RAUHNACHT - Urzeitgeist (Hammerheart) - 18/11/2014 @ 07h36
Stephan Traunmüller est un homme très occupé, outre sa présence dans WALLACHIA il est aussi le fondateur et unique membre de GOLDEN DAWN et depuis 2010 s’occupe aussi de RAUHNACHT qui va ravir les fans de black-metal atmosphérique et venteux. Malgré son planning très rempli celui-ci trouve encore le moyen de faire des sorties de grande qualité et surtout de prendre son temps, un paradoxe à l’heure où notre monde va de plus en plus vite et mise tout sur la mode, l’éphémère et le buzz. En effet ça n’est pas moins de quatre années qu’a mis ce perfectionniste pour sortir une suite à « Vorweltschweigen » mais celles-ci valaient l’attente tant cet opus est brillant et inspiré.

Toujours spécialisé dans les morceaux à rallonge (de 6 à 10 minutes sur cette galette), l’autrichien continue aussi à chanter dans sa langue natale ce qui donne à l’ensemble un côté haineux et froid. Cependant il ne faut pas chercher de la brutalité à la NARGAROTH, ici règnent en maître les influences de KAMPFAR, MOONSORROW ou FALKENBACH, du coup on trouve de l’épique, du folk et un léger côté pagan, le tout avec des claviers et une ambiance brumeuse et mélodique.

« Einsam Ist’s, Durch’s Moor Zu Geh’n » sert d’excellent baromètre avec son début légèrement martial, son côté épique scandinave, ses petites touches de synthé et ses deux parties distinctes (la première plutôt rapide et la seconde plus lente et misant plus sur les ambiances). Du coup toutes ces petites choses (malgré un côté qui peut paraître légèrement décousu) créent une véritable ambiance originale et addictive.

D’ailleurs chacune des 7 compositions originelles possède sa propre identité et sa touche qui la rend différente des autres, on le vérifie sur « Urzeitgeist » plus direct et puissant et où l’esprit norvégien flotte au-dessus de celui-ci (d’ailleurs les riffs peuvent facilement faire penser à TAAKE), pourtant là-aussi les surprises se révèlent avec cette pause mélodique et mélancolique au milieu du morceau, ce dernier étant porté ensuite par des accélérations rapides et des nappes de claviers discrètes et envoûtantes.

Si « Rauhnachtskind » est une tuerie absolue, c’est grâce à l’alternance judicieuse des rythmiques à la fois lentes et lourdes, aux influences heavy et relevée grâce à quelques blasts balancés à des moments clés. Les ambiances mélancoliques et atmosphériques sont parfaites, et le côté brumeux sied à ravir à l’ensemble qui nous surprend agréablement. En parlant de surprise que dire de celle de « Der Weg Zurück » que l’on croirait tout droit sorti du moyen-âge tant l’ambiance médiévale se fait sentir, le tout est conjugué à des breaks acoustiques et folk et des chants grégoriens récités dans la langue de Goethe. Pour ne pas perdre de la brutalité la batterie est martiale, les blasts présents et le côté épique et guerrier parfaitement mis en avant… bref une vraie réussite.

On pensait que le meilleur était passé et bien non, car « Geisterreiter » est là-aussi excellent, il surprend au début par sa « violence » plus présente que par le passé, sa basse ronflante et sa batterie lourde, le tout sublimé par son break central planant et mélancolique qui s’étire sur toute la seconde partie. « Zeitentor » lui nous montre une palette plus ténébreuse de par son côté quasiment doom, froid et dépressif. L’ombre des premiers SHINING et FORGOTTEN TOMB n’est pas loin et ce titre est probablement le plus sombre et radical de tout cet opus.

Après tout cela « Ewigkeit » fait un peu pâlichon car là le multi-instrumentiste a voulu trop en faire, du coup les flûtes sonnent un peu faux et la piste s’étire un peu trop inutilement en longueur. Enfin pour terminer rien de mieux qu’une reprise, et là c’est l’excellent « Glemselens Elv » de BURZUM qui est à l’honneur et qui a eu droit pour l’occasion à un léger lifting où la patte de l’autrichien est présente mais sans dénaturer l’œuvre originelle de Louis Cachet.

Malgré sa production parfois un peu faiblarde ce deuxième album de RAUHNACHT est une totale réussite et qui réussira à ravir autant les fans d’ambiance à la NOKTURNAL MORTUM que ceux de black primitif, et cela sans brutalité ni odeur de soufre. Le mec a vraiment peaufiné chaque détail et chaque note et parties se trouvent exactement à l’endroit où elles devraient être. Ça peut parfois donner l’impression d’un côté légèrement bordélique, pourtant à force d’écoutes attentives on remarque cette cohérence qui évite le côté ennuyeux et sirupeux relativement fréquent dans le style, et donne quelquechose de passionnant entre noir et gris, mort et mélancolie, tristesse et déprime.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 10035




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Commentaire
Loubardlourdingue
Membre enregistré
Posté le: 23/12/2014 à 11h23 - (115279)
"Vorweltschweigen" était déjà une tuerie!Je suis dans l'ensemble d'accord avec ta chronique



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