis à force de me retourner pour savoir à quelle minute j’en étais dans les morceaux), et SPANKING HOUR n’est parfois pas à l’abri de quelques fautes de goût, notamment au niveau du chant lorsqu’il se la joue un peu trop « redneck ». Milan, ce n’est pas le Texas…

Il est alors dommage de constater que pour une fois qu’un groupe italien typé « Série B » ose et se montre ambitieux sur une base classique, il en fait un peu trop et finit par frôler les limites de l’indigeste. Mais des passages très efficaces, des solos bien branlés, une inspiration au-dessus de la moyenne « italienne » et une prod qui tartine de l’escalope sur les murs, font que SPANKING HOUR s’en sort avec les honneurs. Les milanais avaient de la matière pour allonger les tubes (surtout que Revo(so)lution ne sortait absolument pas des clous), ils ont choisi de tricoter et le chandail obtenu est de qualité hétérogène. Bien tenté, mais ce n’est pas cette fois-ci qu’un groupe italien typé « Buil2Kill » aura plus de 14 de ma part. Mais pour une fois qu’on a pas du mélodeath circa 2002 ou du Thrash faussement moderne et mononeurone, on ne va pas bouder notre plaisir. Divination est au final un album sympathique de Power-Thrash/Groove pondu par un groupe qui a des qualités mais qui n’a pas encore trouvé son équilibre, se montrant puissant mais bavard. C’est bâti pour tuer mais ça ne fait pas encore la gloire de la rubrique fait divers.


Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 11585




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