SLICE THE CAKE - The Man With No Face (Autoproduction) - 07/05/2012 @ 08h09
En guise d’avant-propos : oui je sais le nom du groupe est naze. Il faut dire qu’entre les réseaux sociaux et quelques apparats décalés, les groupes de Deathcore ont toujours le chic pour se faire remarquer (car oui, on va parler de Deathcore, désolé aux familles aux Blackeux aux vieux cons tout ça…). M’enfin, trancher le gâteau ça reste crédible, on est loin du groupe mexicain EAT A HELICOPTER par exemple. D’ailleurs notons que pour son premier album, SLICE THE CAKE a abandonné le logo façon « taches de peinture » choisi par l’extrême majorité des formations de Deathcore, bien que leur logo présent sur la pochette de l’EP Cleansed était loin d’être le pire en son genre. Non, ça grandit et ça arrête les délires fashion, surtout quand on se positionne en tant que groupe de Deathcore « progressif ».

Puisqu’il s’agit de découper le gâteau, appliquons l’adage « Obélix, coupe 3 parts ! » (mais un Obélix moins gourmand qui ferait des parts égales).
Premier gâteau, 3 parts pour 3 nationalités : britannique (le chanteur Gareth Edwards), suédoise (le guitariste/batteur Jonas Johansson) et australienne (le bassiste Jack Magerio Richardson). Car oui, SLICE THE CAKE est un groupe Web 2.0 donc un groupe international.
Second gâteau, 3 parts pour 3 composantes musicales : du Deathcore (growls, breakdowns, gros son), du Metal technique « moderne » (plans syncopés, leads maîtrisés, structures alambiquées), et du progressif (incursions de sonorités originales, breaks à clavier, un peu de chant clair).
A l’occasion de ce goûter goûtu, va donc naître un album ambitieux de plus d’une heure, The Man With No Face. Ou comment dès un premier album obtenir directement 3 étoiles au guide Michelin du Deathcore.

Après une intro atmosphérique, SLICE THE CAKE va vite se montrer tranchant à souhait dès "Rational Thinking, Logical Future" : growls puissants à la Phil Bozeman (WHITECHAPEL), gros riffs qui déboîtent et provoquent le headbang immédiat, accès de leads mélodiques et blasts épiques. Le potentiel du groupe explose sérieusement dès "City of Ghosts" qui a tout du tube Deathcore de 2012, il sera sincèrement difficile de faire mieux en 9 mois. Un (tout petit) peu de chant clair et un solo de basse viennent agrémenter le tout, et notamment le riff syncopé principal accrocheur en diable. "Time Unwinding" poursuit dans la même veine The Man With No Face (avec un départ en rouleau-compresseur et toujours des riffs qui défoncent), mais les éléments progressifs vont… progressivement venir se greffer au gâteau. Outre quelques sweepings, un solo très progressif va ici faire son apparition, accompagné d’un piano en bout de course. Mais ce n’est pas tout et le gâteau regorge de fruits confits divers et variés à l’intérieur. "Of Gallows" démarre avec quelques sonorités sympho avant d’embrayer sur une montée de trémolos et vocaux Black, puis d’intégrer des synthés rétro sur fond d’un break à ambiance gothique (!), le tout toujours mélangé à un Deathcore racé avec un refrain à chant clair (malheureusement assez moyen), pendant 8 minutes en tout.

