SEASON OF GHOSTS - The Human Paradox (Coroner/Season of Mist) - 19/05/2015 @ 07h28
SEASON OF GHOSTS est le projet de l’ex-chanteuse de BLOOD STAIN CHILD, Sophia Aslanidou. D’emblée, on sent qu’il y a moyen de se marrer avec un nouveau disque de Trance-Metal bien kitsch, même si AMARANTHE a placé la barre très haut depuis la sortie de Epsilon, le seul disque de BLOOD STAIN CHILD avec Sophia au chant qui vole désormais de ses propres ailes. La grecque d’origine vénézuélienne et japonaise d’adoption s’est dotée d’un backing-band avec notamment Zombie Sam (et Ettore Rigotti pour la production comme tout disque de Coroner Records) pour enregistrer The Human Paradox, premier album concept de SEASON OF GHOSTS qui est plus à considérer comme le projet solo de Sophia. A l’écoute du teaser, on sent bien que l’on ne va pas trop s’éloigner de BLOOD STAIN CHILD et de son WTF-Japan-Seriously-Metal, soit son mélodeath moderne usé blindé de blips-blips techno-trance. Et la possibilité de sabrer un disque du genre sucré comme c’est pas permis me rend enthousiaste, car oui je suis un grand méchant avec toutes ces exagérations electro-metal qui ont élevé le mauvais goût en art musical parfois très premier degré, voire calculé comme chez AMARANTHE, le groupe artificiel par excellence. Eeeeeeeeh ben non. Parce que SEASON OF GHOSTS va bien plus loin que du dance/techno-metal bien putassier et ridicule, ce qui fait de The Human Paradox une belle surprise pour le « genre ».

Après une intro pour nous mettre dans l’ambiance, ça commence pourtant de manière très BLOOD STAIN CHILDesque, il y a tout ce qu’il faut dès "Genesis - The Phoenix Syndrome" : riffs énergiques entre mélodeath et power-prog, claviers et électro à foison, vocaux un peu traficotés, quelques screams en backing, refrain accrocheur bien posé, du Metal très japonais finalement. Pour les deux morceaux suivants, l’électro se pointe en force, et avec le chant féminin on a parfois l’impression d’entendre de la Makina dans son versant le plus sucré… mais il faut bien avouer que les vocaux de "Time Travellers" sont très entraînants, et "Dream : Paralysis" est particulièrement bien fait pour le genre (avec une intro qui ressemble à du MIND.IN.A.BOX !), malgré ses structures répétitives car trop « pop » (le refrain est beau mais devient très lassant à la 3ème occurrence). SEASON OF GHOSTS aurait alors pu continuer dans cette voie en nous balançant un album fait uniquement de hits potentiels de Pop-Electro-Japanese-Amaranthe-en-un-peu-mieux-Metal, ce qui aurait été salutaire pour les amateurs du genre mais bien évidemment très indigeste sur la durée, surtout que Sophia n’a pas la plus belle voix de l’univers des chanteuses Metal non plus, malgré des capacités évidentes et un ton assez personnel. Mais voilà, The Human Paradox ce n’est pas qu’une résucée de BLOOD STAIN CHILD, loin de là même…

