PAT O'MAY - Celtic Wings (Autoproduction) - 26/03/2013 @ 08h00
Bien connu pour mes tendances exagérées à digresser, j’espère aujourd’hui ne pas déroger à la règle, ne serait-ce que pour rendre hommage à celui qui dans ma prima iuventa berça mes longues nuits de ses riffs acérés métalliques jusqu’à très tard le soir. J’ai nommé Francis Zegut…… TinTammmmm… (dont l’éthymologie proviendrait selon mes sources de l’exclamation pseudo-teutonique : « Ach, zerh gut ! »). Dans son émission quotidienne « Wango Tango », il était ce gars brillant du métal qui venait illuminer mes nuits tourmentées et qui précédaient mes DS de math. Il était un peu ma pilule du lendemain à prendre la veille, sauf que lorsque je la prenais à minuit, il était déjà trop tard. Mais que vaut un devoir de mathématiques face au dernier « Wild Frontier » de Gary Moore ? Ça vaut rien, que dalle ! C’est en tout cas ce que je me disais, à chaque fois, la veille au soir.

Pour Pat O’May, c’était l’époque de Road 66, pour moi l’envie d’étendre mes ailes celtiques et de m’envoler loin des formules euclidiennes, celles qui furent ma croix, mon « Emerald Bar, …Spread your celtic wings and fly away, far away… ». Mais je m’égare une fois de plus. OK, je me lance ! Mais avant toute chose, permettez-moi quand même de vous remettre brièvement en mémoire la véritable histoire du rock celtique… Hum! Allez, hop ! « Here I Go Again » !

Il était une fois, nanana, nanana… Sérieusement (ou presque) ! Après la chute de Rome (voilà, j’entends déjà des soupirs … ! Ne vous plaignez pas, j’aurais pu commencer par les dinosaures), les Saxes investirent les îles britanniques tandis que les Francs, apparemment plus prompts à passer les Ardennes (ce qui deviendra par la suite une fâcheuse habitude), s’emparèrent de la Gaule. Tandis que les Gaëls et les Scots d’Irlande, protégés par une insularité presque insolente, se la coulaient douce, les Bretons, vexés du son écrasant des cornemuses sur leur biniou, rejoignaient leur cousin d’Armorique. C’est dans ce contexte, à quelques approximations historiques près, qu’Arturus de Pendragon se retrouva seul à combattre les Angles et les Saxes. Il réussit toutefois, grâce à son légendaire courage et ses chevaliers à sauvegarder une partie des terres celtes au–delà du mur d’Antonin, dans l’actuel Pays de Galles ainsi qu’aux Cornouailles. La bataille fut telle, et les barbares si féroces, qu’aujourd’hui encore on se méfie de l’Angle mort. Sa victoire ne fut pas totale, certes, mais de nos jours qui blâmerait Sir Arthur d’avoir « lancé l’eau » du baby pur malte.

Ainsi, si la musique celte réunit encore les foules par-delà la mer d’Irlande et l’Atlantique, qu’elle résonne encore dans nos cœurs et qu’elle réussit à mettre au diapason les sensibilités des quatre coins du monde, c’est bien grâce à la pomme de terre, l’esprit entêté des Bretons (grand-père si de là-haut tu fais des bonds, c’est pour rire) et Arthur… Personnellement, je rajouterai Lancelot qui en piquant Guenièvre à son roi, n’a fait qu’accroître la folie guerrière du porteur d’Excalibur.

Ah, la musique celtique… Elle perdure encore à travers les chants traditionnels et les compositions de certains artistes bretons comme Alan Stivell, Tri Yann et même, n’en déplaise à certains, Nolwenn. Arg ! « J’entends le loup, le renard et la… » Vzz, Spotch ! (bruit de hache à double tranchant s’abattant violemment sur le sommet d’un crâne mou). Allez, dites-moi que vous n’avez pas une sœur, une mère, une femme, une tante mal rasée qui écoute Nolwenn en ce moment ! Ah, vous voyez ! Alors mettez-les au défi : « Si tu aimes la musique celtique, alors tu aimeras Pat O’May.
- Mais, s’interrogeront-elles … ?
- Non, non, pas « mais », mais Pat O’May », ce sympathique Pat O’May, haut perché sur ses talents d’écriture et dont le nom n’est pas sans évoquer les embruns iodés de « La chaussée des géants ». Il apporte aujourd’hui à la musique celtique « Made in France » une telle bouffée d’oxygène qu’il serait vraiment dommage de passer à côté de son dernier album, voire de l’écouter à dose HoMayO’Pathic.

