SOLEFALD - Norrønasongen - Kosmopolis Nord (Indie) - 09/01/2015 @ 07h43
Nous avions laissé SOLEFALD en 2010 avec Norrøn Livskunst (enfin pas VS vu que cet album n’avait pas été chroniqué) (oups). Revoilà le duo Cornelius-Lazare 4 ans plus tard avec son 8ème album Kosmopolis. Enfin presque. Annoncé depuis un petit moment, cet « album » accouchera finalement d’un concept en deux parties dont cet EP dénommé Norrønasongen - Kosmopolis Nord en est la première (avant un full-length qui devrait s’appeler Kosmopolis Sud). A la manière de Red For Fire et Black For Death, il va falloir alors cerner le concept et surtout la musique. Après la doublette Viking, SOLEFALD était revenu à ses premiers amours pour Norrøn Livskunst, à savoir un Metal norvégien avantgardiste foufou, qui continuait à innover. Norrønasongen - Kosmopolis Nord va évacuer tout ça et à nouveau explorer d’autres horizons. Il va falloir suivre le groupe, comprendre où il veut aller, ce qui ne sera pas évident et la réponse ne sera trouvée que lorsque Kosmopolis Sud paraîtra en bacs. Avec cet EP initialement disponible au format vinyl, SOLEFALD va continuer à explorer différentes facettes de son art nordique, mais avec une réussite mitigée tout comme Red For Fire et Black For Death en leurs temps.

Alors Norrønasongen - Kosmopolis Nord c’est quoi ? Ce n’est pas du Norrøn Livskunst, pas plus que du The Linear Scaffold ou Neonism (fallait pas rêver), ni du In Harmonia Universali, et même pas du Red For Fire/Black For Death en fait, même si ces chants du nord se rapprochent le plus de l’odyssée islandique, enfin tout est relatif. Cet EP est résolument atmosphérique, empreint d’un folklore et d’un souffle nordique évident. Un des membres de WARDRUNA participe à l’effort qui bénéficie également de l’apport d’un violon hardanger. Le Metal là-dedans il y en a très peu, tout au plus quelques riffs, malgré la présence de membres du projet solo d’ICS VORTEX. Finies les cavalcades entraînantes de Metal avantgardiste SOLEFALDien, enfin pour cet EP tout du moins. SOLEFALD qui restera toujours SOLEFALD grâce aux doux vocaux de Lazare et des éructations de Cornelius, qu’on aimera ou pas (le premier est pour moi un des meilleurs chanteurs clairs du Metal norvégien et le second, son chant poussif sera toujours aussi particulier). 5 « chansons » pour 37 minutes, il va falloir trouver son compte là-dedans et ça ne sera pas évident.

On retrouvera d’ailleurs la même (belle) mélodie dans tous les morceaux, comme une sorte de fil conducteur. Un fil conducteur pour mener un EP hélas assez inégal et ennuyeux. On se laisse pourtant vite emporter dans l’atmosphère froide et dépouillée proposée par le premier morceau "Norrønaprogen" qui pose l’atmosphère et tous les éléments musicaux que l’on retrouvera dans cet EP. Mais 11 minutes, ça fait long et autant dire que "Norrønaprogen" a bien du mal à décoller même s’il est découpé en plusieurs parties, entre SOLEFALDeries en mode « cool » trop convenues et nouveautés pas forcément excitantes (dont les chants peu convaincants), pour un ensemble assez plat, certes joli, mais poussif. Ça manque de folie, même si ce n’est pas ce que propose cet EP. "Det Siste Landskap" poursuit dans cette lignée dans une ambiance plus sombre, avec des spoken-words assez épouvantables, Lazare et les mélodies tentent de rattraper le tout, très répétitif, sans grand panache. "Nordskdom", tout en chœurs et mélodies léchées, est assez jubilatoire mais hélas ce n’est qu’un interlude avant les deux derniers morceaux de l’œuvre de « SOLEFALD vs. STURMGEIST & THE FALL OF ROME », accompagnés en sus de ZWEIZZ. Difficile de cerner quelle est la fine équipe derrière ce concept (sachant que Cornelius fait lui-même partie de STURMGEIST), mais le résultat n’est toujours pas à la hauteur. "Norrøna : Ljodet Som Ljoma" ne fait que répéter les idées atmo/viking des précédents morceaux avec un fond bruitiste étrange apportant une ambiance assez apocalyptique, bienvenue mais pas forcément convaincante surtout qu’encore une fois, le morceau est assez linéaire et interminable (11 minutes aussi). C’est le final "Songen : Vargen" qui sera, enfin, le moment fort de Norrønasongen - Kosmopolis Nord, l’apport du violon hardanger est indéniable et les parties vocales sont parfaitement gérées, même si le timbre fatigué de Cornelius demeure lassant, tout comme le morceau qui lui aussi est assez répétitif. Misère…

Cet EP « atmo » s’en sort surtout par… ben, son atmosphère que par de véritables arguments musicaux. Il y a de l’idée, des contributeurs de talent, mais SOLEFALD a tout de même surtout réussi à faire quelque chose d’encore plus vide que Red For Fire et Black For Death. Un EP difficile à ranger dans la discographie du duo norvégien, tranchant très nettement avec la folie dont a fait preuve le groupe à ses glorieux débuts. Une discographie qui vogue entre plusieurs eaux, faisant de SOLEFALD une formation aux identités musicales multiples, entre décadence et folklore. Norrønasongen - Kosmopolis Nord est un EP parfois plaisant, bien fait dans l’absolu mais un peu creux, long et vite lassant, les bonnes idées semblant juste répétées à l’infini, tandis que certains éléments ne plairont pas à tout le monde, jusque parmi les fans. Norrønasongen - Kosmopolis Nord semble pourtant être un interlude fait pour les fans capables d’apprécier tout ce que font Cornelius et Lazare, mais chacun va devoir se forger son propre avis. Et il sera difficile de tirer des conclusions sur cet EP, la direction musicale de Kosmopolis Sud est pour l’instant floue, mais si ça annonce un nouveau Red For Fire/Black For Death, les signes avant-coureurs de cet EP ne sont pas forcément très engageants. Allez, quelques morceaux à la "Survival of the Outlaw" au milieu de belles atmosphères et on pourra y croire…




Rédigé par : ZeSnake | 6.5/10 | Nb de lectures : 10858




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Commentaire
damikachu
Membre enregistré
Posté le: 10/01/2015 à 19h24 - (115384)

Difficile de le juger, celui-là, parce que pas ou peu metal, surprenant et décalé.

Le premier titre est peut-être le plus accrocheur et le meilleur.

Au début je pensais que je ne le ressortirais plus assez vite, et en fait c'est le contraire.

Bien vu dans la chronique le côté très "atmosphère" de l'objet.

PS : pochette magnifique.

PPS : j'ai un peu peur de Kosmopolis Sud à venir à cause du titre qui a été révélé.



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