RUFUS BELLELFEUR - Temples, Idoles and Broken Bones (Ghetto Gator/L'autre) - 10/06/2014 @ 07h58
Nous avions déjà fait la connaissance de RUFUS BELLEFLEUR via la chronique de leur premier album "Grovin' tales from the gator blaster" et l'interview du chanteur du groupe, Julien Cassarino (actuel SIMONE CHOULE, feu MANIMAL et feu PSYKUP). A cette époque, nous avions découvert ensemble l'univers Hip hop/cyco/Cajun de RUFUS BELLEFLEUR, sympathique mort vivant mélomane coincé quelque part entre la folie d’un MIKE PATTON, les brettelles d’HAYSEED DIXIE et le fun des BEASTIE BOYS.

Si le premier album m’avait bien plu, je trouve ce deuxième beaucoup plus abouti, plus cohérent et largement plus agréable à l’écoute. Bien sûr, plusieurs titres du premier opus m’avaient largement convaincu, mais sur la longueur, je trouve que d'autres manquaient un peu d’épaisseur et de relief pour résister à l'épreuve du temps. Ici, tout s’écoute d’une traite, le « liant » qui relie les morceaux étant du véritable miel pour nos conduits auditifs.

Si "Grovin' tales from the gator blaster" drainait avec lui une sorte d'aura un brin inquiétante, "Temples, idols and broken bones" est beaucoup plus lumineux et chatoyant. Désormais coloré dans des tons plus jaunes et orangés, l'univers de RUFUS BELLFLEUR placarde aujourd'hui encore plus en grand son sens de la mélodie, du groove et de l'investigation des lieux incongrus.
Si dans le premier opus, Casarino et Yuz s'amusaient à disséquer leurs films d'horreur préférés pour ensuite en extraire (avec malice) toute la sève, ici le septième art a une place encore plus préférentielle qu'auparavant. Il suffit de regarder les titres des chansons pour s'apercevoir des clins d’œil fait au cinéma ("Rocky rocket", "Raiders of the lost Groove", "Zombie Geisha", "Never ask the twins") qui alliés à l'univers très 80's de l'esthétique du skeud fait mouche d'une bien belle manière. Et ce n'est pas la très réussie pochette de l'album (rappelant "Allan Quaterman et les mines du roi Salomon" ou "Indiana Jones et le temple maudit") qui feront tache dans cet univers habité par ses compositeurs.
Pour corroborer enfin en beauté cette synthèse réussie de toute cette époque "dorée" du cinéma d'aventure, Casarino pose sur cet album un flow beaucoup plus hip hop que sur l'album précédent, son débit et ses intonations me rappelant fortement le rap américain du tout début des années 90's avec des "frappes" qui rappellent les Beastie Boys ou encore Run DMC. Le chanteur n'oublie cependant pas le chant et les mélodies, le travail sur les refrains et les harmonies étant à de nombreux moments vraiment remarquable (le bougre hurle même à quelques reprises avec une enthousiasmante vigueur comme au bon vieux temps de ces groupes brutaux).
La musique couvre quand à elle un large spectre, allant des sonorités orientales de "Zombie Geisha" et "Little China" aux grooves imparables des tubes "Party of the dead" et "Mysterious Ways". Super bien produites, les chansons se suivent en laissant à chaque fois une empreinte différente et un parfum nouveau, RUFUS BELLEFLEUR désertant désormais Montrouge pour aller traîner ses guêtres en Asie centrale, dans les temples oubliés d'Amérique Latine ou dans les catacombes de sombres cimetières peuplés de zombies faméliques. Piano, slide guitar, banjo, flûte... la liste des instruments utilisés est pour le moins dodue, les ambiances développées nécessitant à chaque fois un climat particulier généré par des instruments qui le sont tout autant.

Peut être un peu plus sophistiqué que le précédent, chaque instrument à sa place bien à lui, l'apport des deux voix féminines donnant du relief aux chansons. Certains regretteront peut être le coté plus fantomatique du premier opus, mais le groupe semble tellement à l'aise dans ce terrain de jeux (sentant il me semble plus les épices que l'encens) que je ne regrette pas de les voir évoluer de cette façon. Il est aussi cohérent de voir Casarino et ses camarades changer de terrain de jeux, chacun de ces projet n'ayant jamais eut pour vocation de rester baser sur des recettes répétés à l’infini.
Très plaisant, vraiment bien maîtrisé et idéal pour passer sur la route de vos vacances, ce nouvel opus de RUFUS BELLEFLEUR saura vous chatouiller aux bons endroits et appuyer là où ça fait mal... et c'est ça qui est bon !




Rédigé par : Pamalach | 15,5/20 | Nb de lectures : 11605




Auteur
Commentaire
JTDP
Membre enregistré
Posté le: 10/06/2014 à 09h11 - (112480)
L'extrait et la chronique donne bien envie en tout cas !

JeanDi
IP:213.251.189.209
Invité
Posté le: 10/06/2014 à 12h00 - (112481)
Et dire que certains se foutent de la gueule de Fadades...

bender1999
Membre enregistré
Posté le: 12/06/2014 à 09h22 - (112510)
Un putain d'ovni, super original et bien foutu, enfin des zicos qui ont des couilles de proposer autre chose.

Yavor
IP:78.192.38.132
Invité
Posté le: 12/06/2014 à 22h46 - (112526)
Rufus Bellefleur, ta musique ne sent pas la rose

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