SEZOMÕRN - Pendant l'orage (Autoproduction) - 02/06/2016 @ 07h34
SEZOMÕRN.

Derrière ce curieux patronyme qui découle de l'écriture phonétique : "saison morne" et qui évoquerait plus volontiers un rescapé de la scène pagan biélorusse qu'un ardent défenseur d'un metal musclé se cache en réalité un groupe bien de chez nous. Clermont-Ferrand même ma brave dame ! Un quatuor qui traîne sa bosse depuis un petit bout de temps, accusant presque dix ans d'existence déjà au compteur et dont ce "Pendant l'orage" constitue la première pierre (de lave bien sûr) de sa discographie. Et si le groupe se réclame dans sa bio d'un "metal-hardcore sensible et puissant", c'est plus du côté de la scène made in France du début des années 2000 qu'il lorgne véritablement. Que ce soit dans la structure des compositions, l'alternance de rythmiques dures/parties calmes, la basse clinquante ou les vocalises hurlées couplé à un chant plus posé, tout renvoie aux premiers travaux d'AQME ou les deux premiers EP d'ETHS. Un metal grassouillet donc, sombre, torturé, dissonant à loisir, qui doit à coup sûr prendre toute sa dimension sur scène.

Passé l'introduction classique, "Mani" et "Rove" lancent les hostilités de bien belle manière, le son est tranchant avec des guitares bien lourdes et une basse impayable, ça titille comme il se doit les esgourdes et le batteur n'est pas en reste avec une cognée digne d'un bûcheron en manque de sève. C'est groovy, c'est juteux, "Pendant l'orage" est un véritable plaidoyer pour le metal d'une autre ère, celui qui érige le mid-tempo lourd et puissant en règle de vie et dévore de la rythmique taille patron à chaque p'tit dej. Rien d'original par ici pour sûr, la recette est connue et elle a déjà fait ses preuves mais SEZOMÕRN fait le job avec panache.

Le reste est tiré du même tonneau avec des morceaux bien velus comme "Fleuve" ou "Invisible" qui respectent à la lettre le cahier des charges imposé par le style. Autre point commun que ces titres partagent tous sans ambiguïté : des textes sombres qui ne reflètent pas vraiment la joie de vivre avec une prédisposition certaine pour les champs lexicaux de la douleur, de la tristesse et du désespoir que leur jalouseraient un bon paquet de groupes de black depressif ou de funeral doom !

C'est néanmoins quand il s'éloigne de ce modèle classique, notamment sur la deuxième partie de "Mani" qui prend le temps d'instaurer un climat bien sombre, la fin de "3.15" avec ses mélodies bien troussées et surtout le superbe "Free end" qui boucle l'album avec des riffs mélodiques d'une précision redoutable, qu'il prend une dimension plus intéressante. Robin, le préposé au chant, sait lui aussi y faire, n'hésitant pas à s'aventurer sur les terres du death pour viriliser le propos ("P.M") mais ses parties claires sont moins convaincantes.

Aucun doute, il y a du potentiel chez nos quatre guerriers du Puy-de-Dôme. Mais ils devront se démarquer à l'avenir de leurs influences encore trop présentes... pour tutoyer les sommets des volcans !




Rédigé par : TarGhost | 14/20 | Nb de lectures : 6138




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