SCHAMMASCH - Contradiction (Prosthetic) - 03/06/2014 @ 07h59
Prosthetic a l’image du bon gros label ricain qui signe des groupes de Metalcore ou de Thrash/Death moderne plus ou moins bourrins (ALL THAT REMAINS, BENEATH THE MASSACRE, EXMORTUS, HOUR OF PENANCE, SKELETONWITCH, THROUGH THE EYES OF THE DEAD…), vl’à ti pas qu’il surprend son monde en signant un groupe de Black mais un groupe de Black bien particulier. Si les ricains de MUTILATION RITES sont cependant déjà dans leur roster, le label est allé plus loin, dans le coin de Bâle (le coin, pas le trou) en Suisse pour être précis, pour dénicher SCHAMMASCH. Formé en 2009, le groupe compte dans ses rangs des membres présents et passés de ZATOKREV, BLUTMOND et ATRITAS, formations pas éminemment reconnues et même SCHAMMASCH, auteur d’un premier album en 2010 (Sic Lvceat Lvx) sur le label Black Tower Productions, était jusque-là inconnu au bataillon et sa signature sur Prosthetic ressemble à un pari ou un moyen de présenter le groupe comme étant le « next big thing ». La pochette signée Metastazis de Contradiction attire déjà l’œil, et seconde particularité de SCHAMMASCH il va s’agir d’un groupe de Black présenté comme « expérimental » qui va surtout nous délivrer un BM occulte et introspectif. Bien loin des standards de Prosthetic dont les disques en mettent en général plein les esgourdes…

Troisième particularité et pas des moindres, Contradiction est un double album. Enfin, c’est plutôt parce que 84 minutes, ça ne tient pas sur un seul disque, mais SCHAMMASCH se montre ambitieux. 8 morceaux (plus un interlude) de 6 à 17 minutes vont former ce second opus des suisses, qui n’ont pas fait les choses à moitié après un Sic Lvceat Lvx qui était un peu inintéressant de mon point de vue. SCHAMMASCH passe la seconde et va nous livrer une œuvre assez travaillée. Situer Contradiction dans un lot d’influences BM n’est pas forcément évident même si le style n’est pas nouveau, on pensera assez à SECRETS OF THE MOON période Carved In Stigmata Wounds - Antithesis, vaguement à du TRITPYKON par moments, ou encore à une poignée de groupes de Black orthodoxe. SCHAMMASCH ne se distingue jamais par une frénésie et une agression Black-Metal, mais plutôt par son côté posé, introspectif et même rituel, progressif sans être atmosphérique, avec des morceaux qui, du fait de leur longueur, prennent leur temps. On appréciera les rares accélérations (celle vers la fin de "Split My Tongue" notamment), mais pour le reste c’est un Black occulte soutenu et réfléchi qui s’impose, porté par des riffs appuyés, différentes ambiances et une voix éraillée qui ressemble à peu près à la voix que j’ai les lendemains de match de foot à domicile où l’arbitre était un enculé.

Avec ses arpèges bien noirs histoire de bien démarrer l’heure vingt-quatre qui s’annonce, le morceau-titre d’ouverture se pose presque comme une intro… de 10 minutes ! La mise en place est donc longue, mais SCHAMMASCH se distingue déjà par ses étranges guitares acoustiques orientales et ses riffs très pesants, en plus de quelques passages portés par des chœurs qui mettent en place une ambiance résolument occulte, en plus des habituels trémolos typés Black orthodoxe. Après ça on pouvait penser que SCHAMMASCH allait jouer l’explosion mais non, en lieu et place il choisit de plonger dans la pure noirceur avec "Split My Tongue", posant une ambiance particulièrement sombre et écrasante, notamment de par les riffs très lourds. Ce n’est donc qu’après 5 minutes apocalyptiques que SCHAMMASCH s’excite à l’aide de blasts et de riffs Black très incisifs, mais on commence à comprendre que les suisses ne sont pas forcément là pour nous en mettre plein la gueule. Le meilleur est à venir avec "Provoking Spiritual Collapse", le tube de Contradiction qui n’aurait pas dépareillé sur un album de SECRETS OF THE MOON tout en nous offrant des riffs bien dark à la CELTIC FROST/TRIPTYKON, une magnifique performance à la fois noire, occulte et épique. "Until Our Poison Devours Us" poursuit Contradiction dans cette veine très SECRETS OF THE MOON, rythmes presque martiaux et ambiance très noire à l’appui, SCHAMMASCH se pose définitivement comme un groupe de BM progressif très rituel, posé et introspectif, avec pas mal de réussite (notamment sur les envolées mélodiques et l’utilisation du chant) même si l’originalité n’est pas forcément au rendez-vous, et que quelques longueurs sont présentes surtout quand les morceaux dépassent 9 minutes…