Le gâteau continue à révéler tous ses ingrédients et c’est ainsi que "As Written in Pnakotus" abaisse le tempo et rend les growls plus profonds, tout en présentant des breaks mêlant piano mystique et orgue très 70’s (re-!). SLICE THE CAKE a décidément des idées à revendre, mais ne laisse pas pour autant de côté son Deathcore bien cuisiné avec l’excellent "Promethean" agrémenté de quelques leads typés Techno-Death et de breakdowns bien écrasants. Si le groupe continue à surprendre avec l’intro symphonico-acoustique de "Equilibrium" (morceau de Deathcore alambiqué redoutable par ailleurs) et les petites incursions chiptune et Post-Rock (oui, y’a de tout dans ce gâteau c’est n’importe quoi) dans l’efficace "The Chasm", c’est surtout le morceau-titre qui va montrer le sommet de l’art culinaire de SLICE THE CAKE. 21 minutes le morceau. « Ouais, 21 minutes c’est ça, c’est une ghost-track à la noix bien évidemment ». Pas du tout. Ce sont bien 21 minutes non-stop de Deathcore progressif. Rien que là ça force l’admiration. Surtout que cette grosse part du gâteau façon Obélix gourmand est tout simplement excellente de A à Z. Si le début plus mélodique avec toujours ce chant clair loin d’être indispensable est discutable, l’ensemble du morceau arrache bien et présente les meilleures compos du disque, pas la peine d’en dire plus si ce n’est qu’en 21 minutes SLICE THE CAKE donne la leçon à facilement 95% des formations estampillées Deathcore. Period (comme on dit aux States).

Au bilan final, The Man With No Face est peut-être tout simplement un des meilleurs albums de Deathcore jamais sortis. C’est un poil présomptueux, mais une telle maîtrise et une foultitude de trouvailles pour un premier album et un groupe éparpillé aux 3 coins de la planète, ça force quand même le respect. Alors bien sûr, il n’y rien de foncièrement surprenant pour celui qui est plongé dans tous les groupes Metalcore/Deathcore progressifs et la foire du Djent et assimilés, et côté purement Deathcore on reste dans du classique WHITECHAPELien avec les clichés qu’on aime ou qu’on déteste, c’est pour ça que je me limiterai à une note « raisonnable ». Mais tout de même, SLICE THE CAKE nous livre ici un sacré gâteau avec de grosses pépites de chocolat à l’intérieur. Riffs qui envoient, growls qui décapent, son énorme pour une autoprod comme tous les groupes du genre (bien qu’il y a encore mieux), et incursions « progressives » qui font mouche. SLICE THE CAKE joue sur plusieurs tableaux (Deathcore moderne classique, Deathcore symphonique, Deathcore progressif, Deathcore technique, Post-Deathcore à vocoders et habits fluo… euh non) avec brio et nous livre un album tout simplement excellent de bout en bout. VEIL OF MAYA, AFTER THE BURIAL et consorts ont intérêt à faire gaffe à leurs fesses. Un groupe « Bandcamp » à signer d’urgence… mais pas chez Rise Records (ils n’emploient pas la bonne méthode de toute façon).


Rédigé par : ZeSnake | 16/20 | Nb de lectures : 11871




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Commentaire
phil544
IP:72.28.80.14
Invité
Posté le: 07/05/2012 à 17h24 - (101956)
Je n'ecouterai sans doute pas le disque mais excellente chronique, très bien écrite!

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 08/05/2012 à 17h30 - (101964)
C'est très coquin, un des meilleurs groupes dans le style, avec des passages super bien torchés par-ci par-là, par contre sur la longueur je me suis vite lassé.

Ecouter le dernier 7 horns 7 eyes aussi, qui est une bombe de deathcore progressif, mais plus axé ambiance/épique/leads & cie.

William
IP:92.151.14.49
Invité
Posté le: 14/05/2012 à 12h05 - (102024)
Très bon album en effet, pas accroché dès la première écoute mais dès la seconde j'étais nettement plus dedans, hâte d'écouter la suite.

Merci djabtrash pour 7 horns 7 eyes!!
Je conseillerais également l'EP d'Ascariasis ("Ocean of Colours") dans le style.

Zero
Membre enregistré
Posté le: 13/04/2013 à 17h08 - (106991)
...quelqu'un sait quand il sort en version "physique"?..dispo qu'en téléchargement pour l'instant...



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