SAHG - Delusions of Grandeur (Indie) - Selection VS du 15/01/2014 @ 10h10
Je sais, je sais... je suis très en retard pour parler de ce SUBLIME "Delusions of grandeur" déjà sorti en 2013... mais je présume que si vous l'avez déjà écouté, vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il était absolument impossible de ne pas en parler ! Putain mais quel bon album les amis, quel bon album !
J'avais chroniqué en ces pages le troisième album de SAHG (le bien nommé "III") qui m'avait littéralement scotché à mon fauteuil lorsque je l'avais écouté. J'avais été particulièrement ébloui par le morceau "Downward Spiral" (une tuerie sans nom) qui a été mon hymne 2010 et que j'écoute encore très régulièrement quand j'ai envie que la magie de la musique envahisse l'air ambiant.
Cependant, et pour corroborer les propos de ce diable de Zoltar qui avait eu à l'époque le nez plus fin que moi, l'album a eu un peu de mal à résister à l'érosion du temps qui passe... et effectivement comme le disait le caverneux metalophage, SAHG était devenu sur "III" un groupe de metal "de plus" en laissant de côté ce qui auparavant (sur le "I" et le "II") faisait tout son charme et sa beauté, grâce à ces touches de psychédélisme crades et envoûtantes.
Du coup, lorsque ce "Delusions of grandeur" est sorti, je ne m'attendais pas à quoi que ce soit de vraiment "neuf"... la surprise n'en a été que meilleure...

Alors qu'on pouvait légitimement s'attendre à un volume "IV", c'est un album concept nommé "Delusions of grandeur" qui nous arrive, livré par ce satané Olav Iversen et ses boys. Fort d'un nouveau bassiste (en la personne de Tony Vetaas) et d'une production bien équilibrée (l'œuvre de Mister Iver Sandoy qui même si il a un peu noyé la voix dans la reverb', a fait à mon goût de l'excellent travail d’autant qu’il s’est aussi occupé du mix et du mastering), ce nouvel album montre un SAHG créatif et plein de fougue.

Construit autour de l'histoire d'un personnage qui s'enfonce peu à peu dans sa folie en se créant son propre univers, les chansons suivent un fil logique où le héros finit par sombrer dans les limbes de ses propres névroses.
A mon sens, SAHG synthétise avec "Delusions of grandeur" tout ce qu'il sait faire de bon et ce, dans un équilibre judicieusement dosé. Inspiré et techniquement parfaitement en phase avec les morceaux joués, SAHG est au meilleur de sa forme et nous livre peut-être ici son meilleur album.

On retrouve autant cette énergie dynamique qui peut se ressentir dans de vieux morceaux comme "Pyromancer", les savoureuses intonations psychédéliques des tout débuts du groupe et les redoutables harmonisations qui se terrent lors des nombreux plans "prog" qu'a toujours su proposer le groupe.

Ce qui apporte beaucoup de souffle et d'intérêt à l'album, c'est la capacité de SAHG à pouvoir passer du remuant "Firechild" au vicieux "Walls to delusions", le tout en se ménageant d'incroyables îlots de beautés évanescentes comme l'incroyable "Sleeper's gate to the galaxy".

Les morceaux sont magistralement construits, mélangeant autant la violence de certains riffs de guitares (les subtiles mais redoutables doubles croches du riff d'intro de "Walls to delusions") à de magnifiques passages mélodiques. Aidé comme je le disais plus haut par une production particulièrement aérée, les arpèges en son clair se fondent dans les accords saturés d'une façon particulièrement harmonieuse... comme si ce mariage du feu et de la glace, pourtant si difficile à réaliser de façon majestueuse, semblait ici comme couler de source.
Les premières secondes de "Slip off the edge of the universe" montrent très bien cette dualité maîtrisée, où se mélangent incroyablement les explosions vaporeuses de gros riffs mélancoliques aux mélodies feutrées des thèmes choisis. Tout semble comme voler en éclats, les sonorités semblent s'éparpiller autour de nous comme si elles venaient d'éclater sous l'effet d'une bombe... tout bonnement envoûtant.

Bien sûr, on perçoit clairement dans cet album l’influence d’un BLACK SABBATH (pour le côté crade et spatial) et d’un LED ZEPPLIN (pour la construction de certaines architectures rythmiques). Ces références « old school » sont mâtinées de sonorités plus modernes où je perçois par exemple d’une manière forte, l’ombre d’un MASTODON (beaucoup de plans et de mélodies de « The Hunter » auraient pu se retrouver sur cet album).

En clair, il ne manque plus grand-chose pour faire de SAHG un champion. Une toute petite marche de plus, et le groupe rentrera dans l'hyperespace.