Un interlude ("Crown"), le seul de l’album, aux accents un peu plus psychédéliques qui me font penser à ce qu’avait pu faire BLUT AUS NORD sur 777 - The Desanctification et Contradiction est parti pour son second CD. Et c’est là que SCHAMMASCH va un peu plus oser mais va aussi montrer ses limites. "The Inner World" ne perd pas une miette de l’intensité et de l’ambiance occulte des morceaux précédents, mais la recette commence à être connue et finit par un peu lasser, et le groupe alterne plans guitaristiques très intéressants et passages qui se traînent en longueur, le groupe expérimente sur les breaks mais ça ne fonctionne pas vraiment et les 13 minutes de ce morceau qui ne décolle jamais finissent par ennuyer. Même sort pour "Serpent Silence" qui alterne riffs croustillants et passages plus lénifiants, malgré le début acoustique plutôt plaisant. "Golden Light" parvient à redresser la barre grâce à une atmosphère à nouveau plus pesante et très sombre, mise en exergue par des guitares de premier choix, et surtout SCHAMMASCH est plus convaincant lorsqu’il limite la durée de ses pistes (un peu moins de 7 minutes ici), et en restant à l’essentiel tout en faisant quelques petites expérimentations (au niveau du chant notamment). Comme les suisses ont du mal à se limiter, ils vont se lâcher sur la dernière piste de Contradiction, "JHWH", 17 minutes au compteur. Le côté occulte et rituel du groupe est pourtant à son paroxysme dans la première partie du morceau accompagnée d’un long récital narré, mais ensuite SCHAMMASCH montre à nouveau qu’il n’a plus vraiment d’idées : break acoustique interminable et Black orthodoxo-progressif mid-tempo, sombre et mélodique finalement assez convenu vont jalonner le reste de ce morceau répétitif jusqu’à la fin de l’album.

L’affaire avait donc bien commencé mais au final SCHAMMASCH s’est montré trop gourmand, peut-être trop ambitieux, livrant au final un Contradiction dont le premier disque est très satisfaisant, mais le second inégal et bourré de longueurs. La formation suisse arrive à se poser comme un bon avatar de SECRETS OF THE MOON et consorts, mais si les bases sont là le second album de ce groupe souffre d’un trop-plein et d’un manque d’idées consistantes. Le BM progressif et occulte proposé est tout de même de qualité, avec quelques excellents riffs et une parfaite mise en place de l’ambiance, mais il n’a pas assez de matière pour retenir l’auditeur sur 84 minutes. Contradiction se pose comme une véritable messe noire dont l’atmosphère l’est tout autant, mais suivre cet office jusqu’au bout est un peu difficile et lassant. Quoi qu’il en soit, SCHAMMASCH a tout de même un certain potentiel et un potentiel certain, et il ne semble faire nul doute que Prosthetic a voulu parier sur un « Next Big Thing » et amener quelque chose de différent dans son catalogue. Quelque chose de différent pour eux mais pas tant que ça pour qui écoute tout le Black plus ou moins orthodoxe, genre qui a trouvé sa quintessence plus tôt cette année avec Enemy Of Man de KRIEGSMASCHINE. SCHAMMASCH ne surprendra donc pas spécialement les amateurs du style, qui trouveront ici un album bien fait, bon la plupart du temps, mais qui aurait gagné à être plus court et concis et donc a peut-être vu un peu trop grand.



http://schammasch.com - 134 visite(s)


Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 11861




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Commentaire
Bernard
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2014 à 10h57 - (112351)
Très bon album mais qui n’atteint pas toujours ses objectifs, un peu trop ambitieux peut-être.
Du coup grosse hésitation pour un achat éventuel.

WhiteNoise
Membre enregistré
Posté le: 04/06/2014 à 01h36 - (112364)
Vous je ne sais, mais moi je n'en peu plus des pochettes de Metastazis. A tel point que ça m'en devient redhibitoire pour ll'achat, et même l'ecoute d'un opus !

Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 04/06/2014 à 19h34 - (112375)
J'aime beaucoup le son et la voix... Après avoir écouté le premier morceau et The Inner Word (le morceau de 13 minutes), c'est vrai qu'il y a un petit quelque chose qui ne va pas au niveau de la longueur... Mais, ça donne tout de même envie... Si le black orthodoxe se présente comme ça, ça mériterait vraiment que j'y porte un peu plus d'attention...



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