SACRILEGE - Behind the Realms of Madness (Relapse/Modulor) - 11/01/2016 @ 07h33
Si vous avez moins de quarante ans, a priori SARCILEGE ne représentera rien pour vous, ou à la limite le premier groupe de mélodeath du batteur d’IN FLAMES (en plus, c’est raté car on ne parle pas du même groupe !)… Et si vous avez PLUS de quarante ans, deux camps risquent de dessiner : ceux qui aiment leurs deux derniers albums et ceux qui préfèrent tout ce qu’il y avait avant. Et dans cet ‘avant’, il y a ‘Behind the Realms of Madness’ leur premier véritable skeud sorti il y a tout juste trente ans. Pourquoi cette césure ? Tout simplement parce qu’après le thrash, un disque comme ‘Turn Back Trilobite’ (1989) se mis aussi à distiller une forte dose de doom dans son jeu, aboutissant à un style qui influencera énormément CATHEDRAL par exemple selon les dires de Lee Dorrian lui-même qui d’ailleurs avait brièvement embauché leur ancien batteur Andy Baker au tout début du groupe.

Or quatre ans avant, la situation est alors très différente : même si le thrash se paie déjà la part du lion dans leurs riffs, le alors très jeunot SACRILEGE (un an d’existence) est encore profondément ancré dans le D-beat et la scène crust, notamment sur le plan capillaire. D’ailleurs, même si le groupe avait alors innové en engageant une chanteuse, cette dernière a un débit et un ton mitraillettes qui ont plus à voir avec celui d’AMEBIX ou DISCHARGE que WARLOCK. Il y a cinq ans, l’excellente compilation ‘Reaping the Demo(n)s’, qui comme son nom l’indique rassemblait toutes leurs démos, avait d’ailleurs déjà fait office de bonne séance de rattrapage avec des premières versions de travail des six titres qui seront ensuite réenregistrés pour ‘Realms’ au studio Rich Bitch à Birmingham, l’endroit même où l’année suivante NAPALM DEATH enregistrera la première face de ‘Scum’.

Daté, ce témoignage discographique l’est sûrement mais c’est à la fois sa principale faiblesse et force. Car plus que tout autre, ‘Realms’ est très symbolique de ce que l’on a appelé le ‘stenchcore’ cette mini-scène de crusties où l’on retrouvait aussi par exemple AXEGRINDER, DEVIATED INSTINCT ou EXTINCTION OF MANKIND qui avait grandi dans les squats au son du punk ou de la scène hardcore et dont les angoisses teintés de sonorités métalliques ou proto-indus furent attisées par l’Angleterre de Thatcher et son capitalisme triomphant. Trop metal pour le keupon moyen, trop punk pour le hardos portant fièrement son t-shirt IRON MAIDEN, le son filandreux et clinquant qui en résulte est très particulier, très typé 80’s mais qui a plutôt bien vieilli et qui surtout ne ressemble à pas grand-chose d’autres, si ce n’est à certaines prod’ thrash atypiques justement en provenance de la perfide Albion à la même époque, genre XENTRIX. Surtout qu’histoire d’en rajouter une couche, leurs premiers textes coups de poing et engagés très typés hardcore avaient alors déjà cédé à la place à des choses soit plus vagues et apocalyptiques voire carrément empreintes d’heroic fantasy, comme « Shadow from Mordor » inspiré du ‘Seigneur des Anneaux’.

Cela dit, ce premier MLP reste très proche de leurs racines crust, même si la démo qu’ils ont enregistré l’année suivante et dont les trois titres ont été rajoutés ici (démo que l’on retrouvait déjà sur ‘Reaping the Demo(n)s’ d’ailleurs) laissait déjà sous-entendre que le thrash allait par la suite se tailler la part du lion, une sorte de NUCLEAR ASSAULT sans l’humour débile mais plus mystique et épique. En fait, amis metalleux, j’aurais même tendance à vous conseiller d’attendre l’éventuelle réédition des albums suivants avant de tenter votre chance si vous vous tâtez encore. Sauf que là où cette réédition marque un sacré point, c’est qu’elle contient les premiers enregistrements depuis 1988 (!) du groupe qui s’est réformé l’année dernière avec entres autres Frank Healy de BENEDICTION à la basse. Et en plus d’une nouvelle version d’un court uppercut punk de leur première démo (« Dig Your Own Grave »), ils offrent ici leur premier nouvelle compo en près de trente ans sous la forme de « Feed », titre peut-être super original mais bien thrash et où surtout leur chanteuse Tam Simpson prouve qu’elle n’a pas perdu de son agressivité malgré l’âge. Après, il y a ce choix très contestable d’avoir remplacé l’artwork original (pour des raisons de droits ?) par un remake digital froid et désincarné mais une fois de plus, on chipote. Même si selon moi, ‘Within the Prophecy’ reste LE disque de SACRILEGE que tout metalleux se doit d’avoir, ce retour de flamme fait un bien fou et permet de se replonger dans un bain de jouvence salvateur thrash et crusty…




Rédigé par : Olivier 'Zoltar' Badin | Réédition/ | Nb de lectures : 7472




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Commentaire
CromCruach
Membre enregistré
Posté le: 12/01/2016 à 14h18 - (119132)
Très bonne remise en perspective du groupe dans ta chro. Ceci dit le stenchcore est encore bien vivace.

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