SKUNK ANANSIE - Anarchytecture (Verycords) - 27/06/2016 @ 08h11
Qu’il est loin le temps de la découverte du groupe britannique avec l’excellent « Paranoid and Sunburnt », en effet en 1995 alors que la plupart de ses compatriotes ne juraient que par la brit-pop voilà que rugissait sur les ondes le furieux « I Can Dream », notamment via Fun Radio et son émission « Fun Radio fait du bruit ». Le quatuor se retrouvait instantanément lancé et confirmera par la suite avec les tout aussi réussis « Stoosh » et « Post Orgasmic Chill » avant de finalement arrêter pour que chacun d’entre eux puisse se consacrer à ses projets solos ou parallèles, Skin sortant notamment deux albums de qualité dans une veine plus électronique (malheureusement passés un peu inaperçus), le bassiste Cass collaborant avec le regretté Gary Moore pour l’unique disque de SCARS, ou encore le batteur Mark Lewis qui en profitait pour prendre la place laissée vacante chez FEEDER. Puis finalement onze années après son dernier opus voilà qu’arrivait dans les bacs « Wonderlustre » qui confirmait que le rock pur et dur des débuts était bel et bien terminé (son prédécesseur le laissait déjà supposer) et que désormais il évoluait dans un registre plus posé et électro-pop. S’ensuivait un « Black Traffic » de bonne facture qui reprenait le chemin tracé précédemment, et voilà qu’après une longue attente le nouveau bébé du quatuor est enfin arrivé et sera sans surprises tant il reprend les codes et idées en vigueur depuis leur retour. Si la rage et la rébellion des débuts se sont définitivement envolés leur public a également eu du mal à suivre tant le succès a été bien moindre, ce dernier ayant été sans doute dérouté par cette nouvelle orientation plus dansante et chaude correspondant plus à la mode actuelle (il n’y a qu’à voir le succès de SHAKAPONK dans un registre un peu similaire).

D’ailleurs ça n’est pas avec « Love Someone Else » que les avis risquent de changer, car dès le départ on se retrouve embarqué dans son côté dansant combinant une basse bien lourde et présente, avec une batterie en mode boîte à rythme et une grosse base de synthé, et même si cela étonne on se laisse prendre au jeu car c’est finalement bien construit et agréable à défaut d’être électrique. En revanche les années passent et la chanteuse du combo montre qu’elle se bonifie de plus en plus tant elle est capable d’aller dans différents registres vocaux et de nouvelles contrées avec toujours une justesse et une précision impeccable. On s’en aperçoit encore sur « Victim » très (trop) calme où c’est vraiment elle qui tient le haut du panier, contrairement à la musique plus quelconque et légèrement ennuyeuse, pourtant avec « Beauty Is Your Curse » on revient un peu quinze ans en arrière car le rock est de retour, certes plus posé et formaté pour la radio, mais ça montre heureusement que le quartet n’a pas totalement renoncé au côté brut de ses débuts, même si c’est moins énergique ce titre très classique dans sa forme se révèle une bonne surprise, tout comme « Death To The Lovers » aux ambiances électroniques dépouillées et presque Trip-Hop de leurs compatriotes de MASSIVE ATTACK durant une bonne partie du morceau, avant que l’ensemble ne monte progressivement et se retrouve plus élaboré et massif sur sa fin. On n’a donc pas fini d’être étonné quand retentit « In The Back Room » au début très GOSSIP et aux ambiances disco/funk pour un résultat très dansant où l’on retrouve la basse ronflante, quelques riffs de guitare un peu en arrière-plan et une batterie hypnotique et répétitive taillée pour les pistes de danse, bref ça surprend et on s’étonne d’y accrocher.

Cependant la seconde moitié de cet opus va se montrer plus hésitante et décevante car outre « Bullets » répétitif et ennuyeux, « That Sinking Feeling » le sera tout autant à cause d’un manque d’idées et même chose pour « Without You » qui tourne assez vite en rond malgré pas mal de variété. Après l’interlude instrumental nommé « Suckers ! », ce sixième opus se termine mieux via « We Are The Flames » qui mélange habilement les riffs agressifs avec les synthés pour obtenir un résultat qui mêle les deux époques des britanniques, avant que « I’ll Let You Down » ne clôture l’ensemble très calmement et de manière très zen grâce à sa grande tendresse vocale d’une Skin apaisée et mis en lumière par des nappes de claviers planantes et qui poussent à la relaxation.

Difficile en tout cas de ne pas comparer leurs deux époques et pourtant il faut bien oublier le passé pour apprécier le présent car il y’a de quoi dérouter c’est certain, pourtant la bande a signé certainement sa meilleure œuvre depuis son retour et la plus variée également, le tout porté par une production excellente et nette qui met en valeur tous les arrangements en bien ou en mal, car finalement même si tout n’est pas parfait suite à des compos moins inspirées et un peu bancales on a quand même un disque de qualité qui s’écoute assez facilement grâce notamment au boulot fourni par l’ancienne jurée du « X Factor » italien.




Rédigé par : GabinEastwood | 14/20 | Nb de lectures : 6540




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