PERIHELION - Zeng (Apathia) - 15/10/2015 @ 08h32
J’aime bien la Hongrie. Pas seulement parce que j’ai des origines hongroises (vachement lointaines quand même…), mais parce que ce pays recense pour moi des formations de référence dans le petit univers du Metal avant-gardiste, GIRE et THY CATAFALQUE en particulier, devenus en l’espace de peu de temps deux de mes formations de chevet. Les challengers sont plutôt les projets connexes au son si particulier de Tamás Kátai, ceux de son ami (et chanteur clair sur les deux derniers THY CATAFALQUE) Attila Bakos (TARANIS, WOODLAND CHOIR), mais à part l’étonnant VIRRASZTÓK, il faut vraiment creuser. Mais voilà un nouveau nom qui pourrait bien faire parler de lui, celui de PERIHELION. Le groupe est formé à Debrecen en 2001, par deux membres de DESCEND, groupe où évoluait également… Attila Bakos. Tout d’abord, la formation se nommait NEOCHROME et proposait du Death/Black assez obscur, des claviers se feront remarquer pour leur second album Downfall/Collapse (2007), montrant un groupe qui évolue petit à petit. Mais le virage se fera pour leur troisième album sorti en 2012, sous le second nom NEOKHROME (comme NOCTURNAL MORTUM était devenu NOKTURNAL MORTUM), un disque du nom de… Perihelion. Le groupe hongrois se muera alors en une formation de Black progressif et avant-gardiste rappelant fortement BORKNAGAR, et un gros potentiel était présent là-dedans, même si on le sentait déjà dès Downfall/Collapse. Sur cette base, le groupe décida donc de changer une nouvelle fois de nom, utilisant tout simplement le sobriquet qui donnait son nom à leur troisième et différent album, PERIHELION.

Perihelion fut d’ailleurs réédité sous le nom PERIHELION, avec en bonus les 3 morceaux de l’EP Nap Fele Néz de 2014. Des nouveaux morceaux qui entérinent encore l’évolution de PERIHELION après NEOCHROME et NEOKHROME. Perihelion proposait des voix Black et claires, également à la manière de BORKNAGAR période Vintersorg, et dès Nap Fele Néz les vocaux Black disparaissent, rendant la musique plus atmosphérique encore. Zeng, 1er véritable album depuis la nomination PERIHELION, deuxième album du « style » PERIHELION/NEOKHROME et 4ème album de la formation originelle NEOCHROME, va donc enfoncer le clou. Les influences semblent toujours clairement se situer du côté de la Norvège, BORKNAGAR, SOLEFALD voire ARCTURUS en tête. Mais si l’ambiance n’est pas aussi féérique que chez THY CATAFALQUE, il y a tout de même un léger feeling « hongrois » quelque peu folk, qui évoque même plus les atmosphères que GIRE avait pu développer sur ses morceaux les plus calmes comme "Nádak, Erek". Atmosphérique, Zeng l’est, Apathia Records parle même de Post-Rock (les trémolos cristallins utilisés sont typiques il est vrai) mais certains moments très feutrés et folk m’évoquent surtout NEGURA BUNGET voire plutôt DORDEDUH, ce qui était palpable dès les morceaux de Nap Fele Néz. Ajoutez à cela un chant clair maîtrisé, chanté en hongrois (au contraire de celui de Perihelion qui était en anglais), qui atteint presque les qualités des vocalistes des influences, Vintersorg, Lazare, Vortex et Attila Bakos. Rien que ça et la Hongrie semble avoir ici un incroyable talent.

"Tündöklés" nous met tout de suite dans l’ambiance, très lumineuse et dépaysante, de Zeng, la mise en place d’une ambiance singulière faisant aussi l’apanage des groupes avant-gardistes hongrois. De subtiles guitares semi-acoustiques laissent ainsi place aux premières vocalises, avant que "Vég Se Hozza El" ne surprenne son monde avec son rythme effréné, mettant directement en avant la vibe BORKNAGAR/SOLEFALD. Le somptueux break nous fait également voyager et PERIHELION montre déjà toute sa palette et ses contrastes, avec un final plus mélodique très entraînant (ponctué par un solo magnifique) et déjà épique. Zeng continue à montrer son potentiel créatif et envoûtant avec le très avant-gardiste "Felemészt A Tér", avec un chant très bluffant mais aussi des incursions plus folkisantes très remarquables. Un aspect folk qui se fera un peu plus prégnant par la suite mais d’abord nous aurons droit à un des morceaux les plus forts de Zeng avec le formidable "Végtelen Kék", dynamique et aéré (les montées de trémolos sont un régal) et particulièrement accrocheur, notamment grâce aux excellentes lignes de chant, qui n’auraient pas dépareillé sur le Rengeteg de THY CATAFALQUE (si Tamás Kátai cherche une alternative à Attila Bakos -absent de son album à venir Sgùrr-, il peut se pencher sur le nom de Vasvári Gyula…). Place maintenant aux atmosphères, avec le morceau le plus aérien de Zeng qu’est "Égrengető", penchant il est vrai vers le Post-Rock, mâtiné d’un subtil jeu de batterie et d’accélérations Metal bien senties, une très belle pièce à n’en pas douter, encore une fois menée par le chant gorgé d’émotions et par quelques passages très lumineux. L’interlude "Űzött" prolonge le plaisir et l’on se croirait donc clairement chez NEGURA BUNGET/DORDEDUH, même si nous sommes un peu plus au Nord géographiquement. On reste un peu dans les nuages avec le très mélodique et raffiné "Hajad Szél", PERIHELION s’est un peu assagi à force de voyager, mais se lâche encore un peu (notamment le chanteur) pour le final "Széthulló Színek" à nouveau très entraînant de par ses rythmes et son ambiance, ainsi que son refrain que l’on a envie de chanter même si c’est du hongrois.

Et c’est tout puisque Zeng ne dure que 34 minutes (!). On est loin de l’inventivité de THY CATAFALQUE même si PERIHELION est un peu plus concis, mais il a tout de même des choses à dire, utilisant à bon escient tout ce qui est à sa disposition (Metal avant-gardiste, instrumentations semi-acoustiques, incursions folk), après un ou deux morceaux de plus n’auraient pas rendu les choses plus lassantes, bien au contraire. PERIHELION livre sa version du Metal avant-gardiste qui pulse juste ce qu’il faut et ne néglige pas les atmosphères, une belle version est-européenne du BORKNAGAR récent, plus aérée et raffinée. Cela manque encore d’un peu de personnalité, mais ça va venir, et Zeng assure surtout l’avancée de l’évolution du groupe après Perihelion. Tant que ça ne finit pas en 100% « Post-Rock » comme CODE récemment, PERIHELION sera amené à faire de grandes choses, et Zeng montre tout le potentiel de ce combo hongrois qui mérite un regard sur ses capacités présentes au sein de cet album réussi, et pas seulement par les fans de THY CATAFALQUE, loin de là. Un très bel album servi par du talent à revendre (notamment le chant), un « petit » album entraînant, envoûtant et dépaysant par moments, une plus que sympathique réussite de Metal avant-gardiste mêlant atmosphères, folk et accroches assez touchantes, au sein de morceaux imparables en leur genre. Imádom !




Rédigé par : ZeSnake | 15.5/20 | Nb de lectures : 7772




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Commentaire
Tartampion
IP:41.130.175.11
Invité
Posté le: 15/10/2015 à 14h20 - (118305)
Après plusieurs écoutes, je commence à être conquis.

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