Ah, la musique celtique… Comment ne pas retrouver son emprunte dans la Country, le Rock, le Heavy metal ? Sans elle, quid de l’existence de Thin Lizzy, Gary Moore, U2, Simple Minds, Marillion ? Prenez par exemple – « Alan the brave », medley instrumental des titres d’Alan Stivell – la réitération des chorus harmonisés, propre à la musique celtique, ne vous rappelle-t-elle pas certains morceaux de Maiden… ? Les reprises de « Over the Hills and Far away » de Gary Moore, et « Whisky in the jar » version Thin Lizzy, ne se glissent-elles pas dans le métal comme les cuisses tièdes d’une jeune mariée dans des bas satinéXs… ? Cet album est un donc en premier lieu un hommage au lie de whisky d’une Adelscott® bien fraîche , aux tanins des vieux tonneaux de scotch millésimés et aux défunts du rock déjà légendaires dont les voix se font l’écho puissant du ressac sur nos âmes mortelles.

Mais l’intérêt de ce nouveau CD d’O’May ne réside pas tant dans le choix des reprises que dans ses nouvelles compositions.

Et oui ! Excepté Pat, qui dans l’histoire du rock a eu l’ingénieuse idée de faire appel à Moya Brennan du groupe Clannad pour un duo… ? Bono de U2 ! (comme quoi les grands esprits convergent toujours, surtout lorsqu’ils ont des origines communes, ça peut aider !). Alors, quand bien même vous me répondriez qu’« Homeland » n’a pas l’étoffe d’un « Once in a life time », il reste, néanmoins, un morceau ambitieux et généreux dont la mélodie restera encore longtemps gravée dans notre mémoire. Ah… ! L’album « Sirius » de Clannad que j’ai tant chéri. Je l’écoutais en même temps que « Wild frontier » de Gary. Moya chantait à l’époque : « It’s like a stepping stone, you know is up to you”. Ce lyrics de Clannad te va si bien mon cher Pat. Gageons que ce tremplin musical que tu as su prendre avec courage te fera voler comme la mouette qui se laisse porter par le vent.

Ah, la musique celtique… C’est comme une invitation au voyage, à la rêverie, à la mélancolie. Elle apporte au rock suffisamment de romantisme pour que fusionnent, à l’image des peintures de William Turner, couleurs, reliefs et sentiments. Savamment dosée de bons riffs saturés, elle prend parfois le reflet d’une âme dévastée par les vents, à l’image des somptueuses « Black Mountains » dont les sommets arides peinent à fleurir de ses plus belles couleurs. Certaines de tes mélodies, mon cher Pat, me font penser à la bande originale de « Braveheart ». Le cœur vaillant, tu pars à la conquête du meilleur du rock, assurément.

Malheureusement, par deux fois tu t’égares, certainement par ce désir intrépide de cristalliser au plus vite tes nouvelles mélodies. « Far from her land » nous livre ainsi un refrain sans réel intérêt, tandis que « Tell me why », dont le chant est très proche du « Holy War » de Thin lizzy reste inabouti. Dommage, car ce onzième titre ne manque pas d’audace et de tripe à la John Sykes. Peut-être fut-il d’un niveau trop élevé dans sa réalisation et retranscription en studio. En tout cas, Pat, tu ne lâches rien car, tu le sais, la bravoure ne se préoccupe pas des difficultés. D’ailleurs, regarde Pat ! Le cinquième titre « It doesn’t matter » sur lequel Alan Stivell prête sa voix, n’est-il pas du même acabit que « Military man » de Lynott et Moore ? Vois-tu, Pat, ta vaillance porte ses fruits et c’est tout à ton honneur.

Et puis, regarde encore Pat, regarde un peu (toute allusion à Patrick Bruel est purement fortuite et mériterait la peine capitale) ! « Blowing in Ireland”, est d’une telle beauté qu’elle nous transporte au gré du vent, par-delà les collines verdoyantes et le parfum des landes. On ouvre alors les yeux sur des reliefs vallonnés, au contraste verdoyant improbable que seule la lumière du soleil tamisée par les nuages d’une pluie d’été peut reproduire. On se remémore cette douce ale partagée avec nos meilleurs amis. A la vie, à la mort ! Ces moments de grâce, tu les figes comme autant de monolithes dont la stature imposante domine les falaises, la mer, le monde… le temps. Plus rien d’autre ne compte désormais…

O’May Pat, j’aimerais être ton pote, un peu comme Patrick et Bob l’éponge…
Bob : Qu'est-ce que t'as envie de faire?
Patrick : Je sais pas et toi, qu'est-ce que t'as envie de faire?
Bob: Je sais pas et toi, qu'est-ce que t'as envie de faire?
Patrick : Je sais pas et toi, qu'est-ce que t'as envie de faire?
Patrick et Bob : Et si on écoutait le dernier Pat O’May ?
A Flo

*NB : Je devais à l’origine être plus sévère dans la note donnée. Toutefois ayant un peu tardé pour écrire cette chronique, il s’est avéré que « Celtic wings » ne s’apprécie vraiment qu’après plusieurs écoutes. Ceci est donc, à n’en pas douter, un gage de qualité.


Rédigé par : The Walking Bed | 16/20 | Nb de lectures : 11994




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