SELENITES - Animaltar (Maximum Douglas/Ruin For Fun/Moment Of Collapse) - 10/04/2012 @ 07h21
Les Sélénites sont les habitants présumés de la face cachée de la Lune. On peut les apercevoir notamment dans le chef-d’œuvre « Le Voyage Dans La Lune » de Georges Méliés. Les SELENITES sont aussi d’excellents musiciens et si l’on en croit leurs sonorités, la musique de Neurosis a franchi les limites de l’espace pour aller caresser les oreilles de cette mystérieuse peuplade. « Animaltar » fait lui le voyage inverse, de la Lune à la Terre. « Animaltar » c’est une petite heure de post hardcore sludgy d’obédience suédo-californien. En d’autres mots : Cult Of Luna et Neurosis. En même temps normal pour des Sélénites de s’inspirer de Cult Of Luna.

Mais, réduire le groupe à ses deux influences serait… réducteur. SELENITES parvient à mettre sa patte sur une musique balisée et ayant un peu tendance à tourner en rond depuis quelques temps. Bien sûr on retrouve les nappes de guitares et les riffs hypnotique joués jusqu'à plus soif, les deux piliers du style, mais sur cette base SELENITES amène une note personnelle grâce à la densité du son, la profondeur des notes et l’intelligence de la composition. Densité car la production est simplement parfaite, chaque instrument trouvant naturellement sa place sans qu’aucun ne soit relégué au second plan ce qui permet à l'ensemble de sonner comme un seul et unique instrument. Le son est lourd et poussiéreux tout en parvenant à rester précis et net. Une sacrée performance. Profondeur car chaque note semble être jouée comme si c’était la dernière jamais jouée par le groupe et donne l’impression que le bateau coule mais qu’eux joueront jusqu’à la fin. Comme si chaque note était la dernière audible avant la submersion totale du groupe. Intelligence d’écriture car le groupe sait gérer ses tempos, ses cassures, ses changement d’ambiances, ses montées en puissance et ses explosions. Parce que le groupe connaît parfaitement sa musique et sait pile-poil quand stopper un riff pour éviter la redondance et l’ennui.

SELENITES s’économise et ménage ses effets, ils ne balancent pas toute la purée après trois coups de rein pour se contenter ensuite de ronflements satisfaits. Que nenni, le groupe entre deux titres frôlant les dix minutes balance un brûlot aux relents punk hardcore, « Ich Hasse » histoire de relancer la machine et de préparer l’assaut final. Les habitants de la Lune envoie un petite partie de saxo (il me semble), perdue là au loin et nous plonge en plein film noir. Chez James Ellroy ou Robert Siodmak. Comme ça sans crier gare. Et ça passe parfaitement et s’intègre tout à fait dans l’édifice sonore composé par le groupe. Musicalement, même si tout cela est extrêmement bien fait, on reste dans les clous du style sans jamais trop dévier. Il en va de même pour la voix qui fait le boulot mais sans vraiment de démarquer plus que ça. Languissante, toute en rage contenue et habitée d’un trop-plein d’émotions contrariées, elle sied parfaitement à la musique jouée par le groupe mais sans apporter cette plus-value. Elle s’intègre dans le son de SELENITES et trouve sa place parmi tous les autres instruments. Mais il lui manque ce petit « je ne sais quoi » en plus.

« Animaltar » est un très bon album de post hardcore au sens large du terme et qui amène des petites influences cinématographiques. On pense au cinéma noir des années 40-50, à « Metropolis », à « La Jetée » de Chris Marker et ce genre de cinéma d’atmosphère qui rappelle la musique de SELENITES, elle aussi tout en atmosphère. Maintenant l’album est un peu longuet et manque d’une certaine prise de risque. C’est un travail classique, parfaitement exécuté et maîtrisé mais qui manque parfois de surprise et d’innovations. Maintenant le niveau de maîtrise des musiciens et la qualité des compositions classe « Animaltar » dans le haut du panier « post hardcore », un genre dont il semble avoir fait le tour et auquel ils ont tout compris. On aimerait les voir aller plus loin, dépasser le stade d’élève appliqué pour repousser les frontières du style et réinventer leur son. Ils en sont capables.

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Rédigé par : Seb On Fire | 15/20 | Nb de lectures : 11261




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Commentaire
daminoux
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2012 à 08h07 - (101507)
très bonne surprise pour moi..... acheté sur un coup de tète.. trés bon post-hardcore avec une personnalité.....



gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2012 à 17h51 - (101521)
rarement entendu aussi garçon coiffeur, en concert, la surprise après un premier album qui, autre temps autres moeurs (dame ! c'était y a facile deux ans), donnait plutôt dans le cursedcore bien haineux et crari-crassou...

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