PSILOCYBE LARVAE - The Labyrinth Of Penumbra (Buil2Kill/Season Of Mist) - Selection VS du 22/02/2013 @ 09h01
Comme vous le savez, l’underground regorge d’excellents artistes et permet à ceux qui osent s’y aventurer de faire de sacrés découvertes. Bien sûr, on ne compte plus les imposteurs et autres suiveurs qui pullulent les réseaux du monde entier. Généralement, le rôle des médias spécialisés et des labels est de trier tout ça sur le volet ; pourtant il n’est pas rare que des formations passent étrangement entre les mailles du filet. En effet, certains « acteurs de l’ombre », comme on les appelle, mériteraient une meilleure exposition, un contrat et une distribution à la mesure de leur talent. A titre d’exemple, les Russes de PSILOCYBE LARVAE sont inconnus de part chez nous alors qu’ils affichent un parcours plus qu’estimable depuis leur création au milieu des années 90 !

Leur carrière débute sur un mélange de Doom / Death atmosphérique proche de TIAMAT (leur nom est d’ailleurs tiré d’une chanson de « Widhoney ») et de Black Sympho. Après une démo et quelques apparitions sur des compilations, l’album « Stigmata » sort en 2001 puis « Agony » suit en 2003 et affiche de nettes progressions techniques. Ensuite, le groupe connu une longue traversée du désert notamment à cause de l’instabilité de son line-up. Il faut attendre 2008 et l’intégration de nouveaux membres pour qu’une suite au titre évocateur voit enfin le jour (« Non Existence »). C’est là qu’ils prennent une tournure décisive en enrichissant leur répertoire d’une orientation très progressive et sophistiquée dans le sillage d’OPETH. Fort d’une notoriété centrée sur la Russie et quelques pays limitrophes, le combo sort son 4ème album « The Labyrinth Of Penumbra » fin 2012.

En découvrant ce groupe avec cette nouvelle offrande et n’ayant écouté des anciens albums que les extraits disponibles sur leur site, je m’abstiens de faire des comparaisons et préfère entrer directement dans le vif du sujet. « The Labyrinth Of Penumbra » comporte plusieurs atouts pour séduire les plus exigeants. Déjà, le concept Lovecraftien souvent galvaudé est ici à la hauteur de nos espérances. De la pochette aux textes en passant par l’ingéniosité et la qualité des compositions, tout est mis en œuvre pour favoriser notre plongée dans cet univers aussi sombre qu’angoissant. A ce titre, un certain soin est apporté aux atmosphères étranges et fascinantes où la richesse des arrangements n’altère en rien l’efficacité des morceaux (aucun d’entre eux n’excède les 6 minutes). Bien que « The Labyrinth Of Penumbra » soit avant tout l’œuvre du guitariste chanteur Vit Belobritsky, l’interprétation sans faille et la fluidité de l’ensemble dévoile une vraie cohésion entre les musiciens.

Ce qui frappe avant tout, c’est la maitrise des nombreuses influences qui a façonné le style de PSILOCYBE LARVAE. Dans cette particularité, le vocaliste joue un rôle stratégique en alternant aisément les différents registres Death / Black et plusieurs tonalités de chant clair (« Soul Trekking » et « Shining Shambhala » sont déjà des moments forts en concert). L’apport du claviériste Dmitry Orekhov est tout aussi indispensable tant ses parties très atmosphériques jouent sur l’identité et le pouvoir émotionnel du disque, sans jamais verser dans le poussif (« Haunting » et « Into The Labyrinth » rappellent même les vieux SEPTIC FLESH). En outre, le jeu plein de feeling des guitaristes Vit Belobritsky et Andrey Lukashkov constitue un atout majeur en servant de très bons riffs, soli et arpèges sans chercher à réinventer quoi que ce soit (« Trial By Fire », « River Of Remembrance », …). Notons que les plans de gratte sont quand même originaux dans la manière dont ils sont utilisés, entre violence contrôlée et subtilités recherchées. Au niveau de la section rythmique, rien de vraiment notable si ce n’est un batteur (Ilya Piyaev) assez dynamique pour assurer quand la machine s’emballe (la montée en puissance de « Haunted » ou le départ tonitruant de « Fortress Of Time ») et un bassiste (Alex Legotin) peu avantagé dans le mix sauf sur les breaks et un passage en « slap » du meilleur effet (la fin du complexe « River Of Remembrance »).

Pour conclure, nous sommes en présence d’une œuvre aux multiples facettes qui se révèle passionnante au fil des écoutes. Citons aussi la présence judicieuse d’un instrumental très intimiste (le bien nommé « Contemplation ») et une relecture d’un vieux titre de 1996 s’intégrant parfaitement au nouveau répertoire (« No Escape »). La production (signée par Yury Smirnoy et le groupe) est correcte mais impersonnelle ; et c’est à mon sens le seul reproche à faire. Il n’y a plus qu’à espérer que le groupe réussisse sa future conquête de l’ouest. C’est tout le mal qu’on leur souhaite !

http://psilocybe-larvae.com/news_eng.html - 258 visite(s)

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Rédigé par : vincesnake | 17/20 | Nb de lectures : 12885




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Commentaire
panzerfaust
IP:85.2.193.136
Invité
Posté le: 22/02/2013 à 15h54 - (106098)

Honey tea, psilocybe larvae
Honeymoon, silver spoon
Psilocybe teaaaaaa

faut que j'écoute ca

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 22/02/2013 à 18h04 - (106099)
moi aussi, parce qu'un 17 à une release Buil2Kill ça tient du miracle :D

fabu
IP:81.11.226.16
Invité
Posté le: 23/02/2013 à 07h11 - (106124)
les titres en écoute sont vraiment excellents , découverte intéressante :)

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