SERPENTINE PATH - Emanations (Relapse) - 11/06/2014 @ 08h03
Le déclic ne vient pas. Il n’était déjà pas venu pour le premier album éponyme de Serpentine Path, entité pourtant composée de 5 membres talentueux. Il serait bien entendu trop simple d’associer de bons musiciens pour être certain d’un rendu de qualité. Le combo anglophone se fait pourtant plaisir -puisqu’il est le fruit d’une amitié- mais ne provoque ni pleurs, ni perte de connaissance, ni fanatisme exacerbé à l’annonce de la sortie d'Emanation, et fait encore regretter les anciennes formations dont chacun est issu (plus le gratteux Stephen Flam provenant de Winter). Les arrêts d’activité conjugués de deux titans de la scène underground doom –Ramesses et Unearthly Trance- furent surprenants. Les new yorkais semblaient avoir tout dit, peut être : 2 sorties de pur doom suivi de 2 autres plus sludge pour terminer par un cinquième opus glacial et urbain, qui laissait deviner une soif de nouveauté. Le choix de mettre un terme à Ramesses, son pendant anglais, laissa davantage circonspect. Les 3 albums sortis sous cette bannière britannique furent en tous points exemplaires. Qui se rappelle des riffs de Tim Bagshaw et de la frappe de Mark Greening sur Take The Curse ? D’un cynisme qui faisait froid dans le dos et surtout qui tapait fort, juste et était bourré de groove gluant. Les raisons de ces séparations sont floues, mais ce qui ne l’est pas est le vide qu’ils laissent au sein de l’univers métal. Tristement, Serpentine Path n’a pas su tirer profit des pièces éclatées du puzzle.

Tout n’est pas toujours noir ou blanc, très souvent les choses sont plus nuancées. Même si le nouveau combo ne laisse pas la même trace indélébile que les merveilles telles Misanthropic Alchemist, Take The Curse, In the red, The Trident, le propos n’en est tout de même pas mauvais. Niveau ambiance, ils savent de quoi ils parlent et jonglent assez facilement avec le lugubre et le plombé. Les idées développées sont plutôt intéressantes, même si elles ne restent pas en tête. Et puis, cette galette possède Treacherous Waters, troisième morceau de l’album, qui est au même niveau que tout ce qui se fait de mieux dans cet univers doom/doom death. Il est flippant de réalisme, et dès les premières secondes, il me rappelle pourquoi j’aime tant cette musique, et me scotche à chaque écoute.
En quelques lignes, je viens cependant de donner le peu d’atouts de ce skeud. Je n’en vois pas d’autres.

La pochette est à l’image de leur musique, sans être vilaine, elle n’arrive pas à s’extirper des clichés inhérents à cet univers. Elle fait aussi tâche vis-à-vis de leur précèdent opus qui avait l’une des plus belles covers de l’année en cours. Musicalement, l’envie est là. L’intensité et la profondeur le sont un peu moins, masquées par une bonne connaissance du milieu et une expérience de longue date. Les oripeaux indissociables de cette scène sont en place, mais l’album se déroule sans émoustiller, sans marquer les esprits. Les guitares sont moins incisives, presque indolores, elles se fondent dans un tout sans que l’on ne les remarque. La batterie est molle, bâtarde, en retrait. La mise en place des titres est moins convaincante, avec peu de surprise, peu de structures qui divergent de ce que l’on connait si bien, alors que l’imprévisible et l’alambiqué étaient l’une des marques de fabrique d’Unearthly Trance. Le songwriting, le cœur même du projet, me fait penser à un attaquant de ligue 1, qui a besoin d’une douzaine de ballons pour claquer son but. Même le chant de Ryan Lipynsky éblouit moins en perdant de son charisme. Il récite sa leçon mais perds sa singularité. Emanation est quelque peu un condensé de tous les clichés qui nous excitaient autrefois, un peu moins aujourd’hui.

Sans une once d’objectivité, je reconnais adorer Ramesses et Unearthly Trance, groupes de chevet que j’ai découverts ensemble sur une petite scène parisienne en 2007. Je les suis depuis ; et ils ont toujours su proposer du neuf, renouveler leurs sonorités pourtant si personnelles. L’esprit doom est de mise au sein de Serpentine Path mais l’inspiration les a presque abandonnés depuis leurs séparations respectives, et le clou est davantage enfoncé cette fois-ci. L’équation est sans appel : la fusion de 2 grands groupes résulte d’un unique combo quelconque. Ni bon ni mauvais, les anglo-saxons moulinent dans le vide, se dandinent dans l’à peu près et font regretter, pour la seconde fois maintenant, les 2 excellentes formations dont ils sont issus.





Rédigé par : Bras Cassé | 12,5/20 | Nb de lectures : 11425




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Commentaire
grrr
Membre enregistré
Posté le: 11/06/2014 à 08h58 - (112488)
Excellent album pour ma part! Monstrueusement massif et monolithique, un peu plus varié que le précédent, production très naturel, massive et puissante...
Et puis J'aime beaucoup cette pochette qui représente bien l'atmosphère lugubre et rampante de l'album...
Bref, j'attendais cet album avec impatience, je ne suis en aucun point déçu!




IkeA
Membre enregistré
Posté le: 11/06/2014 à 10h33 - (112489)
Ennuyé par le précédent, conquis par celui-ci (ce n'était pas gagné, pourtant) !



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