PRIME SINISTER - Wish Me Hell (Sins/Season of mist) - 25/11/2010 @ 08h44
" A une certaine période de ma vie, je n'arrivais plus à faire la différence entre le jour et la nuit"

Al Jourgensen

Né sur les cendres d'UNDERCOVER SLUT, revoilà donc nos petits gars de PRIME SINISTER qui nous reviennent après leur album "United in violence" en 2008. Ce premier album avait eu un retentissement certain auprès du public et avait eu le mérite de poser les bases des ambitions du combo.
Alors quoi de nouveau sous le soleil ? Toujours aussi "MOTORHEADIEN" et atteint de "MINISTRYSTES", toujours aussi râpeux et toujours aussi lourd.
Ce qui impressionne d'entrée avec ce skeud, c'est le son qu'il envoie.
On sent que les mecs aiment jouer fort... y compris sûrement en salle de répét'.
Je n'ai pas accroché direct, mais au bout de plusieurs écoutes je me suis rendu à l'évidence : "Wish Me Hell" a un son qui défonce tout sur son passage et a une personnalité certaine dans son approche de la destruction des esgourdes.
Les passages en palm mutting sont écrasants comme un sombre soleil dans un désert de metal, la batterie est plutôt discrète mais remplit pleinement le contrat et la basse ressemble à une sorte d'énorme pilier du XV de France mais en version sonore.
La voix est rugueuse à souhait et les solos de grattes sont tout bonnement excellents ! C'est définitivement ce que je préfère chez ce groupe. Celui de "Money For Nothing" (oui de qui vous savez...)par exemple est vraiment très réussi.
Ils vont peut-être pas aimer, mais cela me fait penser à du vieux Kirk Hammett par moment.
Les passages en sweep me gonflent un peu, et je trouve pas forcément qu'ils collent à l'esprit de la musique... mais ce n'est qu'un point de détails car d'autres trouveront cela "fooooormidable" (Jack Lang's style) .
Le groupe ne joue jamais vraiment vite, ce qui fait certainement dire par plusieurs personnes qu'ils font une sorte de "Stoner". Moi, je trouve pas forcément, mais après tout le groupe ne semble pas allergique à cette étiquette.
En effet, à l'écoute de "In my sight" le groupe aime quand même quand ça bourrine.
On retrouve clairement quelque chose de très metal dans ce titre-là, tout comme dans "All in all" d'ailleurs (une très bonne chanson au passage).
Dès le premier titre de toute façon, vous serez dans l'ambiance. "Write" possède un riff qui fait un peu penser à du GOJIRA (avec ce mélange Hammer/pulling Off noueux) mais la ressemblance s'arrête là dès que le chant commence et que le tracteur se met en route. Il n'y a pas vraiment de temps mort, le groupe enquille les chansons comme s'il faisait une virée en enfer.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le groupe ne colle pas vraiment le sourire aux lèvres. Simplicité alliée à une abrasivité de tous les instants, le groupe ne s'économise pas dès qu'il s'agit d'envoyer la purée.
Le groove du groupe est très particulier : ils ne sonnent vraiment pas rock n'roll et pas trop "Stoner" non plus. Il n'y a rien de chaud dans leur rebondissements et les frappes font clairement référence à leurs influences industrielles. Heureusement que les guitares sont baveuses sinon la froideur du combo leur ôterait une grande partie de leur Modjo.
Mais faisant fi de ses innombrables qualités, je trouve deux défauts à ce disque.
Le premier, c'est que parfois j'ai l'impression que le chanteur en fait un peu trop.
Certaines distorsions dans la voix sont trop appuyées et les intonations sont parfois tellement proche de Lemmy qu'on aimerait qu'il essaye de trouver un "timbre" un peu plus original (autant que faire se peut).
Mais je ne doute pas que certains vont vraiment adorer cela, d'autant qu'il n'y a pas à dire, le "style" "à la Lemmy", ça pose.
Et je pense que le père Kilmister apprécierait "The fifth season" qui avec ses 10 minutes au compteur pose les bases du côté aventureux du groupe.
Partant comme une ballade tout ce qu'il y a de plus classique, le titre se débat de plus en plus avec sa violence au fur et à mesure que les minutes s'égrainent.
Le final est mélodique et acoustique, un peu comme si le groupe, vaincu, finissait de vomir sa haine dans un caniveau crasseux.
Le petit dernier "Hard", en plus de son riff vicieux, déploie de sombres pattes dégueulasses qu'on n'aimerait pas venir voir se poser sur ses épaules.
Le final est inquiétant, inspiré et maîtrisé jusqu'à la dernière note.
Les premiers titres montrent un groupe qui taille dans le gras, les derniers montrent des gars qui n'ont pas peur de s'aventurer dans des contrées nouvelles.
Et c'est le deuxième défaut du groupe, bien qu'il envoie une patate vraiment très, très goûteuse je regrette parfois que le groupe ne continue pas à chercher là où on l'attend pas.
Mais ne vous y trompez pas, il reste un album qui s'écoute très facilement et s'apprécie très vite. Cela confirme aussi que PRIME SINISTER est un groupe qui en veut et qui pourrait vraiment faire très, très mal avec sa prochaine livraison.


Rédigé par : pamalach | 13.5/20 | Nb de lectures : 12096




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