SEVEN SISTERS OF SLEEP - Ezekiel's Hags (Relapse) - 22/03/2016 @ 07h30
Quelle intro! Qui ne serait pas soufflé par le morceau Jones qui ouvre brièvement l’album ?! Ce fameux Jones te donne envie de lui casser les côtes et qu’il revienne boiteux dans sa Californie natale, tellement ce titre aliène. Il est un condensé de ce que Seven Sisters of Sleep offre pour cette troisième galette : une véritable boule de haine, du sludge urbain enrobé d’une aura hardcore, et mis sur orbite par un son hollywoodien. Les grands noms du sludgecore ne sont jamais loin, la volonté d’asphyxier son auditeur et de le traîner dans les bas-fonds de métropoles nord-américaines est le but recherché. Ces sonorités n’invoquent pas les forces obscures -Satan et tout ce folklore- mais te parle de la réalité, celle de tous les jours, contée par Tim McAlary et sa mine patibulaire. Même s’il est difficile de se martyriser les cordes vocales aussi cruellement qu’un Dylan O’Toole puisse le faire dans From All Purity, le petit dernier d’Indian, la voix écharpée et rauque de Tim impressionne ; elle est la réelle locomotive d’Ezekiel's Hags. La majorité des combos de cet univers vient fréquemment des coins les plus malfamés des USA (16, Pulling Theeth, Indian en sont des exemples probants), et cela s’en ressent dans l’intensité qu’ils déploient, couplée à cette patte musicale si caractéristique. Les californiens rejoignent ce cercle fermé, et abordent des sujets qu’ils connaissent.

7 Sisters of Sleep met en avant un sludgecore majoritairement mid-tempo hurlé avec les tripes, aidé par une musique générique, mais foutrement puissante. Le rendu est massif mais presque présomptueux, où l’on bombe le torse et roule les mécaniques, à se prendre pour qui nous ne sommes pas. Cette attitude est le reflet d’un état de surpuissance généré par cette production colossale. Gonflée aux hormones de croissance, elle cherche à en mettre plein la vue vite et fort, mais ne fait guère illusion une fois l’excitation des premières écoutes passées. Elle ne gomme pas les failles du combo américain, que le bon songwriting n’arrive pas à propulser à l’échelon supérieur. Les prod’ hollywoodiennes ont tendance à améliorer artificiellement ces sonorités ; et nous avons ici un cas d’école. La jolie demoiselle qui rembourre son soutien-gorge se fera tôt ou tard démasquer ; il m’a donc fallu quelques écoutes pour comprendre que 7 Sisters of Sleep nous sort seulement un bon opus, et je n’irai pas plus loin dans la dithyrambe. Les autres membres de cette fratrie californienne maîtrisent leurs instruments, mais ne sont que peu de chose face à la voix et la prod’, véritables faire-valoir de cet opus. Le batteur, peu tentaculaire, voit son compère de l’ombre, celui en charge de la 4 cordes, lui emboîter le pas. Leur rôle est de marteler, donc ils martèlent. Ni l’un ni l’autre n’apportent créativité ou folie à l’ensemble. La gratte est lourde, entraînante, mais finalement simpliste. Peu d’accords meuvent, et ceux-ci ne suffisent pas pour laisser une empreinte chez tous ceux qui inséreront Ezekiel's Hags dans leur chaîne hifi. Chacun de ces 11 titres est tout aussi jouissif sur l’instant, qu’il ne s’oublie une fois le morceau terminé.

Ce nouvel exercice n’a rien d’amical, il est une belle purge pour cracher son venin, et son côté nihiliste le rend idéal si vous êtes bagarreur UFC. Il vous donnera la niaque nécessaire pour encaisser les coups, et surtout les donner. Reste à espérer (très fortement) que les plus faibles ne péteront pas leur dernier fusible et n’auront aucune tendance à BertrandCantater celles (ou ceux) qu’ils devraient cajoler. Le genre d’album pétri de violence urbaine qui fait prendre des raccourcis lorsque le jugement n’est plus tout à fait clair, la musique semblant parfaite pour donner le déclic à l’expression des plus grandes frustrations.

Relapse soigne ses sorties en offrant à ses poulains ce qu’il y a de mieux, permettant à 7 Sisters of Sleep d’être propulsé parmi les noms à citer chez ceux qui aiment le sludgecore. Mais Ezekiel's Hags ne fera pas date, tout juste bon à faire serrer les poings pendant 50 minutes et exacerber les pensées violentes de chacun.





Rédigé par : Bras Cassé | 14/20 | Nb de lectures : 6157




Auteur
Commentaire
Bernard
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2016 à 09h23 - (119669)
Du tout bon cet album!
Et je lui trouve un vague air de Mistress par moment.
Le gros mollard verdâtre de ce début d'année!

gg
IP:83.206.196.72
Invité
Posté le: 22/03/2016 à 12h17 - (119670)
Petite déception.

CromCruach
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2016 à 12h54 - (119671)
Vais encore faire mon scrogneugneu mais malgré plusieurs tentatives, j'ai trouvé ça d'un chiant.



IkeA
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2016 à 15h03 - (119672)
Très bon, dans le genre sludge blockbuster !



CyclisteMetôl
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2016 à 20h08 - (119674)
J'aime assez pas mal ce que j'entends !

Quelqu'un serait-il assez aimable pour m'expliquer la différence entre du sludge tel que celui-ci et du doom tel que le conan que je viens de m'acheter ? Là j'avoue que je sèche, ce sont des styles dont je n'ai pas l'habitude...



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