Si l’on voudrait résumer grossièrement, on pourrait dire à l’écoute complète de The Human Paradox que SEASON OF GHOSTS fait du BLOOD STAIN CHILD en plus atmosphérique, mais la réalité reste plus complexe que ça. Passé "Dream : Paralysis", on ne retrouvera plus de « tubes » comme les 3 premiers morceaux (hors intro) et SEASON OF GHOSTS se retrouve en réalité à la croisée des chemins entre Electro-Metal, Metal sympho à chanteuse et même Metal progressif ! Avec des influences extra-musicales situées dans la SF et l’horrifique, Sophia nous propose surtout un album à l’ambiance futuriste léchée, féérique et éthérée, qui sied bien à n’importe quel univers basé sur la japanimation. Le morceau-titre procède donc à une cassure à l’aide d’une ballade entre celles de NIGHTWISH ou WITHIN TEMPTATION (de la belle époque) et les morceaux très calmes d’AYREON. Sophia en profite donc pour étaler ses capacités vocales et l’on retrouvera encore deux autres ballades du genre, "The Road to Acheron" (avec son intro "Dreaming in the Gray Lands") et "Reincarnation". Mais ce n’est pas tout car on retrouve aussi le singulier "[Ne]:Mesis - The Kiss of Justice", morceau entièrement électronique certes légèrement kitsch mais plutôt réussi (surtout grâce au chant toujours entraînant), allant parfaitement avec l’esprit toujours « japonais » du projet (ce que n’a pas AMARANTHE pour justifier ses délires…). Passé le premier tiers de l’album, autant dire que le Metal se fait bien plus rare, mais il se fait alors bien plus remarquer : "Beautiful Eternal Things" est particulièrement monumental, grâce aux riffs appuyés accompagnant une atmosphère futuriste à couper le souffle ; "Quantum - Through the Looking Glass" retrouve une vibe plus dynamique à la BLOOD STAIN CHILD mais en bien plus aéré, grâce à un contraste saisissant entre les vocaux posés de Sophia et les riffs assez percutants.

SEASON OF GHOSTS a donc été capable d’aller au-delà de l’electro-Metal BLOOD STAIN CHILDien pour proposer quelque chose de plus réfléchi, qui n’est pas avare en moments forts et passionnants car passé le début d’album très trompeur, The Human Paradox dévoile une richesse insoupçonnée, pour au bout un album très bien construit finalement très « progressif » qui surprend là où on ne l’attendait pas. L’aboutissement, ça ne sera pas encore pour le premier album, qui souffre de quelques longueurs notamment sur les 3 ballades, certes plaisantes (à condition d’être tolérant sur le côté volontairement sucré et mignon tout plein rose bonbon) mais interminables, surtout que "The Road to Acheron" sonne énormément déjà-entendu chez n’importe quel groupe de Metal sympho populaire, ajoutez à cela l’outro instrumentale un peu pompeuse "There And Back Again" (relevée par l’étrange ghost-track en 13ème position qui clôt l’album dans une explosion apocalyptique) et SEASON OF GHOSTS n’est pas en réussite à 100%. Mais entre les morceaux dynamiques intéressants pour peu qu’on apprécie un minimum le Epsilon de BLOOD STAIN CHILD et les excellents "[Ne]:Mesis - The Kiss of Justice", "Beautiful Eternal Things" et "Quantum - Through the Looking Glass" dans leurs styles respectifs, il y a de quoi faire. Alors certes, le côté Electro/Trance/Techno/Dance avec des riffs basiques marié à du chant féminin bien gentillet n’est pas à mettre entre toutes les oreilles, et la frontière du kitsch n’est hélas jamais loin. Mais avec son aspect résolument symphonique et progressif, The Human Paradox est une bonne surprise par rapport à BLOOD STAIN CHILD dont on pensait que SEASON OF GHOSTS ne serait qu’un clone facile (même s’il en reste proche), proposant au final un Electro-Metal futuriste bien plus travaillé qu’il n’y paraît, fait par une musicienne passionnée ayant choisi un univers singulier et authentique, explosant sans vergogne l’abomination qu’était Massive Addictive de AMARANTHE et ce à tous les niveaux.



http://seasonofghosts.com - 138 visite(s)


Rédigé par : ZeSnake | 14.5/20 | Nb de lectures : 7730




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Commentaire
dimmu77
Membre enregistré
Posté le: 19/05/2015 à 11h10 - (116725)
pas beaucoup écouté pour le moment, mais plutôt plaisant en fait, en dessous de BSC pour ma part mais bien au-dessus de l'insupportable Amaranthe ( pas vraiment dur il faut dire ^^ )

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