Sans concessions, les chansons sont longues, audacieuses, parsemées de multiples changements d’humeur et de savoureuses harmonisations vocales et guitaristiques. Rythmiquement, le cogneur Thomas Lonnheim n’en fait pas des caisses mais son jeu est efficace et toujours dans « l’esprit » recherché sur les morceaux (il sait se faire groovy sur l’instrumental « Odium Delirium » puis limite Doom sur le couplet de « Walls to delusions »). Mais le véritable maître de cérémonie de cet album c’est bien ce diable de Olav Iversen qui a encore fait des progrès dans sa façon de chanter et nous offre sur cet album une superbe démonstration de son talent (écoutez la sublime introduction guitare sèche/voix du dernier morceau « Sleeper’s gate to the galaxy »). Accompagné du brillant Thomas Tofthagen, les deux six-cordistes proposent de nombreux solos très inspirés et semblent s'amuser comme des petits fous sur dès lors qu'ils se lancent des duels aussi percutants qu'inspirés.

Personnalisé par cette pochette énigmatique qui ne fait pas vraiment dans la demi-mesure (genre "on aime ou on déteste") ce "Delusions of grandeur" est un album remarquable auquel on a envie de revenir encore et encore. Une belle échappée pour SAHG, qui si il continue comme cela, pourrait très bien faire partie des boss du metal/prog/psyché à l'avenir. Un pur régal.


Rédigé par : Pamalach | 17/20 | Nb de lectures : 15149




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Commentaire
Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2014 à 11h36 - (110725)
Allez, j'ouvre le bal...J'ai découvert Sahg en première partie de Solstafir et je dois dire que j'ai adoré en live. Pas vraiment eu le temps de m'y mettre depuis, mais cette Chro me fait repasser le dossier dans les priorités...

tool
IP:83.158.122.159
Invité
Posté le: 15/01/2014 à 14h11 - (110727)
J'ai écouté les premiers morceaux ,et vraiment sympa !!!Digne du dernier mastodon avec un cote aerien en plus !

Le Chef
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2014 à 21h00 - (110733)
Découvert avec cet album et j'ai trouvé les premiers titres fabuleux, pas forcément le cas sur tout l'album hélas mais je vais m'y replonger!

TheUgly
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2014 à 21h11 - (110734)
Un grand album, captivant de bout en bout. Sélection amplement méritée.



pamalach
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2014 à 23h36 - (110736)
N'hésitez pas à aller écouter les albums précédents ! C'est du costaud !

vincesnake
Membre enregistré
Posté le: 16/01/2014 à 17h21 - (110745)
Album et groupe découvert via les news de Vs et c'est foutrement bon !

Belle maitrise entre les influences psychés et plus modernes, captivant de bout en bout comme dit plus haut.

Complètement en phase avec la kro.

pyofan
Membre enregistré
Posté le: 16/01/2014 à 18h28 - (110746)
wow, jolie découverte !!!!!

merci VS !!!!



Black comedon
IP:81.246.44.244
Invité
Posté le: 04/02/2014 à 13h15 - (110882)
Je trouve que cet album est plus proche de Heart of Oak D'anciients que de Mastodon... mais comme Anciients ça fait penser à Mastodon...

En tout cas merci pour la découverte

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 04/02/2014 à 21h17 - (110886)
1 - Album de l'année 2013 pour ma pomme, et chef d'œuvre au passage.

2 - Ce qui fait vaguement penser à Mastodon, ce sont les influences classic rock 70's des deux groupes (sur Crack the skye essentiellement en ce qui concerne Mastodon). Je ne crois pas un instant que Mastodon ait influencé Sahg (et pour rappel Delusion of grandeur est déjà leur quatrième album).



Deadheads
Membre enregistré
Posté le: 14/02/2014 à 17h01 - (110983)
Typiquement le genre d'album que j'avais besoin d'écouter dernièrement !
C'est frais et entêtant à défaut d'être révolutionnaire mais bon, on s'en fout...
Le seul petit reproche à faire est que les trois premiers morceaux (des bombes !) sont selon moi les plus percutants et addictifs de la galette; mais encore faut-il que je l'écoute d'avantage pour confirmer ce ressenti...
Hâte de me mettre l'opus II et III commandés récemment dans les esgourdes !



RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 14/02/2014 à 19h09 - (110985)
@Deadheads : Fais-moi plaisir et écoute le dernier titre, Sleeper’s gate to the galaxy au casque, tout seul dans le noir. Et reviens ensuite témoigner ici, tel un invité d'une émission de feu Jean-Luc Delarue.
Intro accoustique magnifique + riff Opeth-ien + développement à la limite du psyché + break + solo d'anthologie très "classic rock" ===> tripage total pendant 11 minutes.



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