OTARGOS - Xeno Kaos (Kaotoxin) - 23/11/2015 @ 07h23
Si « Apex Terror » avait vu OTARGOS démarrer un nouveau chapitre de son existence (aussi bien musical que conceptuel) cette nouvelle orientation avait troublé voire dérouté les fans de la première heure, en effet après avoir délaissé le black des débuts le quartet évoluait vers quelquechose de plus futuriste et moderne, ce qui est encore le cas sur cette nouvelle galette. En effet Dagoth et ses sbires se sont inspirés cette fois-ci de la thématique de la cosmologie et de l’univers de Warhammer 40 K ce qui donne à cet opus un côté science-fiction et robotique grâce notamment à l’utilisation de samples à l’ambiance très synthétique.

Comme d’habitude il y’a eu du grand remue-ménage en interne, tout d’abord avec la signature chez les nordistes de Kaotoxin, et encore une fois le line-up a été chamboulé puisqu’on compte l’arrivée à la seconde guitare de Hindrik A.S. (membre également de NIGHTCREEPERS) et à la batterie de John A. (présent aussi dans DEMENTED, à l’instar de Manu Pliszke le bassiste). Ce dernier s’est d’ailleurs chargé de tout l’artwork qui reflète assez bien la vision spatiale de ce sixième album qui s’est aussi paré d’une production très sèche et naturelle au rendu assez convaincant. Ce qu’il est intéressant de noter c’est que le combo tout en poussant plus loin sa nouvelle identité n’a pas omis d’intégrer des passages de son ancienne vie qui n’auraient pas fait tâche sur « Ten-Eyes Nemesis » et « Kinetic Zero », tout en allant à l’essentiel et sans fioritures car la majorité de ces nouvelles compos oscillent aux alentours des 3-4 minutes maxi (sauf pour la dernière mais on va y revenir).

D’entrée le quartet nous balance le très épique et moderne « Dominatrix » qui après son introduction puissante nous envoie un déluge de blasts en alternance avec des parties rapides avant de s’alourdir sur la fin par un mur de double écrasant qui clôt les débats avec réussite, celui-ci étant parfait pour démarrer. Dans cette même veine actuelle on trouve « Realm of the Dead » (dont l’intro devait initialement figurer sur une compo du précédent album et qui n’avait pas été retenue) très lourd et au mid-tempo majoritaire, car là nulle trace de blast mais par contre un côté brise-nuques massif (tout juste stoppé par un break central où se conjugue un riff principal répété en boucle couplé à des bruits électroniques), et qui revient pour terminer le morceau comme il a commencé. Au milieu de tout cela il y'a le glacial et réussi « The Ruinous Powers » tout en alternance de rythme et de puissance, le direct et brutal morceau-titre qui va droit au but en détruisant tout sur son passage par sa rage destructrice et qui sera un carton sur scène à n’en pas douter, puis dans le même esprit il y a « Human Terminate » qui parle comme son titre l’indique de la fin de l’espèce humaine qui est tout en vitesse et en violence durant près de trois minutes, pour un résultat implacable et là aussi taillé pour les concerts, à l’instar de « Phase Shifters » dont le tempo de sénateur explose sur la fin et casse le train-train instauré pendant la majorité du temps de ce dernier.

Entre ces nouvelles compos inspirées il faut quand même souligner quelques petites fautes de goût principalement sur « Dark Mechanicus » dont le rythme volontairement au ralenti manque de moments forts, la faute notamment à une durée globale un peu excessive qui fait retomber un peu l’intérêt, mais heureusement celui-ci remonte avec « Chariots ov the Godz » où l’on retrouve l’ambiance des premiers albums du groupe grâce à un riffing plus classique et à l’ancienne. En plus en guise de surprise le quartet a ressorti une vieillerie exhumée de l’EP « Codex 666 – Infernal Legions Strike » sorti en 2004, mais réécrite pour l’occasion par leur ancien bassiste XXX afin d’en faire une version plus en phase avec la vision actuelle de son ancien frère d’arme, ce lifting ne lui fait en plus pas de mal et celle-ci se retrouve ainsi renommée « Infernal Legions Strike A.E. » et garde sa puissance originelle et est donc parfaite pour clôturer les hostilités, du moins le croit-on car après un blanc de presque deux minutes voilà que la musique réapparaît à la fois très lente et massive pour faire office d’outro.

Avec en prime le père Dagoth qui a fait un super boulot au niveau des paroles en s’appropriant totalement l’univers et idées de départ de cet opus (et même si l’ensemble est légèrement moins accrocheur que « Apex Terror ») ces quarante-six minutes confirment qu’OTARGOS (et surtout son leader) poursuit son petit bonhomme de chemin sans se soucier des critiques car même s’il a définitivement tourné le dos à sa musicalité de départ (mais sans la renier complètement) ça n’en reste pas moins intéressant et surtout réussi, ce qui n’était pas gagné tant l’idéologie et le concept de ce projet pouvait se révéler casse-gueule.




Rédigé par : GabinEastwood | 15/20 | Nb de lectures : 8894




Auteur
Commentaire
ManOfShadows
Membre enregistré
Posté le: 23/11/2015 à 21h13 - (118776)
Leur meilleur album selon moi. Osé, ambitieux, travaillé (les enchainements de riffs, les mélodies, l'ambiance générale...). Peut-être un peu trop court. Et la performance vocale de Dagoth est nickel est géante.



Jean-Pierre Papin
IP:80.12.63.18
Invité
Posté le: 29/11/2015 à 18h25 - (118822)
Complètement, c'est le meilleur chant qu'il y ait eu sur un album d'Otargos, et je dirais pareil de la batterie.
Ok avec la chro sur "Dark Mechanicus", 6.30 avec 2 riffs et une guitare en corde à vide tout le morceau ça fait long.

Un album avec pas mal de bonnes choses mais qui tourne un peu en rond sur la longueur, mélodiquement parlant.

Hâte de voir comment évoluera le prochain en tous cas.

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